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Biosurveillance

Publié le 31/03/2011 - Dernière mise à jour le 31/03/2011

Contexte et enjeux de la biosurveillance : le rôle de l'InVS 

La biosurveillance est une forme de surveillance utile aux décideurs dans le domaine de la santé environnementale. Elle permet une meilleure quantification de l'exposition de la population à des substances chimiques présentes ou émergentes dans l'environnement. Elle apporte des indicateurs utiles pour la définition et la compréhension de l’impact des actions visant à réduire les expositions à certaines substances chimiques (ex. REACH).

L’Institut de veille sanitaire a quatre missions principales :

  1. la surveillance et l'observation permanentes de l'état de santé de la population ;
  2. la veille et la vigilance sanitaires ;
  3. l'alerte sanitaire ;
  4. une contribution à la gestion des situations de crise sanitaire.

La biosurveillance contribue à ces quatre missions, et plus particulièrement à la première et à la quatrième.

Au cours des quinze dernières années, c’est le plus souvent dans un objectif de contribution à la gestion de situations de crise sanitaire que des études de biosurveillance ont été mises en œuvre par l’InVS : la mesure comparative des niveaux de certains biomarqueurs dans des populations exposées à une pollution environnementale et non exposées a permis de répondre aux questions posées portant sur l’impact réel d’une pollution, de mieux définir les populations à risque, de mesurer les progrès réalisés dans le contrôle de la situation. De telles études ont été ainsi réalisées localement autour de sites pollués (exemple : arsenic à Salsigne), à l’échelle d’une région (mercure en Guyane) ou de manière multicentrique (dioxines et incinérateurs ; PCB et consommation de poissons de rivière).

La mesure périodique des niveaux d’imprégnation de la population générale par les polluants est importante pour l’InVS : il s’agit de répondre à la mission de surveillance et d’observation de l’état de santé de la population. Cette mesure périodique aide à évaluer les politiques publiques de réduction des expositions (comme dans le cas du plomb par exemple), et le cas échéant d’alerter sur les substances pour lesquelles on constaterait des niveaux de plus en plus élevés dans la population.

De telles enquêtes périodiques sur des échantillons représentatifs sont lourdes, coûteuses et techniquement difficiles. Des études de ce type ont été réalisées par l’InVS sur des échantillons de taille limitée, ou bien ciblées sur un ou quelques biomarqueurs (enquête de prévalence de la plombémie chez l’enfant 2008-2009). Une seule étude a jusqu’ici dosé de nombreuses substances sur un échantillon représentatif de la population française (étude nationale nutrition santé) ; des biomarqueurs d'exposition aux métaux, pesticides et PCB y ont été mesurés. L’enjeu actuel et des prochaines années, dans le cadre des engagements du Grenelle de l’environnement, est de mettre en place un véritable dispositif d’enquêtes périodiques de biosurveillance sur de grands échantillons représentatifs de la population française avec mesure de nombreux biomarqueurs (étude nationale biosurveillance santé nutrition, Elfe). La constitution à cette occasion de biothèques d’échantillons biologiques contribuera aussi à la mission de veille et de vigilance de l’InVS en permettant de conserver la possibilité de rechercher, dans la période séparant deux enquêtes, des substances ignorées aujourd’hui, ou que nous ne savons pas encore doser.

Ces enjeux ne sont pas spécifiques à la France. L’InVS contribue très activement aux efforts d'harmonisation des approches au niveau international, en particulier dans les projets européens  COPHES et DEMOCOPHES.

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