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Catastrophes naturelles et industrielles

Publié le 20/06/2011 - Dernière mise à jour le 13/09/2011

Points sur les connaissances

Les impacts sanitaires des catastrophes, qu’elles soient d’origine naturelle ou anthropique, sont multiples et peuvent perdurer plusieurs années après l’événement.

Globalement, on peut distinguer les impacts sur la santé physique et la santé mentale. Ils sont liés directement à la catastrophe elle-même ou, indirectement, à ses conséquences sur l’environnement, l’organisation de la société, etc.

Impacts à court terme

Les effets sur la santé physique peuvent être dus directement à la dispersion des agents dangereux pour la santé humaine (substances toxiques, radionucléides) ou à l’action physique de l’événement (onde de pression, chaleur, etc.).

  • En 1976, la fuite d’un réservoir de dioxine à Seveso, en Italie, a provoqué de nombreux cas de lésions cutanées (chloracnée) parmi les riverains de l’usine.
  • L’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001 a causé la mort de 30 personnes et plusieurs milliers de blessés avec une forte proportion de lésions auditives liées à l’onde de choc (blast) provoquée par cette explosion.
  • La tempête Xynthia, survenue en février 2010, a entrainé la mort de 29 personnes en Vendée et 12 personnes en Charentes-Maritimes.

Mais l’impact sanitaire des catastrophes peut aussi être dû en grande partie aux conséquences matérielles, aux détériorations des conditions de vie et aux mesures compensatoires que les populations exposées sont obligées d’adopter.

On peut ainsi citer :

  • l’observation d’une augmentation brutale des hypothermies observées suite aux inondations du Var ;
  • un pic important d’intoxications au monoxyde de carbone après le passage de la tempête Klaus du fait de l’utilisation inappropriée de groupes électrogènes et de chauffages d’appoint ou de fortune (brasero, cuisinière, etc.) (voir le dossier thématique : Intoxications au monoxyde de carbone) ;
  • une augmentation de certains traumatismes liés aux opérations de déblaiement (par exemple, une augmentation importante des accidents de tronçonneuses a été observée dans les Landes après le passage de la tempête Klaus) ;
  • le risque de maladies infectieuses ou à transmission vectorielle, qui est favorisé du fait par exemple de la contamination microbiologique des captages d’eau potable par les eaux d’inondations.

De plus, le vécu d’un événement catastrophique peut provoquer un traumatisme psychologique et avoir un impact à court terme sur la santé mentale des témoins de l’événement (état de stress aigu, anxiété, insomnie et autres troubles du sommeil et de l’humeur, etc.) comme en témoignent :

  • l’augmentation de consommation de médicaments psychotropes (anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs) dans la population proche de l’explosion d’AZF (dossier AZF) ou dans les suites des inondations du Gard ;
  • le recours à quelque 500 consultations des Cellules d’urgence médico-psychologiques (CUMP) dans les suites immédiates de la tempête Xynthia.

Enfin, la perturbation due à la catastrophe et à ses conséquences peut entrainer des diminutions de prestation de services de santé ainsi qu’un accès insuffisant à ces derniers.

Impacts à moyen et long termes

Au-delà des impacts sanitaires immédiats, les catastrophes ont des impacts sanitaires sur le moyen et long termes :

  • ceux-ci peuvent résulter de l’exposition des victimes à des agents dangereux pour la santé humaine, de nature chimique ou radiologique, survenue immédiatement lors de la catastrophe ou de façon chronique par la contamination durable de l’environnement (eau, aliments, sol). Cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, l’incidence des cancers de la thyroïde chez les enfants de moins de 15 ans a nettement augmenté en Biélorussie du fait de l’exposition aux iodes radioactifs dans les deux mois qui ont suivi l’accident ;
  • un tel impact différé peut être lié au traumatisme psychologique résultant non seulement de la violence de l’exposition aiguë à l’événement mais aussi des pertes matérielles, économiques, affectives, ainsi que de la détérioration du tissu social et de la difficulté du territoire touché à retrouver une dynamique de développement satisfaisante. Ces perturbations peuvent entraîner une détresse psychologique persistante ainsi qu’une détérioration globale de la qualité de vie. Ces perturbations peuvent apparaître sur les indicateurs généraux de santé, elles peuvent aussi apparaître sur les  indicateurs d’actes de délinquance ou de toxicomanie. Douze à 18 mois après la catastrophe d'AZF, des symptômes de stress post-traumatique (SPT) étaient présents chez 12 à 19 % des personnes exposées à cet accident industriel (dossier AZF).

En savoir plus : 

  • Verger P, Aulagnier M, Schwoebel V, Lang T. 2005 Démarches épidémiologiques après une catastrophe. Dans réponses environnement. Documentation Française : 265 p. 
  • Zablotska LB, Ron E, Rozhko AV, Hatch M, Polyanskaya ON, Brenner AV, Lubin J, Romanov GN, McConnell RJ, O'Kane P, Evseenko VV, Drozdovitch VV, Luckyanov N, Minenko VF, Bouville A, Masyakin VB. Thyroid cancer risk in Belarus among children and adolescents exposed to radioiodine after the Chornobyl accident. Br J Cancer 2011 Jan 4;104(1):181-7. Epub 2010 Nov 23.
  • Tronko MD, Howe GR, Bogdanova TI, Bouville AC, Epstein OV, Brill AB, Likhtarev IA, Fink DJ, Markov VV, Greenebaum E, Olijnyk VA, Masnyk IJ, Shpak VM, McConnell RJ, Tereshchenko VP, Robbins J, Zvinchuk OV, Zablotska LB, Hatch M, Luckyanov NK,Ron E, Thomas TL, Voillequé PG, Beebe GW. A cohort study of thyroid cancer and other thyroid diseases after the chornobyl accident: thyroid cancer in Ukraine detected during first screening. J Natl Cancer Inst 2006 Jul 5;98(13):897-903.
  • Katherine Yun MDNL. Moving Mental Health into the Disaster-Preparedness Spotlight. The New England Journal of Medicine. 2010 Sep 23.

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