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Population locale

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L’impact de l’explosion du 21 septembre 2001 à l’usine AZF de Toulouse, implantée au sud de la ville à proximité de nombreux quartiers d’habitation, d’hôpitaux, d’écoles, d’un campus universitaire, a été majeur pour les habitants de Toulouse. La population habitant dans la zone proche de l’explosion telle que définie dans les enquêtes était de 87 070 personnes selon les données du recensement de 1999.

Une enquête transversale a été menée 18 mois après l’explosion auprès d’un échantillon représentatif d’adultes résidant à Toulouse, dans la zone proche et dans le reste de la ville (voir approche et méthodologie).

L’enquête a mis en évidence l’ampleur des conséquences physiques et des conséquences sur la santé mentale et leur persistance après plusieurs mois.

La quasi-totalité des résidents de la zone proche et près de la moitié de ceux de la zone éloignée de l’explosion ont déclaré avoir eu des dégâts à leur domicile. Les blessures ont concerné prés de 25 % des personnes se trouvant à moins de 1,7 km de l’explosion. Les principales séquelles physiques déclarées concernaient des problèmes auditifs : 6 % des habitants de la zone proche ont consulté un médecin ORL et 17 % d’entre eux ont déclaré qu’un membre de leur famille avait souffert de troubles auditifs. Ces résultats sont cohérents avec ce qui a été observé par les systèmes d’information et lors de l’enquête réalisée chez les travailleurs EDF.

La prévalence des troubles en santé mentale était élevée, notamment en zone proche avec 19 % des femmes et 8 % des hommes rapportant une symptomatologie d’état de stress post-traumatique (SPT) et des scores élevés de symptômes de dépressivité. Près de 20 % des habitants de la zone proche ont déclaré avoir pris un médicament psychotrope suite à l’explosion ; ils étaient 6 % à déclarer un tel recours dans le reste de la ville.

En zone proche, ces symptomatologies étaient d’autant plus fréquentes que les personnes avaient été davantage exposées à l’explosion de manière immédiate (proximité, blessures physiques personnelles ou de l’entourage) ou différée (ex : difficultés financières) et qu’elles étaient plus âgées, de sexe féminin et présentaient des antécédents psychiatriques et des caractéristiques socio-économiques plus défavorables.

Ces résultats soulignent l’impact durable d’une telle catastrophe industrielle sur la santé mentale des habitants, et témoignent de la nécessité d’adapter et d’améliorer les dispositifs de prises en charge (dépistage auditif, soutien psychologique), en particulier pour les populations les plus défavorisées.

  • En savoir plus :

Lang T, Schwoebel V, Diene E, Bauvin E, Garrigue E, Lapierre Duval K et al. Assessing post-disaster consequences for health at the population level: experience from the AZF factory explosion in Toulouse. J Epidemiol Community Health. 2007;61(2):103-7.

Rivière S, Schwoebel V, Lapierre-Duval K, Guinard A, Gardette V, and Lang T for the Scientific and Operational Committees: Predictors of symptoms of post-traumatic stress disorder after the AZF chemical factory explosion on September 21, 2001, in Toulouse, France. J Epidemiol Community Health 2008;62:455-60.

Rivière S, Albessard A, Gardette V, Lapierre-Duval K, Schwoebel V, Lang T  for the AZF Epidemiological Follow-up Committee. Psychosocial risk factors for depressive symptoms after the AZF chemical factory explosion in Toulouse,  France. Eur J Public Health. 2010 Jun 22.

Riviere S, Lapierre Duval K, Albessard A, Gardette V, Guinard A, Schwoebel V. Conséquences sanitaires de l'explosion survenue à l'usine "AZF", le 21 septembre 2001. Rapport final sur les conséquences sanitaires dans la population toulousaine. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2006. 105 p.