Fermer



Vue par défaut de l'objet. Cliquez pour créer un template personnalisé, ID du Nœud : 17198, ID de l'objet : 17144

Travailleurs

Travailleurs

Travailleurs

L’usine AZF était située au cœur d’un complexe chimique comprenant cinq autres usines chimiques et collaborait avec plusieurs entreprises sous-traitantes. L’explosion a entraîné la mort de 21 travailleurs sur le site de l’usine. Compte tenu des conséquences sur la population des travailleurs, une enquête transversale par auto-questionnaire postal a été réalisée en 2002 auprès de 50 000 travailleurs et sauveteurs de l’agglomération toulousaine. Cette enquête avait pour objectif d’évaluer les conséquences sanitaires de l’explosion sur la santé des travailleurs un an après la catastrophe (voir approche et méthodologie).

L’incidence des blessures physiques était de 14 % chez les travailleurs hommes et femmes présents dans la zone proche. Cette incidence diminuait au fur et à mesure que l’on s’éloignait de l’épicentre de l’explosion. Le même phénomène est retrouvé avec les troubles auditifs : chez les hommes la fréquence de douleurs et de sifflement dans les oreilles survenus après l’explosion est de 57 % pour les personnes situées à moins de 1,7 km de l’usine et 13 % pour celles qui étaient au-delà de 5 km ; chez les femmes on retrouve respectivement 56 % et 12 %.

Concernant l’impact professionnel, 20 % des travailleurs déclaraient un lieu de travail inutilisable et 7 % un arrêt de travail en lien avec l’explosion. La prévalence de symptômes de stress post-traumatique était plus élevée chez les travailleurs de la zone proche (12 % chez les hommes et 18 % chez les femmes) que chez ceux de la zone éloignée (5 % et 9 %). En zone proche, Il existait un gradient de prévalence de symptômes de stress post-traumatique chez les salariés ; les prévalences augmentent de la catégorie cadre à celle des ouvriers. Les prévalences de symptômes de stress post-traumatique étaient d’autant plus importantes que les travailleurs étaient plus âgés et plus exposés à la catastrophe industrielle.

L’impact en santé mentale était moindre parmi les sauveteurs, les prévalences de symptômes de stress post-traumatique étant de l’ordre de 5 % chez les hommes et 2 % chez les femmes. Les symptômes de stress post-traumatiques n’étaient pas associés à l’âge ou à la catégorie sociale. Les fréquences de symptômes de stress post-traumatique sont plus élevées chez les hommes policiers qui ont participé au transport des blessés et qui ont apporté une assistance médico-sociale aux victimes que chez ceux qui ont déclaré ne pas avoir participé à ce type d’activité.

  • En savoir plus :

Agrinier N, Albessard A, Schwoebel V, Diene E, Lang T. Direct assistance to victims in rescue operations as a risk factor for post traumatic stress disorder in police officers. The experience of the Toulouse disaster in 2001. J Emerg Manage.2009;7(3):59-67.

Diene E, Agrinier N, Santin G, Cohidon C, Schwoebel V. Conséquences sanitaires de l'explosion survenue à l'usine "AZF" le 21 septembre 2001. Rapport final sur les conséquences à un an dans la population des travailleurs et des sauveteurs de l'agglomération toulousaine. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2007. 76 p.