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Le programme eau et santé

Publié le 30/12/2008

Etude arsenic

  • Contexte international et français
  • Effets de l'arsenic sur la santé
  • Travaux de l'Institut de veille sanitaire

Contexte international et français

La présence d’arsenic dans les ressources en eau dépend du contexte géologique et de nombreuses régions du globe sont concernées (Bangladesh, Tawain, Argentine, Chili, Chine…). La population du Bangladesh, alimentée en eau provenant de nappes phréatiques peu profondes (à quelques mètres de la surface du sol), présente les niveaux d’exposition actuels parmi les plus élevés (50 millions d’individus exposés à des teneurs hydriques allant jusqu’à 4 700 µg/L). L’arsenic présent dans l’eau des nappes provient sans doute des alluvions trouvant leur origine dans les sources himalayennes. L’arsenic est un des composants chimiques naturellement présent dans les sols et peut également provenir d’activités industrielles. Il est principalement retrouvé dans les zones de grandes fractures qui ont mis à nu le socle cristallin, une composante de l’écorce terrestre particulièrement riche en arsenic. Ainsi, en France, plusieurs régions sont concernées par la présence d’arsenic dans le sous-sol (le Massif Central, les Vosges, les Alpes…) (1). Les eaux souterraines peuvent présenter, par voie de transfert entre la roche et la nappe d’eau souterraine, des teneurs en arsenic significatives, retrouvées dans les eaux consommées lorsque ces ressources en eau sont exploitées pour l’alimentation en eau potable et en l’absence de traitement efficace.

La concentration maximale admissible de l’arsenic dans les eaux destinées à la consommation humaine a été fixée à 10 µg/L depuis 2003 (note).

En France, environ 960 000 sujets étaient encore exposés en 2003 à une eau de consommation ayant présenté au moins une concentration en arsenic supérieure à 10 µg/L lors de prélèvements effectués en production ou en distribution (2).

Effets de l’arsenic sur la santé

L’arsenic est largement répandu dans la nature principalement sous forme inorganique (toxique) dans l’eau et sous forme organique (peu toxique) dans certains aliments, comme les fruits de mer. La forme inorganique de l’arsenic est classée toxique cancérigène certain pour l’homme depuis 1980 par le Centre international de recherche sur le cancer.
Les connaissances réunies à ce jour sont en faveur d’un lien entre exposition chronique à l’arsenic contenu dans l’eau de boisson et survenue de cancers, de maladies cardio-vasculaires et de diabète. L’arsenic hydrique est impliqué dans le développement de cancers de la vessie, du rein et du poumon, en plus de cancers cutanés. La relation a été démontrée de façon constante dans des régions où les niveaux d’exposition à l’arsenic hydrique sont très élevés, de l’ordre de plusieurs centaines de microgrammes par litre d’eau comme à Taïwan, au Chili ou en Argentine. Récemment, deux études ont mis en évidence une augmentation du risque pour ces cancers ainsi qu’une relation exposition-risque significative pour des niveaux d’exposition inférieurs à 50 µg/L.

Le rôle de l’arsenic hydrique dans le développement d’atteintes vasculaires périphériques (inflammation sévère des artères appelée maladie du « pied noir ») est bien connu. Les études épidémiologiques réalisées dans des populations fortement exposées tendent à montrer le rôle de l’arsenic hydrique dans le développement d’autres maladies cardio-vasculaires (hypertension artérielle, cardiopathies ischémiques, atteintes vasculaires cérébrales) et le diabète. Tous ces résultats doivent néanmoins être confirmés pour de faibles niveaux d’exposition.

Travaux de l'Institut de veille sanitaire (InVS)

Pour rechercher une association entre la survenue de cancers et une exposition chronique à l'arsenic contenu dans l’eau de boisson, l’InVS a mis en place une étude épidémiologique cherchant à relier les variations géographiques du niveau d’exposition à l’arsenic hydrique et celles des indicateurs de santé dans trois départements de l’Auvergne (Allier, Cantal, Puy-de-Dôme). L’approche ne se fait pas au niveau de l’individu, mais à l’échelle des populations communales : on parle d’étude écologique géographique. On étudie donc la relation potentielle entre l’incidence des cancers par commune et la teneur en arsenic de l’eau distribuée dans la commune. Cette étude nécessite de rassembler des données sanitaires, environnementales, démographiques, socio-économiques en vue de leur traitement et de leur analyse. Pour les indicateurs de santé, les données ont été recueillies au niveau des hôpitaux, des laboratoires d’anatomie pathologique et des caisses d’assurance maladie. Elles concernent les cas de cancers de la peau, du poumon, de la vessie et des reins, apparus entre 1998 et 2005. Le calcul des incidences des cancers par commune est standardisé sur l’âge et le sexe afin de permettre les comparaisons entre communes.

Pour l’exposition, les Agences régionales de santé (ARS) et le ministère chargé de la Santé ont fourni l’ensemble des analyses d’arsenic réalisées au titre du contrôle réglementaire de l’eau potable.

Les résultats seront disponibles courant 2009.

  • En savoir plus :

Santé canada. L'arsenic. Disponible sur : www.hc-sc.gc.ca rubrique Santé de l'environnement et du milieu de travail > Rapports et publications > Qualité de l'eau > L'arsenic.
(1) Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Synthèse des travaux de R&D en France (1999-2004) sur la thématique Arsenic. Rapport final. Novembre 2004. Disponible sur : www2.brgm.fr
(2) Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Évaluation des risques sanitaires liés aux situations de dépassement des limites et références de qualité des eaux destinées à la consommation humaine (rapport). Disponible sur : www.afssa.fr/Documents/EAUX-Ra-LimitesRef.pdf 

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