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Polychlorobiphényles

Publié le 21/08/2009

Points sur les connaissances

Que sont les PCB ?

Par le terme "PCB", on désigne les polychlorobiphényles qui sont des composés chimiques synthétiques également connus, en France, sous le nom de pyralènes. Il existe 209 molécules différentes de PCB appelées congénères.

On distingue deux grandes classes de PCB selon leur mécanisme d’action :

  • les 12 PCB "dioxin-like" ou PCB-DL, fortement chlorés, de structure plane, qui ont le même mécanisme de toxicité que les dioxines et furanes (se lient au même récepteur cellulaire) et qui sont donc généralement dosés en même temps que les 17 dioxines et furanes les plus toxiques ;
  • les autres PCB, dits PCB "non dioxin-like" ou PCB-NDL, qui agissent via un mécanisme d'action différent de celui des dioxines.

Par ailleurs, 7 congénères, dits PCB "indicateurs" ou PCBi, très fortement chlorés, sont particulièrement persistants et présents dans l’environnement. Ils représentent environ 50 % de l’ensemble des congénères de PCB présents dans les aliments d’origine animale et dans les tissus humains.

Où trouve-ton les PCB ?

Les PCB n’existent pas à l’état naturel. Ils ont été fabriqués par l’homme pour la première fois en 1929. Ils ont été largement utilisés pendant des décennies sous forme de mélange dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation électrique, de lubrification et d’ininflammabilité. On les retrouvait comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants.

Depuis vingt ans, ces substances ne sont plus ni produites ni utilisées dans la fabrication d’appareils en Europe.

Leur présence dans l’environnement est principalement due à des contaminations "accidentelles" (déversements de quantités importantes par suite de fuites, d’explosions, d’incendies ou de rejets fortuits) et à des procédures inadéquates d’élimination qui ont eu cours dans le passé (décharges non contrôlées ou inappropriées, épandage des boues d’épuration).

Partout dans le monde, on retrouve d’infimes quantités de PCB dans l’environnement dont la plus grande majorité se retrouvent dans le sol et les sédiments fluviaux et marins. D'une manière générale, la contamination des sédiments résulte du lessivage par les eaux de pluie des sols pollués.

Que fait-on pour limiter les rejets de PCB dans l’environnement ?

En France, les pouvoirs publics ont imposé des mesures progressives :

  • 1979 : interdiction dans les encres, adhésifs, additifs et dans certaines huiles ;
  • 1987 : interdiction de vendre, d’acquérir ou de mettre sur le marché des appareils contenant des PCB ;
  • 2003 : le plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB prévoit un calendrier de décontamination des appareils recensés au plus tard pour le 31 décembre 2010.

En France, il peut encore exister des rejets de PCB dans l’environnement par les industries (élimination des appareils contenant des PCB) mais il s’agit de quantités très limitées et sous le strict contrôle du ministère chargé de l’Écologie.

Au niveau international, les niveaux de PCB en général diminuent depuis les années 1980, en raison des mesures de réduction des utilisations, du contrôle et de l’atténuation naturelle qui ont été entreprises dans de nombreux pays.

Que deviennent les PCB dans l’environnement ?

En règle générale, une fois présents dans l’environnement, les PCB s’accumulent. En effet, du fait de leur grande stabilité chimique et physique, les PCB sont extrêmement persistants. Ils ont une durée de vie importante (plusieurs années). Ils ne se décomposent pas facilement et sont difficiles à détruire.

Dans l’eau, les PCB s'évaporent peu et ne se dissolvent pas facilement. Les PCB sont, de manière générale, fortement adsorbés sur les sédiments et sur les particules en suspension dans l’eau. À titre d’information, il a été estimé que plus de 88 % des PCB dans les écosystèmes aquatiques se retrouvent aux niveaux des sédiments.

Les PCB sont en revanche très solubles dans les graisses, ce qui explique pourquoi ils s'accumulent dans les graisses animales et tout au long de la chaîne alimentaire. Les animaux au sommet de la chaine alimentaire, y compris les humains, présentent ainsi les concentrations les plus élevées de PCB.

Comment puis-je être exposé aux PCB ? Quelle est la contribution des poissons à mon exposition ?

L’alimentation constitue la principale source d’exposition de la population générale aux PCB (plus de 90 % de l’exposition totale). Toute la population française est exposée aux PCB par l’alimentation générale. Les aliments les plus riches en PCB sont ceux d’origine animale, tels les poissons, le lait, les produits laitiers, les œufs et la viande. Chez l’adulte, environ 50 % de l’exposition alimentaire aux PCB est apportée par les poissons (d’eau douce et d'eau de mer) et fruits de mer, 20 % par les viandes, 20 % par le lait et les produits laitiers. Les personnes qui consomment de grandes quantités de ces aliments peuvent être exposées à des niveaux de PCB plus élevés que le reste de la population.

Les nourrissons peuvent aussi être exposés aux PCB contenus dans le lait maternel. Il est admis que l’allaitement contribue à environ 5 % de la charge corporelle observée à l‘âge adulte.

En population générale, l’air et l’eau d’alimentation constituent des voies très marginales d’exposition aux PCB.

En revanche, les personnes qui sont en contact des PCB lors de pratiques professionnelles (installations d’élimination des PCB, entretien de vieux dispositifs électriques, transports ou manipulation…) peuvent être exposées à des concentrations plus élevées que le reste de la population par inhalation ou contact cutané.

Comment mesure-t-on l’exposition humaine aux PCB ?

L’exposition de l’homme aux PCB étant très majoritairement d’origine alimentaire, l’exposition peut être estimée :

  • soit à partir de déclarations de consommation alimentaire et de données de contamination des aliments ;
  • soit à partir des niveaux d’imprégnation, c'est-à-dire les teneurs sanguines en PCB, ce qui permet de mieux connaître l’exposition humaine puisqu’elle dépend des consommations alimentaires et des contaminations des aliments dans le passé ainsi que de l’ensemble des voies d’exposition

Que deviennent les PCB dans le corps humain ? Comment les PCB sont-ils éliminés de l’organisme et en combien de temps ?

Une fois absorbés, les PCB traversent les membranes cellulaires et passent dans les vaisseaux sanguins et le système lymphatique. C’est généralement dans le foie et le tissu adipeux que l’on retrouve les plus fortes concentrations de PCB. Leur élimination se fait par les selles, les urines, mais aussi par le lait maternel chez les femmes allaitantes.

En moyenne, la demi-vie (temps nécessaire pour éliminer 50 % de la quantité absorbée) est de 7 ans pour les PCB totaux. En fonction des congénères (selon le nombre de chlore qu’ils contiennent et de leur position), elle peut varier de 6 mois à plus de 23 ans.

Du fait de cette cinétique très lente, les taux mesurés dans les matrices biologiques reflètent la charge corporelle et sont considérés comme le résultat de l’accumulation des doses absorbées depuis la naissance.

Quels sont les risques liés à l’exposition aux PCB pour la santé humaine ?

Aujourd’hui, il est avéré que la toxicité des PCB chez l’homme est essentiellement liée à leur accumulation dans l'organisme sur le long terme (toxicité chronique). En effet, la toxicité sur le court terme (toxicité aiguë) est faible en population générale.

Aussi, l'exposition ponctuelle à des PCB via la consommation d'un aliment très contaminé aura peu d'impact sur la charge corporelle de ces molécules stockées dans l'organisme.

La plupart des connaissances scientifiques concernant la toxicité chronique des PCB pour l’homme se fondent sur des études épidémiologiques réalisées chez des personnes exposées accidentellement (accidents de Yusho au Japon en 1968 et de Yu-Cheng à Taïwan en 1979) ou professionnellement (cohortes de travailleurs des usines de production de PCB et de fabrication de condensateurs et transformateurs).

D’autres études épidémiologiques pour étudier les effets neurocomportementaux de l'exposition pré et post-natale aux PCB ont été menées en population générale (cohortes mères-enfants, adultes) respectivement aux États-Unis, au Canada et en Europe (1).

Les principaux effets toxiques décrits des PCB, à partir des données disponibles, sont résumés ci-dessous :

  • effets cutanés et oculaires (chloracné, irritations de la peau, hyperpigmentation, hypersécrétion des glandes lacrymales), effets respiratoires et gastro-intestinaux pour la plupart observés pour une exposition à de fortes doses ;
  • effets sur le développement mental et moteur observés chez le jeune enfant exposé aux PCB pendant la grossesse et l’allaitement (diminution du quotient intellectuel, des capacités de mémorisation, d’apprentissage et visuelles) ;
  • effets hépatiques (modification de taux d’enzymes hépatiques, augmentation de la mortalité par cirrhose du foie, augmentation ou diminution des taux de cholestérol et de tryglicérides) ;
  • effets sur le système immunitaire (réduction de la réponse antigène-anticorps ; nombre plus élevé de maladies infectieuses de l’enfant pendant le 1er mois) ;
  • effets sur le système endocrinien (activité œstrogénique ou antiœstrogénique, perturbation du fonctionnement de la thyroïde) ;
  • effets sur la reproduction et le développement (avortement spontanés, cycles menstruels irréguliers, fertilité diminuée, faible poids de naissance).

Il apparaît que les effets sur le développement mental et moteur du jeune enfant exposé pendant la grossesse et l’allaitement constituent l’effet le plus critique observé chez l’homme (apparaissant aux plus bas niveaux d’exposition).

Toutefois, les résultats scientifiques sur les effets sanitaires des PCB sur l’homme restent incomplets et les recherches se poursuivent pour préciser ces connaissances. Ces questions sont extrêmement complexes puisque la quantité et la composition chimique des mélanges de PCB varient selon l’exposition. De plus, les personnes exposées aux PCB peuvent avoir également été exposées à d’autres substances toxiques en même temps. Il est donc difficile de déterminer à quel point l’exposition aux PCB affecte la santé humaine.

Les PCB sont-ils à l’origine du développement de cancer(s) ?

Des études réalisées chez l’animal indiquent que les PCB peuvent être à l’origine de cancers, la probabilité de développer un cancer augmentant avec la dose d’exposition reçue. Les PCB joueraient un rôle de promoteurs dans les processus cancérigènes, c'est-à-dire qu’ils les favoriseraient.

Chez l’homme, plusieurs études suggèrent un lien entre l’exposition aux PCB et un risque accru de cancer (foie, rein, sein). Néanmoins, l’ensemble des données disponibles examinant la relation entre cancers et expositions aux PCB souffrent de limitations méthodologiques. Ainsi, la communauté scientifique internationale ne s’accorde pas sur la classification des PCB concernant les effets cancérigènes. Si l’Union européenne n’a pas reconnu, en 2004, les PCB parmi les substances classées cancérigènes, le Centre international de recherche sur le cancer (qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé) et l’US-EPA (Environmental Protection Agency) les ont classés cancérigènes probables (2) respectivement en 1987 et en 1997.

Quels risques pour la santé en cas d’ingestion ou de contact avec de l’eau des rivières contaminées ? Et en cas de consommation de cultures irriguées par l’eau des rivières contaminées ?

Comme cela a été avancé précédemment, en population générale, l’eau d’alimentation constitue une voie très marginale d’exposition aux PCB. De plus, les PCB ne s'évaporent pas et ne se dissolvent pas facilement dans l'eau. Enfin, il est avéré que la toxicité des PCB chez l’homme est essentiellement liée à leur accumulation dans l'organisme sur le long terme (toxicité chronique). Aussi, être en contact ou "boire la tasse" d’une eau contaminée en PCB n’aura pas d’impact sur la santé.

La pêche (sans consommation), la baignade et les sports nautiques ne présentent donc aucun risque sanitaire pour l’homme. Par ailleurs, les analyses très régulières effectuées sur l’eau potable démontrent l’absence de contamination.

Concernant la question de la transmission racinaire des PCB, les travaux existants démontrent une faible absorption des PCB par les cultures. Ainsi, les légumes peuvent donc être consommés après avoir été lavés et/ou épluchés, car ils ont pu être contaminés en surface par des retombées atmosphériques ou des particules de terre.

Les femmes ont-elles plus de risque que les autres populations ? L’allaitement est-il déconseillé si j’ai consommé des poissons contaminés ?

L’exposition in utero aux dioxines et aux PCB a été retrouvée associée à des effets sur le développement neurocomportemental chez le jeune enfant.
Néanmoins, il est important de préciser que les risques associés aux dioxines et PCB sont liés à l'accumulation progressive de ce polluant dans l'organisme. Or, l'allaitement n'ayant lieu que durant quelques mois, les quantités de dioxines et PCB apportées par le lait maternel représentent une toute petite partie (environ 5 %) de la dose totale absorbée au cours de la vie.
Par ailleurs, l’allaitement maternel est recommandé par l'Organisation mondiale de la santé, si possible de manière exclusive durant les six premiers mois. En effet, le lait de la femme est un aliment évolutif essentiel ; les changements de composition au cours de la lactation (colostrum, lait de transition, lait définitif) et de la tétée (lait plus riche en lipides en fin de tétée) sont utiles à l'enfant dont les systèmes enzymatiques ne sont pas encore à maturité à la naissance. Les avantages de l'allaitement maternel ont été démontrés dans de nombreuses études : psychoaffectifs, immunologiques (réduit les risques d'infections et d'allergies), nutritifs, digestifs et métaboliques.
Concernant les dioxines, les experts (Organisation mondiale de la santé – 1998, Agence française de sécurité sanitaire des aliments, Institut de veille sanitaire – juin 2000) conseillent de maintenir l’allaitement maternel quelle que soit la concentration en dioxines dans le lait car les avantages dépassent les risques. Le même raisonnement peut être appliqué pour les PCB compte tenu de la structure chimique et des effets proches de ceux des dioxines.

Quel est le niveau d’imprégnation en PCB (la concentration en PCB dans l’organisme) au-delà duquel il existe un risque pour la santé ? Y a-t-il une prise en charge médicale particulière pour les personnes présentant un niveau d’imprégnation important ?

Les connaissances scientifiques sur les effets sanitaires des PCB sont encore incomplètes et n’ont pas permis aux instances scientifiques, nationales et internationales de fixer le niveau d’imprégnation à partir duquel il existe un risque avéré pour la santé. L’absence de valeur d’imprégnation de référence à ce jour ne permet pas de proposer une interprétation individuelle des niveaux d’imprégnation. De plus, il n’a pas été défini de niveau d’imprégnation au-dessus duquel un suivi ou une prise en charge médicale spécifique serait nécessaire.

(1) Les données les plus exhaustives et les plus récentes sont issues d’une revue bibliographique réalisée par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ 2007). Analyse exhaustive de littérature depuis 1997 avec analyse critique (Critères de Hill).
(2) Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) et l’United States Environmental Protection Agency (US-EPA) ont classé les PCB comme cancérogènes probables chez l’homme (groupe 2A pour le Circ et 2B pour l’US-EPA, niveau de preuves limité chez l’homme mais niveau de preuves suffisant chez l’animal).

Que sont les PCB et où les trouve-t-on ?

Les PCB ou polychlorobiphényles sont des composés chimiques synthétiques également connus sous le nom de pyralènes. Il existe 209 molécules différentes de PCB.

Ces composés ont été utilisés sous forme de mélange dans l'industrie, pour leurs propriétés isolantes (transformateurs électriques) ainsi que pour leur stabilité chimique et physique (encres, peintures). Leur utilisation a progressivement été réduite au cours des années 1970 puis finalement interdite en 1987.

Peu biodégradables, ces molécules s'accumulent progressivement dans l'environnement, en particulier dans les sédiments.

Elles se concentrent également dans les graisses des animaux et se retrouvent ainsi dans la chaîne alimentaire. Les aliments les plus riches en PCB sont ceux d'origine animale (poissons gras, lait, produits laitiers, œufs).

L'alimentation constitue la principale voie d’exposition de la population générale (plus de 90 % de l'exposition totale).

Quels sont les effets des PCB sur la santé ?

Dans l'organisme humain, les PCB se concentrent essentiellement dans les tissus graisseux et leur élimination est lente (plusieurs années). On les retrouve également dans le lait maternel.

Les connaissances scientifiques sur l’effet sanitaire des PCB sur l’homme sont encore incomplètes et les recherches se poursuivent.

Aujourd’hui, il est avéré que la toxicité des PCB est essentiellement liée à leur accumulation dans l'organisme sur le long terme. Ainsi, l'exposition ponctuelle aux PCB par l’intermédiaire d'un aliment très contaminé aura peu d'impact sur la santé. En revanche, pour des niveaux d'exposition faibles mais sur le long terme, les recherches scientifiques mettent en évidence des effets neurocomportementaux chez le jeune enfant exposé pendant la grossesse et l'allaitement et des effets hépatiques chez l’adulte.

Comment est mesurée l’exposition humaine aux PCB ?

La principale voie d’exposition de la population aux PCB est l’alimentation. L’exposition peut être évaluée, soit à partir de déclarations de consommation et de données de contamination des produits, soit à partir des niveaux d’imprégnation, c’est-à-dire des teneurs sanguines en PCB.

Quelle est la situation en France ?

Depuis plusieurs mois, des interdictions de pêche et de commercialisation de poissons d’eau douce ont été prises pour certains cours d’eau (Rhône, Somme, baie de Seine). En effet, des dépassements des normes réglementaires ont été constatés. Dans ce contexte et compte tenu des connaissances scientifiques actuelles, le ministère chargé de la Santé a demandé à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et à l’Institut de veille sanitaire d’étudier la relation entre la consommation régulière de poissons d’eau douce et les teneurs sanguines en PCB des consommateurs.

Pour l’interprétation générale des résultats de l’étude, les dioxines et furanes seront également recherchées, compte tenu de leur forte similitude avec les PCB (structure et effets sanitaires). D’autres substances d’intérêt de santé publique, accumulables dans les poissons, pourront également être recherchées (par exemple : composés bromés, composés fluorés).

Dossier Polychlorobiphényles

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