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Reproduction humaine et environnement

Publié le 11/12/2013 - Dernière mise à jour le 31/05/2017

Contexte et enjeux de la surveillance

L’exposition ubiquitaire de la population générale à de nombreux agents chimiques possiblement de la famille des perturbateurs endocriniens, est un sujet de préoccupation croissante. Parmi les effets suspectés des perturbateurs endocriniens, des répercussions sur la santé reproductive sont suggérées. Toutefois, les données épidémiologiques sur ces effets suspectés en population générale sont insuffisantes pour mesurer et suivre l’étendue du problème.

À la suite d’un atelier international organisé par Santé publique France, des scientifiques de 10 pays ont appelé à une surveillance épidémiologique des indicateurs de santé reproductive dans le contexte de l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Ils ont défini le cadre et les objectifs de cette surveillance et ont hiérarchisé les indicateurs à surveiller en fonction du poids des preuves concernant leur lien avec les perturbateurs endocriniens*.

Objectifs :

  • Quantifier et comparer les données épidémiologiques au sein des pays et entre pays ;
  • Confronter les données observées à l’hypothèse d’une détérioration globale de la fonction reproductive ;
  • Si les tendances temporelles sont cohérentes avec cette hypothèse, mesurer et analyser en détail les problèmes, en identifiant notamment des populations susceptibles ;
  • Apporter des données permettant de documenter ou de rejeter les hypothèses causales existantes, en particulier celle de l’exposition aux perturbateurs endocriniens, et/ou générer de nouvelles hypothèses ;
  • Permettre d’estimer l’impact sanitaire et les coûts de l’exposition aux perturbateurs endocriniens et d’orienter des mesures correctives ;
  • Appuyer les politiques publiques pour anticiper et gérer les problèmes de santé publique engendrés ;
  • Dans le futur, être capable d’évaluer l’impact des interventions de santé publique menées.

Vingt-trois indicateurs de santé reproductive potentiels ont été passés en revue et classés pour leur lien avec les perturbateurs endocriniens, en utilisant deux rapports internationaux ayant fait une « revue des revues » sur la question. Les indicateurs-clés les mieux classés étaient : le cancer de la prostate, le cancer du sein, le sex-ratio à la naissance, l’endométriose et les fibromes utérins, les indicateurs du syndrome de dysgénésie testiculaire (cancer du testicule, qualité du sperme, cryptorchidies, hypospadias), et la puberté précoce.

A la suite de cette priorisation, Santé publique France a mis en place à l’échelle nationale, un programme de surveillance et d’analyses épidémiologiques de ces indicateurs-clés, en utilisant prioritairement des bases de données existantes (données de l’Assurance maladie, registre d’assistance médicale à la procréation, données Insee). Ce programme est intégré à la stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens et au PNSE 3, et l'OMS a fait des recommandations dans le même sens.

* Le Moal J, Sharpe RM, Jorgensen N, Levine H, Jurewicz J, Mendiola J, Swan SH, Virtanen H, Christin-Maitre S, Cordier S, Toppari J, Hanke W, in name of the HN: Toward a multi-country monitoring system of reproductive health in the context of endocrine disrupting chemical exposure. European journal of public health 2015.

Dossier Reproduction humaine et environnement

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