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Sols pollués et santé

Publié le 11/09/2009 - Dernière mise à jour le 12/02/2016

Études locales sur des sols pollués

Les premières alertes sanitaires liées à des pollutions des sols industriels ont eu lieu au début des années 1980. Ce fut Love Canal et Woburn aux États-Unis, Montchanin en France et, plus récemment, les sites émetteurs de plomb et l’école Franklin Roosevelt à Vincennes.

En dépit d’un nombre important de situations dégradées, les études épidémiologiques réalisées ont souvent été peu démonstratives en raison, notamment, de deux écueils majeurs que sont l’estimation difficile de l’exposition des populations aux polluants présents dans les sols contaminés et la taille réduite des populations concernées lorsque l’on considère les sites séparément les uns des autres. Les interrogations restent donc fortes sur le plan sanitaire.

Pour contourner cette difficulté de la mesure de l’exposition, les travaux se sont principalement appuyés sur l’utilisation de la modélisation des transferts des polluants du sol vers les autres milieux, puis vers les populations, à travers des scénarios d’exposition plutôt majorants. Les études menées sur les sols pollués ont montré des discordances entre ce que laissent présager des concentrations de ces métaux dans les sols, les prédictions des niveaux d’exposition qui en résultent et les mesures à l’aide de biomarqueurs. C’est le cas notamment pour le chrome, l’arsenic, le plomb et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Aujourd’hui, aucune des méthodes disponibles ne permet de répondre de manière universelle. En fonction des composés impliqués et de la situation étudiée, il convient de choisir la plus appropriée d’entre elles.

De plus en plus souvent, les populations demandent des mesures biologiques, car elles souhaitent disposer d’une mesure réelle de leur exposition. Elles ont l’impression que ce type de mesures amène une réponse fiable et définitive sur les conséquences sanitaires des pollutions auxquelles elles sont soumises. Il est vrai que ces études quantifient la dose absorbée par l’organisme, mais bien souvent elles ne permettent pas de dégager la contribution des voies et des sources d’exposition, ni l’impact sur la santé.

Par ailleurs, les biomarqueurs utiles dans un contexte d’exposition aux polluants du sol n’existent que pour un nombre très limité de polluants et des valeurs de référence en population générale sont en cours de constitution en France (Enquête nationale nutrition santé par exemple). Pour autant, si elles permettent de répondre à la question de la réalité de l’exposition de la population, elles ne doivent pas apparaître comme une modalité d’intervention systématique dans la gestion sanitaire des sites et des sols pollués.
Les travaux des Cellules interrégionales d'épidémiologie (réseau interCire) ont permis de faciliter les échanges lors d’études locales. Le partage de l’analyse des situations, des connaissances et des modalités de mise en œuvre des protocoles a permis d’homogénéiser les réponses apportées par l’Institut de veille sanitaire.
Les principales études locales sur des sols pollués sont :

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