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Maladies cardio-neuro-vasculaires

Publié le 27/05/2013 - Dernière mise à jour le 26/09/2018

La maladie veineuse thromboembolique

La maladie veineuse thromboembolique (MVTE) regroupe la thrombose veineuse (TV) et sa complication immédiate, l’embolie pulmonaire (EP). La thrombose veineuse profonde résulte d’une activation localisée de la coagulation avec constitution d’un thrombus dans le système veineux. Le thrombus, constitué de fibrine, de globules blancs et de plaquettes, peut provoquer une occlusion partielle ou totale de la lumière veineuse, obstruant ainsi la circulation du sang. Elle peut affecter n’importe quelle partie du système veineux, mais les manifestations les plus fréquentes concernent les sites de bas débit sanguin du réseau veineux profond des membres inférieurs. Une fois formé, le thrombus peut se détacher ou se fractionner, migrer dans les artères pulmonaires via la circulation sanguine et provoquer une embolie pulmonaire, complication aigüe et potentiellement fatale de la thrombose. L’insuffisance veineuse secondaire ou syndrome post thrombotique est une complication secondaire et plus tardive de la thrombose veineuse.

La MVTE est une pathologie multifactorielle et différents facteurs de risque acquis, génétiques ou environnementaux peuvent être impliqués dans sa survenue. Parmi les principaux on compte l’âge, le cancer, la chirurgie, l’immobilisation, les troubles de la coagulation, l’obésité et la grossesse. Pathologie fréquente et récidivante, elle présente une mortalité et une morbidité importantes, notamment chez le sujet âgé. L’incidence de la pathologie en France a été peu étudiée ; les dernières estimations donnaient une incidence de 183 pour 100 000 pour la MVTE et de 60 pour 100 000 pour l’EP en 1998 (Oger, 2000). L’incidence de cette pathologie augmente de manière exponentielle avec l’âge pour atteindre plus de 1 % chez les personnes âgées de plus de 75 ans.

La validité des bases médico-administratives et de mortalité n’a pas été évaluée pour la MVTE. Cependant, une étude française a montré une sensibilité élevée des codes diagnostiques de la CIM-10 utilisés pour le codage de l’EP (Casez, 2010). En raison de l’association fréquente de la MVTE avec d’autres pathologies et des pratiques de codage, l’indicateur de mortalité est fondé sur les causes multiples de décès du certificat (Olié, 2013). De même, le diagnostic principal et le diagnostic associé des hospitalisations sont retenus pour la sélection des cas.

  •  

    En 2013, 15 501 décès ont été répertoriés avec une MVTE en causes multiples dont 8 697 chez des femmes et 6 804 chez des hommes. Une EP était renseignée dans plus de 80 % des cas. La mortalité prématurée, c'est-à-dire avant 65 ans, concernait globalement 16 % des décès répertoriant une MVTE avec un déséquilibre homme-femme important (22 % chez les hommes et seulement 11 % chez les femmes). Le taux brut de mortalité par MVTE augmentait de façon importante avec l’âge, de l'ordre 0,1/100 000 chez les moins de 25 ans, il atteignait 351,4/100 000 chez les plus de 85 ans. Le taux de mortalité par MVTE en causes multiples standardisé sur l’âge était supérieur chez les hommes comparé aux femmes.

    Nombre et taux de décès par maladie veineuse thromboembolique et embolie pulmonaire selon le sexe et l'âge, 2013

     

    MVTE

    Embolie Pulmonaire

     

    Cause initiale

    Causes multiples

    Cause initiale

    Causes multiples

     

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Nombre de décès

                           

      Moins de 25 ans

    1

    8

    9

    10

    16

    25

    1

    7

    8

    5

    12

    17

      25-44 ans

    58

    51

    109

    148

    124

    273

    44

    39

    83

    127

    107

    234

      45-64 ans

    264

    194

    458

    1352

    835

    2187

    233

    173

    406

    1075

    732

    1807

      65-84 ans

    679

    775

    1454

    3262

    3240

    6502

    589

    661

    1250

    2696

    2760

    5456

      85 ans et plus

    480

    1224

    1704

    2032

    4482

    6514

    402

    994

    1396

    1651

    3603

    5254

      Total tous âges

    1482

    2252

    3734

    6804

    8697

    15501

    1269

    1874

    3143

    5554

    7214

    12768

    Taux brut

                           

      Moins de 25 ans

    0

    0,1

    0

    0,1

    0,2

    0,1

    0

    0,1

    0

    0

    0,1

    0,1

      25-44 ans

    0,7

    0,6

    0,6

    1,8

    1,5

    1,6

    0,5

    0,5

    0,5

    1,5

    1,3

    1,4

      45-64 ans

    3,1

    2,2

    2,7

    16,1

    9,5

    12,7

    2,8

    2

    2,4

    12,8

    8,3

    10,5

      65-84 ans

    15,6

    14,2

    14,8

    74,7

    59,2

    66,1

    13,5

    12,1

    12,7

    61,8

    50,5

    55,5

      85 ans et plus

    84,8

    95,1

    91,9

    358,8

    348,1

    351,4

    71

    77,2

    75,3

    291,5

    279,8

    283,4

      Total tous âges

    4,7

    6,6

    5,7

    21,4

    25,7

    23,6

    4

    5,5

    4,8

    17,4

    21,3

    19,4

    Taux standardisé**

    5,8

    5,3

    5,5

    26,3

    20,7

    23,2

    4,9

    4,4

    4,7

    21,5

    17,3

    19,2

    *Taux pour 100 000 habitants.
    **Taux pour 100 000 habitants standardisés sur l’âge de la population européenne 2010 de référence (Eurostat 2013).
    Champ : France entière.
    Sources : données de mortalité : Inserm-CépiDc, statistiques démographiques : Insee.

    Le taux standardisé de mortalité par EP a diminué de façon importante entre 2000 et 2013 avec une réduction de 36 % aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Cette diminution était moins marquée chez les moins de 65 ans (-19 %) que chez les plus de 65 ans (-39 %).

    En savoir plus : Olié V et al. Time trends in pulmonary embolism mortality in France, 2000-2010. Thromb Res. 2015 Feb;135(2):334-8.

    L'état de santé de la population en France. Rapport 2017.

    Evolution des taux* de décès par maladie embolie pulmonaire (causes multiples) selon le sexe de 2000 à 2013

    Evolution des taux de décès par maladie embolie pulmonaire (causes multiples) selon le sexe de 2000 à 2013

    * Taux pour 100 000 habitants, standardisés sur l’âge selon la population européenne 2010 (Eurostat 2013).
    Champ : France entière.
    Sources : données de mortalité : Inserm-CépiDc, statistiques démographiques : Insee.
  •  

    Les taux régionaux standardisés de décès différaient de manière importante selon la région. Les Hauts-de-France, la région Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté, la Guadeloupe et la Martinique affichaient les taux de mortalité par EP en causes multiples les plus élevés et supérieurs de plus de 10 % par rapport à la moyenne nationale. En revanche, la Corse, la Réunion, la Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la Bretagne, les Pays-de-la-Loire et l’Ile-de-France présentaient des taux inférieurs de plus de 10 % à la moyenne nationale.

    En savoir plus : L'état de santé de la population en France. Rapport 2017.

    Gabet A, Lamarche-Vadel A, Chin F, Olié V. Disparités régionales de la mortalité prématurée par maladie cardiovasculaire en France (2008-2010) et évolutions depuis 2000-2002. Bull Epidémiol Hebd. 2014;26:430-8.

    Décès liés à l’embolie pulmonaire (causes multiples) 2011-2013

    Décès liés à l’embolie pulmonaire (causes multiples) 2011-2013

    Taux régionaux standardisés (population européenne 2010 (Eurostat 2013)

  •  

    En 2014, 128 237 personnes ont été hospitalisées au moins une fois avec une MVTE en diagnostic principal ou associé dont 60 440 présentaient une EP. Près de 35 % des patients hospitalisés pour MVTE ou EP étaient âgés de moins de 65 ans. Les femmes représentaient près de 53 % des patients hospitalisés pour MVTE et pour EP. Le taux brut de patients hospitalisés pour MVTE ou pour EP augmentait de manière exponentielle avec l’âge, passant de 12,3 pour 100 000 chez les moins de 25 ans à plus de 1 200 pour 100 000 chez les plus de 85 ans pour la MVTE. Les taux standardisés étaient supérieurs chez les hommes par rapport aux femmes.

    En savoir plus :

    Olié V, Chin F, Gabet A, de Peretti C. Hospitalisations pour embolie pulmonaire en France en 2010 : étude des disparités régionales. Rev Epidemiol Sante Publique. 2014;62:S3.

    Olié V, Chin F, Lamarche-Vadel A, de Peretti C. La maladie veineuse thromboembolique : patients hospitalisés et mortalité en France en 2010. Bull Epidemiol Hebd 2013; 33-34: 418-24.

    L'état de santé de la population en France. Rapport 2017.

    Nombre et taux de patients hospitalisés en soins de courte durée MCO pour maladie veineuse thromboembolique et une embolie pulmonaire (diagnostic principal ou associé) selon le sexe et l'âge, en 2014

     

    MVTE

    Embolie Pulmonaire

     

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Nombre de patients hospitalisés

               

      Moins de 25 ans

    1079

    1384

    2463

    301

    470

    771

      25-44 ans

    5247

    6240

    11487

    2468

    2624

    5092

      45-64 ans

    19417

    13206

    32623

    8809

    5907

    14716

      65-84 ans

    27870

    30605

    58475

    13164

    15324

    28488

      85 ans et plus

    6824

    16365

    23189

    3220

    8153

    11373

      Total tous âges

    60437

    67800

    128237

    27962

    32478

    60440

    Taux brut

               

    Moins de 25 ans

    10,6

    14,1

    12,3

    2,9

    4,8

    3,8

      25-44 ans

    63,6

    73,9

    68,7

    29,9

    31,1

    30,5

      45-64 ans

    231,3

    149,4

    189,3

    104,9

    66,8

    85,4

      65-84 ans

    618

    546,8

    578,6

    291,9

    273,8

    281,9

      85 ans et plus

    1152,2

    1231

    1206,7

    543,7

    613,3

    591,8

      Total tous âges

    189

    199,2

    194,3

    87,4

    95,5

    91,6

    Taux standardisé

    215,6

    182,6

    198,6

    100,2

    86,9

    93,5

    *Taux pour 100 000 habitants.
    **Taux pour 100 000 habitants standardisés sur l’âge de la population européenne 2010 de référence (Eurostat 2013).
    Champ : France entière.
    Sources : Base nationale PMSI (ATIH), statistiques démographiques : Insee.

    Entre 2002 et 2014 le taux standardisé de patients hospitalisés pour une EP est resté assez stable. Cependant, avant 65 ans, on observait une augmentation de 48 % chez les hommes et de 9 % chez les femmes. Après 65 ans, le taux a diminué chez les hommes (-8 %) et chez les femmes (-13 %).

    Evolution des taux* de patients hospitalisés avec un diagnostic principal ou associé d'embolie pulmonaire selon le sexe de 2002 à 2014

    Evolution des taux de patients hospitalisés avec un diagnostic principal ou associé d'embolie pulmonaire selon le sexe de 2002 à 2014

    *Taux pour 100 000 habitants standardisés sur l’âge de la population européenne 2010 de référence (Eurostat 2013)
    Champ : France entière
    Sources : Base nationale PMSI (ATIH), statistiques démographiques : Insee

    L’évolution au cours des dix dernières années de la mortalité et du taux de patients hospitalisés est plutôt favorable chez les personnes de 65 ans et plus. En revanche, avant 65 ans et notamment chez les hommes l’augmentation de l’incidence de la MVTE hospitalisée est constante depuis 10 ans. Cette augmentation pourrait s’expliquer, en partie, par une amélioration des outils diagnostiques avec l’introduction de nouvelles techniques d’imagerie, par une meilleure survie des polytraumatisés et des patients atteints de cancer, qui sont deux populations à risque de MVTE mais également par une augmentation de la prévalence de certains facteurs de risque de MVTE comme l’obésité en population générale.

  •  

    Les taux standardisés de patients hospitalisés pour une EP en 2014 variaient d’une région à l’autre. Un grand quart Nord-Est présentait un taux standardisé supérieur à la moyenne nationale de plus de 10 % (Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France, Grand-Est, Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes). En revanche, les taux étaient inférieurs d’au moins 10 % par rapport à la moyenne nationale en Bretagne, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. La Corse et la Réunion possédaient les taux standardisés les plus bas en France en 2014. Les disparités régionales observées sont assez concordantes entre la mortalité et les hospitalisations.

    En savoir plus :

    Olié V, Chin F, Gabet A, de Peretti C. Hospitalisations pour embolie pulmonaire en France en 2010 : étude des disparités régionales. Rev Epidemiol Sante Publique. 2014;62:S3.

    L'état de santé de la population en France. Rapport 2017.

    Patients hospitalisés pour embolie pulmonaire (diagnostic principal ou associé) en 2014

    Patients hospitalisés pour embolie pulmonaire (diagnostic principal ou associé) en 2014

    Taux régionaux de standardisés (population européenne 2010 (Eurostat 2013)

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