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Maladies cardio-neuro-vasculaires

Publié le 15/04/2010 - Dernière mise à jour le 25/09/2018

Les cardiopathies ischémiques

Les cardiopathies ischémiques (CPI), ou maladies coronariennes, recouvrent, un ensemble de troubles dus à l’insuffisance des apports en oxygène au muscle cardiaque (myocarde) du fait du développement et des complications de l’athérosclérose au niveau d’une (ou plusieurs) artère(s) coronaire(s). L’occlusion des artères coronaires peut être plus ou moins complète et plus ou moins brutale. Le défaut d’apport en oxygène qui en résulte peut entraîner des lésions du myocarde de gravité variable, de l’ischémie à la nécrose myocardique.

Cliniquement, ces lésions se traduisent par différents symptômes, de l’angor stable au syndrome coronaire aigu (SCA) et, à l’infarctus du myocarde (IDM). La souffrance myocardique peut aussi provoquer des troubles graves du rythme cardiaque et être responsable de mort subite coronaire. En outre, les lésions du myocarde peuvent être responsables d’une insuffisance cardiaque, aiguë ou chronique.

Les principaux facteurs de risque des CPI sont l’âge, le sexe masculin, le tabac, l’hypercholestérolémie, le diabète, l’obésité, l’hypertension, le stress et la sédentarité. En dépit d’une diminution importante de la mortalité par CPI depuis les années 1980, cette pathologie représente, en France, la deuxième cause de décès chez les femmes (après les maladies cérébro-vasculaires) et chez les hommes (après les cancers).

  •  

    Les données recueillies à partir des certificats de décès montrent que le nombre de décès par CPI, en cause initiale, en France, s’élevait à 33 923 en 2013 dont une majorité d’hommes (58 %). Les IDM représentaient 45 % des décès par CPI et les SCA 51 %. Le taux brut de mortalité par CPI et IDM augmentait de manière exponentielle avec l’âge. Après standardisation sur l’âge, les hommes avaient un taux de mortalité par CPI plus de deux fois plus élevé que celui des femmes (77,2 vs. 31,8 pour 100 000 en 2013). Ce constat était également retrouvé pour les décès par IDM.

    Nombre et taux de décès par CPI, SCA et IDM selon le sexe et l'âge, en 2013

     

    Cardiopathie ischémique

    Syndrome coronaire aigu

    Infarctus du myocarde

     

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Nombre de décès

                     

    Moins de 25 ans

    3

    1

    4

    2

    0

    2

    2

    0

    2

    25-44 ans

    311

    85

    396

    258

    70

    328

    238

    66

    304

    45-64 ans

    3 394

    690

    4 084

    2463

    509

    2 972

    2 257

    466

    2 723

    65-84 ans

    9 346

    4 225

    13 571

    4727

    2502

    7 229

    4 190

    2 203

    6 393

    85 ans et plus

    6 662

    9 206

    15 868

    2662

    4262

    6 924

    2 237

    3 572

    5 809

    Total tous âges

    19 716

    14 207

    33 923

    10112

    7343

    17 455

    8 924

    6 307

    15 231

    Taux brut* de décès

                   

    Moins de 25 ans

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    25-44 ans

    3,8

    1,0

    2,4

    3,1

    0,8

    2,0

    2,9

     

    1,8

    45-64 ans

    40,5

    7,8

    23,7

    29,4

    5,8

    17,3

    26,9

    5,3

    15,8

    65-84 ans

    214,1

    77,3

    138,0

    108,3

    45,8

    73,5

    96,0

    40,3

    65,0

    85 ans et plus

    1176,4

    715,0

    856,0

    470,1

    331,0

    373,5

    395,0

    277,4

    313,4

    Total tous âges

    62,0

    41,9

    51,6

    31,8

    21,7

    26,6

    28,0

    18,6

    23,2

    Taux standardisé**

    77,2

    31,8

    50,4

    38,6

    17,0

    26,3

    33,9

    14,7

    23,0

    *Taux pour 100 000 habitants.
    **Taux pour 100 000 habitants standardisés sur l’âge de la population européenne 2010 de référence (Eurostat 2013).
    Champ : France entière.
    Sources : données de mortalité : Inserm-CépiDc, statistiques démographiques : Insee.

    Entre 2000 et 2013, le taux standardisé de mortalité par CPI a diminué de 44 % chez les hommes et de 49 % chez les femmes, tous âges confondus. Chez les moins de 65 ans, le taux de mortalité a diminué de manière plus importante chez les hommes que chez les femmes (-42 % vs. -26 %). Cette réduction globale de la mortalité coronaire est due pour partie à la réduction des événements coronaires aigus et pour partie à la réduction de leur létalité à 28 jours. Ces évolutions sont attribuées aux améliorations conjuguées de la prévention primaire, individuelle et collective, de la prise en charge des patients coronariens, ainsi que des traitements de prévention secondaire prescrits après un premier infarctus du myocarde.

    En savoir plus :

    L'état de santé de la population en France. Rapport 2017.

    Gabet A, Danchin N, Olié V. Infarctus du myocarde chez la femme : évolutions des taux d’hospitalisation et de mortalité, France, 2002-2013. Bull Epidémiol Hebd. 2016;(7-8):100-8.

    Numéro Thématique Bull Epidemiol Hebd 2011;40-41

    Evolution des taux* de décès par CPI selon l'âge et le sexe de 2000 à 2013

    Evolution des taux de décès par CPI selon l'âge et le sexe de 2000 à 2013

    * Taux pour 100 000 habitants standardisés sur l’âge de la population européenne 2010 de référence (Eurostat 2013).
    Champ : France entière.
  •  

    L’analyse des taux standardisés régionaux montre des disparités importantes de mortalité par CPI sur le territoire français. En France métropolitaine, les régions Normandie, Bretagne, Hauts-de-France présentaient des taux élevés de mortalité par CPI, dépassant de plus de 20 % le taux national moyen. Dans les régions d'outre-mer, la Réunion présentait le taux le plus élevé du territoire français. Les régions Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et les trois autres régions d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe et Guyane) affichaient des taux inférieurs de plus de 10 % au taux national.

    Décès par CPI 2011-2013

    Taux régionaux standardisés (population européenne 2010 (Eurostat 2013))

    Décès par CPI 2011-2013

    En savoir plus : Gabet A, Lamarche-Vadel A, Chin F, Olié V. Disparités régionales de la mortalité prématurée par maladie cardiovasculaire en France (2008-2010) et évolutions depuis 2000-2002. Bull Epidemiol Hebd 2014;26.

    L'état de santé de la population en France. Rapport 2017.

  •  

    En 2014, 221 108 patients domiciliés en France ont eu au moins une hospitalisation complète pour CPI (primo évènements et récidives compris), 119 015 pour SCA et 62 251 pour IDM. Les taux de patients hospitalisés étaient 3 fois plus élevés chez les hommes que chez les femmes, pour les CPI, les SCA ou les IDM.

    Nombre et taux de patients hospitalisés en soins de courte durée MCO pour CPI et pour IDM, selon le sexe et l'âge, en 2014

     

    Cardiopathie ischémique

    Syndrome coronaire aigu

    Infarctus du myocarde

     

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Nombre de patients hospitalisés

                     

    Moins de 25 ans

    111

    34

    145

    69

    23

    92

    40

    12

    52

    25-44 ans

    6460

    1644

    8104

    4652

    1096

    5748

    3097

    615

    3712

    45-64 ans

    61143

    15542

    76685

    32774

    8440

    41214

    18494

    4183

    22677

    65-84 ans

    79043

    34148

    113191

    36424

    18773

    55197

    17036

    9070

    26106

    85 ans et plus

    10481

    12502

    22983

    7119

    9645

    16764

    3847

    5857

    9704

    Total tous âges

    157238

    63870

    221108

    81038

    37977

    119015

    42514

    19737

    62251

    Taux brut*

                     

    Moins de 25 ans

    1,1

    0,4

    0,7

    0,7

    0,2

    0,5

    0,4

    0,1

    0,3

    25-44 ans

    78,3

    19,5

    48,5

    56,4

    13,0

    34,4

    37,5

    7,3

    22,2

    45-64 ans

    728,4

    175,8

    444,9

    390,4

    95,5

    239,1

    220,3

    47,3

    131,6

    65-84 ans

    1752,6

    610,1

    1119,9

    807,6

    335,4

    546,1

    377,7

    162,0

    258,3

    85 ans et plus

    1769,7

    940,4

    1196,0

    1202,0

    725,5

    872,4

    649,6

    440,6

    505,0

    Total tous âges

    491,7

    187,7

    335,0

    253,4

    111,6

    180,3

    132,9

    58,0

    94,3

    Taux standardisé**

    558,6

    175,8

    350,5

    286,6

    101,4

    186,1

    148,9

    51,6

    96,6

    *Taux pour 100 000 habitants.
    **Taux pour 100 000 habitants standardisés sur l’âge de la population européenne 2010 de référence (Eurostat 2013).
    Champ : France entière.

    D’après les données 2009 de la base HFA-DB de l’OMS, la France enregistrait un taux d’hospitalisation assez faible parmi les pays européens et se classait en 8ème position derrière entre autres l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et le Royaume-Uni.

    L’analyse des évolutions globales entre 2002 et 2014 des taux standardisés de patients hospitalisés pour CPI, SCA et IDM montre une tendance à la baisse (respectivement -13 %, -20 % et -17 %). Ces tendances globales recouvrent toutefois des évolutions différentes selon le sexe et l’âge. Avant 65 ans, le taux standardisé de patients hospitalisés pour CPI a diminué de façon plus importante chez les hommes (-15,6 %) que chez les femmes (-4,8 %). Concernant les IDM, le taux standardisé parmi les moins de 65 ans est resté quasiment stable dans la population masculine (- 1,4 %), et il a fortement augmenté pour les femmes (+26 %).

    En savoir plus :

    Gabet A, Danchin N, Olié V. Infarctus du myocarde chez la femme : évolutions des taux d’hospitalisation et de mortalité, France, 2002-2013. Bull Epidémiol Hebd. 2016;(7-8):100-8.

    L'état de santé de la population en France. Rapport 2017.

    De Peretti C, Chin F, Tuppin P, Danchin N. Personnes hospitalisées pour infarctus du myocarde en France : tendances 2002-2008. Bull Epidemiol Hebd 2012; 41: 459-65.

    Evolution des taux* de patients hospitalisés avec un diagnostic principal de cardiopathies ischémiques selon l'âge et le sexe de 2002 à 2014

    Evolution des taux de patients hospitalisés avec un diagnostic principal de cardiopathies ischémiques selon l’âge et le sexe de 2002 à 2014

    *Taux pour 100 000 standardisés sur l’âge de la population européenne 2010 de référence (Eurostat 2013).
    Champ : France entière.
    Sources : Base nationale PMSI (ATIH), statistiques démographiques : Insee.
  •  

    Il existe des disparités régionales significatives, avec des taux de patients hospitalisés pour CPI élevés en Corse, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et dans la région Grand-Est dépassant de plus de 10 % le taux national moyen. La Martinique, la Guadeloupe et la Bretagne affichaient les taux de patients hospitalisés pour CPI les plus bas.

    Patients hospitalisés pour cardiopathie ischémique en 2014

    Taux régionaux de standardisés (population européenne 2010 (Eurostat 2013)

    Patients hospitalisés pour cardiopathie ischémique en 2014

Patients hospitalisés en soins de suite et réadaptation (PMSI-SSR) après un IDM

Dans les suites d’un IDM au premier semestre 2014, un peu plus d'un tiers (36,9 %) des patients a été hospitalisé en SSR dans l’année (N = 8 380) : 28,5 % en réadaptation cardiaque et 8,5 % pour une finalité de prise en charge "autre". Par ailleurs, la proportion de patients en réadaptation cardiaque était plus basse pour les femmes que pour les hommes avec des taux standardisés sur l’âge de 24,9 % et 29,6 % respectivement.

Les disparités régionales étaient marquées en 2014 : la région Centre-Val-de-Loire enregistrait le taux de patients hospitalisés en SSR pour réadaptation cardiaque le plus élevée, dans les deux sexes. Les régions d’outre-mer, Pays de la Loire, Ile-de-France et Hauts-de-France dans les deux sexes, et la région Corse pour les femmes, avaient les taux les plus bas.

Entre 2010 et 2014, le taux de recours à la réadaptation cardiaque a augmenté de +5,0% par an en moyenne chez les hommes et de 6,6% % par an en moyenne chez les femmes. La part de l’hospitalisation complète pour une réadaptation cardiaque a diminué au profit de l’ambulatoire (p<0,0001).

En savoir plus :

Gabet A, de Peretti C, Nicolau J, Iliou MC, Olié V. Évolution temporelle du recours à la réadaptation cardiaque après un infarctus du myocarde, France, 2010-2014. Bull Epidémiol Hebd. 2016;43:764-74.

L'état de santé de la population en France. Rapport 2017.

De Peretti C, Nicolau J, Chin F, Tuppin P, Danchin N, Danet S, Iliou MC. Réadaptation cardiaque hospitalière après infarctus du myocarde en France : apports du PMSI-SSR. Bull Epidemiol Hebd 2014; 5: 84-92.

Affections de longue durée

En 2008, le nombre de personnes admises en affection de longue durée pour maladie coronarienne (ALD n°13) par l’un des trois principaux régimes d’assurance maladie (Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés, Régime des indépendants, Mutualité sociale agricole) était égal 97 800, dont 44 % étaient âgés de moins de 65 ans. Au total, le nombre de bénéficiaires de l’ALD n°13 au 31 décembre 2008 s’élevait à 1 031 700. Ces nombres ont augmenté en 2010 depuis 2008, soit 110 300 admissions pour 1 122 400 bénéficiaires.

Les données d’ALD sont des indicateurs qui sous-estiment l’incidence et la prévalence réelle, dans la mesure où l’ALD spécifique peut ne pas être demandée lorsque qu’il n’y a pas de gain financier attendu (notamment pour les patients déjà en ALD pour une autre maladie et pour ceux qui résident en institution). Ces données sont donc à utiliser avec précaution.

Les enquêtes "Handicap Santé Ménages" et "Handicap Santé Institutions" ont permis d’estimer la prévalence "déclarée" des CPI dans l’ensemble de la population française. Selon ces enquêtes, la prévalence des CPI est estimée à 2,9 % et celle des antécédents d’IDM, à 1,2 %. Ces pourcentages permettent d’estimer à 1 810 000 le nombre de personnes ayant une CPI en 2008-2009 et à 780 000, celui des personnes déclarant un antécédent d’IDM. Ces prévalences sont plus élevées pour les hommes que pour les femmes. La prévalence masculine des CPI est globalement égale à 3,9 %, versus 1,9% pour les femmes (respectivement 2,0 % et 0,6 % pour les IDM).

En savoir plus : De Peretti C et al. Bull Epidemio Hebd 2014;9-10.

Voir registres

En 2015, les taux standardisés (population européenne de 1976) d’évènements coronaires (incidents et récurrents, décédés ou non) ont été estimés pour 100 000 habitants dans les trois registres. Parmi les hommes, des taux de 470,4 (Lille), 468,7 (Bas-Rhin) et 356,9 (Haute-Garonne) ont été enregistrés. Parmi les femmes, ces taux s’élevaient à 150,0 (Lille), 138,3 (Bas-Rhin) et 86,6 (Haute-Garonne). Ainsi, d’importantes disparités géographiques ont été relevées.

Les registres ont observé une diminution de l’incidence des événements coronaires aigus entre les périodes 2000-2003 et 2004-2007. Cette baisse de l’incidence, c’est-à-dire des primo-événements, a été estimée globalement à -16 % pour les hommes et à -19 % pour les femmes pour les classes d’âges comprises entre 35 et 74 ans.

En savoir plus : Wagner A, Ruidavets JB, Montaye M, Bingham A, Ferrières J, Amouyel P, Ducimetière P, Arveiler D. Evolution de la maladie coronaire en France de 2000 à 2007. Bull Epidemiol Hebd 2011;40-41:415-9

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