Fermer



Maladies neurodégénératives

Publié le 20/09/2016

La maladie de Parkinson

LA MALADIE DE PARKINSON EN CHIFFRES

  • Environ 160 000 personnes traitées pour maladie de Parkinson en 2012 en France : 2 à 3 personnes sont atteintes pour 1 000 habitants.
  • Environ 25 000 nouveaux cas en 2012 en France.
  • La maladie est environ 1,5 fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme.
  • Sa fréquence augmente fortement avec l’âge.
  • Age moyen au début des traitements : 77 ans ; 20 % des nouveaux malades sont âgés de moins de 65 ans.

Qu'est-ce que la maladie de Parkinson ?

photo_maladie_parkinson

La maladie de Parkinson (MP) est une affection chronique, lentement évolutive, définie par la présence de symptômes moteurs (tremblement de repos, lenteur et difficulté de mouvement ou bradykinésie, rigidité musculaire, troubles de l’équilibre) associés à des symptômes non-moteurs variables (tels que constipation, fatigue, dépression et anxiété, troubles du sommeil, troubles de l’odorat, troubles cognitifs). Elle est la cause la plus fréquente des syndromes parkinsoniens.

On distingue la MP des autres causes de syndromes parkinsoniens qui peuvent être liés à la prise de médicaments comme les neuroleptiques ou secondaires à des maladies neurodégénératives (plus rares que la MP) pour lesquelles le syndrome parkinsonien est associé à d'autres symptômes et n'est pas amélioré par les traitements.

Le traitement de la MP est symptomatique et repose principalement sur la levodopa et les agonistes dopaminergiques. L’indication à un traitement chirurgical par stimulation cérébrale profonde reste limitée à des cas particuliers vérifiant des critères stricts. Malgré un traitement bien conduit, la maladie évolue progressivement vers une aggravation des symptômes aussi bien moteurs que non moteurs entrainant une diminution de la qualité de vie et de l’espérance de vie, et un risque accru de complications comme les chutes ou la survenue d’une démence. Les patients parkinsoniens ont un risque de décès environ 1,5 fois plus important que des sujets d’âge et de sexe comparables.

Comme pour les autres maladies neurodégénératives, l’étiologie de la MP est encore mal connue, même si de nombreux facteurs de risque, à la fois génétiques et environnementaux, ont été identifiés ou sont suspectés.

Facteurs de risque

L'âge représente le principal facteur de risque de la maladie. Rare avant l’âge de 50 ans, sa fréquence augmente ensuite fortement avec le vieillissement. L’âge moyen au diagnostic se situe autour de 75-80 ans.

La MP est environ 1,5 plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. Ce rapport évolue avec l’âge : proche de 1 chez les patients les plus jeunes, il augmente progressivement avec l’âge de début de la maladie, ce qui suggère que des expositions environnementales, peut-être professionnelles auxquelles les hommes seraient plus exposés, pourraient jouer un rôle plus important chez les patients développant la maladie à un âge plus élevé.

Parmi les facteurs environnementaux, le rôle de l’exposition aux pesticides a été largement étudié. L’hypothèse d’un lien entre la MP et l’exposition aux pesticides a été émise au début des années 1980 suite à l’apparition de plusieurs cas de syndrome parkinsonien parmi des toxicomanes ayant utilisé par voie intraveineuse du 1-méthyl-4-phényl-1,2,3,6-tétrahydro pyridine (MPTP). Cette molécule, une fois métabolisée, a une structure chimique proche de celle du paraquat, un herbicide non sélectif dont l’utilisation est depuis 2007 interdite dans les pays membres de l’Union Européenne. Par la suite, plusieurs études ont porté sur le rôle de l’exposition professionnelle aux pesticides dans la MP. Une méta-analyse de 46 études a estimé que le risque de MP est 1,6 fois plus élevé chez les personnes exposées aux pesticides au cours de leur vie. Deux autres méta-analyses retrouvent des résultats similaires.

Le rôle d’autres expositions professionnelles comme l’exposition aux métaux ou aux solvants a également été évoqué.

Fréquence

Au 2e rang des maladies neurodégénératives après la maladie d'Alzheimer, la MP demeure néanmoins relativement rare avec une incidence de l’ordre de 10 à 50 nouveaux cas pour 100 000 personnes-années et une prévalence de l’ordre de 2-3 cas pour 1 000 personnes. En France, en 2012, on estime à 160 000 le nombre de malades de Parkinson (Cf. onglet surveillance épidémiologique de la maladie de Parkinson). Un doublement entre 2005 et 2030 du nombre de personnes atteintes de MP est néanmoins attendu dans de nombreux pays, en raison de l’accroissement de l’espérance de vie.

Des indicateurs de surveillance épidémiologique ont été mis au point à Santé publique France afin d’estimer la fréquence (prévalence, incidence) de la maladie de Parkinson (MP), en décrire l’évolution temporelle et la répartition géographique, mesurer l’impact notamment en termes de recours à l’hospitalisation.

Ces indicateurs ont été construits en utilisant les données du système national d’information interrégimes de l’Assurance maladie (Sniiram) dans lequel sont intégrées les données hospitalières du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).

  •  

    Une méthode mise au point à Santé publique France en partenariat avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) permet d’identifier les personnes traitées pour une MP à partir des données de remboursement de médicaments antiparkinsoniens contenues dans les bases du Sniiram et d’estimer ainsi la fréquence de la maladie de MP.

    En 2012, environ 160 000 personnes étaient traitées pour une MP en France, ce qui correspond à une prévalence de 2,45 pour 1 000 habitants. Avec près de 26 000 personnes nouvellement traitées en 2012, l’incidence annuelle est estimée à 0,39 nouveaux cas pour 1 000 personnes. L’âge médian des cas incidents était de 77 ans.

    La MP est environ 1,5 plus fréquente chez les hommes : après standardisation sur l’âge, le taux de prévalence est de 3,05 pour 1000 hommes vs. 2,04 pour 1000 femmes et le taux d’incidence est de 0,56 pour 1000 hommes vs. 0,36 pour 1000 femmes.

    La fréquence de la MP augmente fortement avec l’âge avec une prévalence de 0,43 pour 1 000 avant l’âge de 65 ans et de 11,9 après, et une incidence de 0,09 pour 1 000 personnes-années avant l’âge de 65 ans et de 1,77 après. Un ralentissement de cette progression avec l’avancée en âge est observé chez les plus de 80 ans. Il s’explique probablement par un sous-repérage des malades les plus âgés, notamment ceux qui vivent en institution avec pharmacie à usage intérieur. En effet, pour ces personnes, les remboursements de médicaments n’apparaissent pas dans les bases du Sniiram.

    La distribution géographique de la maladie de Parkinson par département est relativement homogène (carte).

    Prévalences et incidences standardisées par âge et sexe de la maladie de Parkinson par département en France en 2012 : estimations à partir des données de remboursement de médicaments de l'Assurance maladie

    Prévalences et incidences standardisées par âge et sexe de la maladie de Parkinson par département en France en 2012 : estimations à partir des données de remboursement de médicaments de l’Assurance maladie

  •  

    Cet indicateur décrit le recours à l’hospitalisation des malades souffrant de MP et âgés de 40 ans et plus, quel que soit leur régime de sécurité sociale. Il peut être décliné selon l’âge, le sexe, la région et les différentes structures hospitalières : médecine, chirurgie ou obstétrique (MCO), soins de suite et de réadaptation (SSR), hospitalisation à domicile (HAD) et psychiatrie.

    Le nombre de personnes âgées de 40 ans et plus et hospitalisées en 2012 avec mention d’une MP, que celle-ci soit ou non le motif principal de l’hospitalisation, s’est élevé à 74 454 patients (38 734 hommes et 35 720 femmes), soit 47 % des cas prévalents : 66 119 sujets ont été hospitalisés en MCO (pour un total de 101 755 séjours), 22 645 en SSR, 1 891 en HAD et 812 en psychiatrie.

    92 % des patients hospitalisés sont âgés de plus de 65 ans et 55 % de plus de 80 ans. L’âge médian au moment de l’hospitalisation est de 81 ans et comparable entre hommes et femmes.

  •  

    L’étude du rôle de l’exposition professionnelle aux pesticides dans la maladie de Parkinson pose des difficultés méthodologiques, notamment en raison de la complexité de l’évaluation rétrospective de l’exposition des travailleurs à ces substances. Actuellement, en France, il existe peu de données détaillées sur les utilisations de pesticides ou sur les niveaux d’exposition des travailleurs agricoles, en particulier sur les expositions du passé. De plus, les niveaux d’exposition de ces travailleurs sont influencés par de nombreux paramètres : type de substances, matériel utilisé, conditions météorologiques, etc.

    Parmi ces paramètres, le type de cultures (céréales, vignes, vergers, etc.) est un déterminant important. Ainsi, l’approche que Santé publique France a principalement utilisée est d’étudier la distribution géographique de la maladie en fonction des différentes cultures.

    Une première étude parmi les affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA) de cinq départements (Charente-Maritime, Côte-d’Or, Gironde, Haute-Vienne, Mayenne) a permis d’observer en 2007 une augmentation de la prévalence de la MP de 27 % dans les cantons caractérisés par les densités les plus élevées en exploitations spécialisées en fruits de vergers (pommes, poires, cerises, abricots, prunes et pêches) et autres cultures permanentes (citrons, kiwis, fruits à coques, cassis, framboises, etc.).

    Dans la continuité de ce travail, des analyses sur la période 2010-2012 et sur l’ensemble du territoire métropolitain, incluant plus de 90 % de la population française, ont permis de mettre en évidence une incidence de la MP plus élevée (+11 %) parmi les personnes résidant dans les cantons où la proportion de terres agricoles allouées à la viticulture est la plus forte comparées aux personnes habitant dans les cantons où cette proportion est la plus faible.

    Enfin, une étude cas-témoins réalisée en partenariat avec l’Inserm et la MSA a comparé les utilisations de pesticides évaluées par questionnaire de 133 agriculteurs atteints de MP (cas) à celles de 298 agriculteurs indemnes de cette maladie (témoins). Dans cette étude, les cas déclaraient plus souvent que les témoins avoir été exposés aux pesticides dans des exploitations spécialisées dans la viticulture. Les associations les plus fortes étaient retrouvées pour l’exposition professionnelle aux insecticides ou aux fongicides, en particulier pour les agriculteurs ayant longtemps utilisé ces substances.

    Malgré leurs limites, ces travaux contribuent à identifier des situations, notamment professionnelles, présentant potentiellement un risque vis-à-vis de la MP et pour lesquelles des recherches spécifiques doivent être encouragées.

Pour en savoir plus

Bellou V, Belbasis L, Tzoulaki I, Evangelou E, Ioannidis JP. Environmental risk factors and Parkinson's disease: An umbrella review of meta-analyses. Parkinsonism Relat Disord. 2016;23:1-9.

Dorsey ER, Constantinescu R, Thompson JP, Biglan KM, Holloway RG, Kieburtz K et al. Projected number of people with Parkinson disease in the most populous nations, 2005 through 2030. Neurology. 2007;68(5):384-6.

Elbaz A, Carcaillon L, Kab S, Moisan F. Epidemiology of Parkinson's disease. Rev Neurol (Paris). 2016;172(1):14-26.

Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. L'état de santé de la population en France. Rapport 2015 [en ligne]. 2015. 326 p.

Van der Mark M, Brouwer M, Kromhout H, Nijssen P, Huss A, Vermeulen R. Is pesticide use related to Parkinson disease? Some clues to heterogeneity in study results. Environ Health Perspect. 2012;120(3):340-7.

Van Maele-Fabry G, Hoet P, Vilain F, Lison D. Occupational exposure to pesticides and Parkinson's disease: a systematic review and meta-analysis of cohort studies. Environ Int. 2012;46:30-43.

Pezzoli G, Cereda E. Exposure to pesticides or solvents and risk of Parkinson disease. Neurology. 2013;80(22):2035-41.

Tanner CM, Goldman SM, Ross GW, Grate SJ. The disease intersection of susceptibility and exposure: chemical exposures and neurodegenerative disease risk. Alzheimers Dement. 2014;10(3 Suppl):S213-25.

Haut de page