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Périnatalité

Publié le 31/03/2017

Santé de la mère

Dans un contexte d’augmentation du nombre de grossesses chez les femmes à risque, de l’accroissement de l’âge de la femme enceinte, de l’augmentation de l’obésité ou de la proportion de femmes enceintes présentant des pathologies chroniques, il est nécessaire de disposer d’indicateurs de surveillance de morbidité maternelle.

L’agence travaille sur la mise au point d’indicateurs permettant de mettre en place une surveillance des femmes présentant un diabète préexistant ou gestationnel, et une surveillance des maladies thromboemboliques de la femme enceinte.

Pathologies de la grossesse et de l'accouchement

Il existe deux formes de diabète de la femme enceinte. Le diabète pré-gestationnel (de type 1 ou 2) diagnostiqué avant la grossesse et le diabète gestationnel qui débute ou est diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. Ils sont associés à des degrés divers à un ensemble de complications ou pathologies à court et à long termes tant chez la mère (apparition ou aggravation des complications du diabète) que chez l'enfant (macrosomie, malformations congénitales, mort fœtale/néonatale etc.).
Une augmentation du diabète gestationnel liée à l’augmentation de la fréquence de ces facteurs de risque en population (surpoids/obésité et âge maternel à la conception) est prévisible.

La surveillance du diabète de la femme enceinte : le rôle de Santé publique France

En 2015, l'InVS (devenu Santé publique France en mai 2016) a mis en place un système de surveillance du diabète gestationnel et pré-gestationnel. Ce projet est porté conjointement par le programme de surveillance périnatale et le programme de surveillance du diabète. Dans ce contexte, sont développés des indicateurs permettant une surveillance du diabète de la femme enceinte et de ses complications et comorbidités fœtales et maternelles à partir de deux échantillons issus des bases médico-administratives du Système national d'information interrégimes d'assurance maladie (Sniiram) [Échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) et la base des données de consommation inter-régimes (DCIR)], et du Programme de médicalisation des systèmes d'informations médicales en médecine, chirurgie et obstétrique (PMSI MCO).

La prévalence nationale du diabète gestationnel et du diabète pré-gestationnel, et leurs évolutions peuvent être estimées à partir des deux bases médico-administratives : la base de données DCIR et la base PMSI MCO. Le chaînage mère-enfant des données DCIR au PMSI permet de décrire les comorbidités maternelles, les caractéristiques à la naissance des nouveau-nés, d’estimer la fréquence des complications fœtales et néonatales chez l’enfant. Il est également possible d’étudier les disparités socio-économiques (grâce aux indices de désavantage social) et géographiques de la prévalence du diabète gestationnel et du diabète pré-gestationnel et des complications associées.

La maladie veineuse thromboembolique (MVTE) regroupe la thrombose veineuse et sa complication immédiate, l’embolie pulmonaire. L’hypercoagulabilité de la femme enceinte la protège d’hémorragies massives lors de la délivrance, mais constitue un risque de complication thromboembolique pendant la grossesse. L'InVS (devenu Santé publique France en mai 2016) a réalisé, en 2015, une étude permettant de définir des indicateurs de morbidité liée à la MVTE chez la femme enceinte et en post-partum à partir des bases médico-administratives (PMSI-MCO, DCIR).

Morbidité maternelle sévère et mortalité maternelle

En absence d’une définition de la morbidité maternelle sévère (MMS), le groupe Euro-Peristat a retenu comme indicateurs de la MMS, les pathologies les plus fréquemment responsables de décès maternels (l’éclampsie et l’hémorragie sévère du post-partum), ainsi que l’admission des femmes en réanimation ou en unités de soins intensifs.

Le premier indicateur produit est le taux d’admissions en réanimation et/ou en unité de soins intensifs durant la période périnatale (grossesse, accouchement et post-partum).  Cet indicateur a vocation à être produit de façon régulière.

L’identification des évènements à l’origine d’une hospitalisation en réanimation ou en soins intensifs permettrait d’améliorer la prise en charge de la grossesse.

Ce projet exploitant les données du PMSI est réalisé en collaboration avec l’équipe de recherche en épidémiologie obstétricale, périnatale et pédiatrique (EPOPé) de l’Inserm.

Les autres projets ont comme objectif de décrire la répartition des principales pathologies à l'origine des hospitalisations en réanimation et/ou en soins intensifs.

Ces évènements graves peuvent entrainer le décès de la mère. Cet évènement est particulièrement traumatisant car il survient chez une femme jeune, généralement en bonne santé, et de manière inattendue.

L’étude des décès maternels permet d’identifier des situations à risque et de préconiser des recommandations pour une meilleure prise en charge des mères.

Santé publique France participe au dispositif de recensement et d’analyse des décès maternels mis en place et géré par l’Inserm (équipe EPOPé) en pilotant le Comité national d’experts sur la mortalité maternelle (CNEMM). Le rôle du CNEMM est d'examiner en détail les circonstances de chaque décès observé et de statuer sur le lien direct ou indirect entre le décès et la grossesse, et sur le caractère évitable du décès.

En savoir plus : Morbi-mortalité maternelle. L’état de santé de la population en France. Rapport. Ed.Drees. 2015. p.166-7.

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