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Troubles du sommeil

Publié le 16/02/2016

Données de surveillance

Les troubles du sommeil

L’enquête ESPS : troubles du sommeil chez les 16 ans et plus

Les résultats de l’Enquête santé et protection sociale (ESPS) 2008 confirment la fréquence des troubles du sommeil en France : plus d’une personne sur trois (34 %) déclarait la présence de tels troubles au moins trois nuits par semaine. Les femmes étaient plus concernées que les hommes (prévalence respective 39 % et 29 %).
La fréquence des troubles augmentait avec l’âge, passant de 22 % chez les 16-24 ans à 44 % après 75 ans. Les moins de 25 ans mettaient au premier plan les difficultés d’endormissement ; les réveils nocturnes fréquents étaient le trouble le plus fréquemment déclaré par leurs aînés et constituait le symptôme prédominant tous âges confondus.
Une personne sur cinq déclarant des troubles du sommeil présentait une insomnie chronique accompagnée d’un retentissement diurne (fatigue ou somnolence excessive), avec une prévalence plus forte chez les femmes (22 %) que chez les hommes (15 %). Cette prévalence augmentait avec l’âge jusqu’à la classe des 45-54 ans, puis diminuait légèrement ensuite. Cette légère baisse témoigne du fait qu’en dépit de perturbations du sommeil plus fréquentes après 55 ans, une gêne fonctionnelle était moins souvent déclarée par les sujets plus âgés. Le risque d’insomnie chronique avec retentissement fonctionnel était accru chez les personnes travaillant en rythme décalé (3X8, travail de nuit, etc.) et chez les individus considérés comme les plus précaires socialement.
Moins d’un tiers des personnes souffrant d’insomnie chronique avait déjà consulté un médecin pour ce trouble et une sur cinq prenait des médicaments pour dormir alors qu’il est déconseillé d’avoir recours aux hypnotiques et anxiolytiques après la phase aiguë d’insomnie.

Pour en savoir plus

Gourier-Fréry C, Chan Chee C, Leger D. Insomnie, fatigue et somnolence : prévalence et état de santé associé, déclarés par les plus de 16 ans en France métropolitaine. Données ESPS 2008. Bull Epidémiol Hebd 2012(44-45):502-9. 

Les troubles du sommeil en situation post-traumatique

L’explosion de l’usine AZF de Toulouse – 21 septembre 2001

La cohorte santé AZF a été mise en place à la suite de l’enquête transversale menée de septembre 2002 à avril 2003 dans la population des travailleurs de l’agglomération toulousaine exposés à la catastrophe. Parmi ces derniers, 3 006 volontaires ont été inclus entre mai 2003 et juillet 2004.

A l’inclusion, 18 % des hommes de la cohorte présentaient des difficultés d’endormissement, 31 % des réveils nocturnes et 7 % des insomnies. Les prévalences étaient d’autant plus importantes que les personnes étaient proches du lieu de l’explosion. Chez les femmes, 21 % déclaraient des difficultés d’endormissement, 40 % des réveils nocturnes et 9 % des insomnies.

Quatre ans après la catastrophe, 59 % hommes et 68 % des femmes déclaraient au moins un trouble du sommeil. Le trouble le plus fréquent était l’impossibilité de se rendormir après s’être réveillé la nuit (hommes : 46 % ; femmes : 57 %), suivi de difficultés à s’endormir (31 % et 38 %) puis des réveils matinaux sans pouvoir se rendormir (41 % et 44 %). Quel que soit le trouble déclaré, les symptômes ont eu tendance à s’aggraver au cours de l’année précédant le remplissage du questionnaire.

Pour en savoir plus

Diène E, Cohidon C, Carton M. Conséquences sanitaires de l'explosion survenue à l'usine "AZF" le 21 septembre 2001. Rapport sur la phase d'inclusion de la cohorte des travailleurs de l'agglomération toulousaine (cohorte santé "AZF"). Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2007. 64 p. 

Diène E, Cohidon C, Carton, M, Fouquet A. Cohorte des travailleurs de l'agglomération toulousaine. Cohorte santé "AZF". Principaux résultats de l'année de suivi mai 2004-avril 2005 (année T2). Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2009. 38 p. 

Diène E, Cohidon C, Carton M, Fouquet A. Cohorte des travailleurs de l'agglomération toulousaine. Cohorte santé "AZF". Principaux résultats de l'année de suivi mai 2005-avril 2006 (année T3). Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2010. 44 p. 

La tempête Xynthia, 27-28 février 2010, Charente-Maritime et Vendée

La tempête Xynthia a touché lourdement une partie du littoral vendéen et charentais durant la nuit du 27 ou 28 février 2010 entrainant la mort de plus de 41 personnes et inondant près de 5000 maisons. L’InVS a estimé l’impact de la tempête Xynthia sur la consommation de médicaments psychotropes, dont les hypnotiques, somnifères utilisés pour les troubles du sommeil, par les résidents des 15 communes les plus impactées.

Cette étude a montré une augmentation de 50 % (risque relatif : 1.53 IC [1.31-1.67] des nouveaux consommateurs de somnifères dans les trois semaines qui ont suivi la tempête. Cela représente un excès de 118 traitements de somnifères durant ces trois semaines.

En savoir plus

Motreff Y, Pirard P, Goria S et al. Increase in Psychotropic Drug Deliveries after the Xynthia Storm, France, 2010. Prehospital and Disaster Medicine 2013; 28(5)1-6.

Le syndrome d’apnées du sommeil          

En population générale, d’après l’analyse des données du module Sommeil de l’Enquête santé et protection sociale (ESPS) 2008, la prévalence des symptômes évocateurs de syndrome d’apnées du sommeil (SE-SAS, ronflements fréquents associés à des apnées constatées ou à une somnolence diurne) était de 4,9 %, plus élevée chez les hommes (7,3 %) que chez les femmes (2,8 %). Elle était également plus élevée chez les hypertendus (8,4 %), chez les diabétiques (10,5 %) et les personnes obèses (11,5 %). Seuls 15 % des personnes présentant des SE-SAS avait déclaré avoir déjà bénéficié d’un enregistrement du sommeil. La prévalence du SAS diagnostiqué était de 2,4 %.
Parmi les 3 894 diabétiques de type 2 ayant répondu à l’auto-questionnaire inséré dans l’étude Entred 2007, la prévalence des SE-SAS était de 16 % et 11,5 % d’entre eux avaient déjà bénéficié d’un enregistrement du sommeil. Le SAS avait été diagnostiqué chez 9 % des diabétiques répondants (hommes 11 %, femmes 6 %).
Le SAS apparaît ainsi largement méconnu et sous-diagnostiqué.

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