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Troubles du sommeil

Publié le 16/02/2016

Point sur les connaissances

Le sommeil, indispensable à la santé physique et psychique

Le sommeil joue un rôle fondamental sur la santé, le bien-être au quotidien et l’équilibre physique et psychologique. Il participe à l’activation des défenses immunitaires, à l’ajustement de nombreuses sécrétions hormonales, au maintien de l’équilibre énergétique et métabolique, aux processus de mémorisation, à la lutte contre l’anxiété et à l’équilibre affectif. Les troubles du sommeil affectent ainsi le fonctionnement de l’organisme et du psychisme, pesant sur de nombreux aspects de la vie sociale et professionnelle (accidents de travail, absentéisme, accidents de la route...). La comorbidité avec les troubles anxio-dépressifs a fréquemment été mise en évidence.

La forte diversité des troubles du sommeil

Les troubles du sommeil recouvrent des situations très diverses. La Classification internationale de ces troubles (ICSD, 3e édition, 2014), établie par l’American Academy of Sleep Medicine (www.aasmnet.org), distingue sept grandes catégories :

  • les insomnies ;
  • les troubles respiratoires du sommeil (syndromes d’apnées centrales du sommeil, syndromes d’apnées obstructives du sommeil, syndromes d’hypoventilation) ;
  • les troubles moteurs du sommeil (syndrome des jambes sans repos…) ;
  • les troubles centraux d’hypersomnolence (hypersomnies, narcolepsie)  ;
  • les troubles du rythme circadien ;
  • les parasomnies (somnambulisme, cauchemars, terreurs nocturnes) ;
  • les autres troubles du sommeil.

Selon le Baromètre santé 2010 réalisé par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), le temps de sommeil moyen des 15-85 ans est de 7h13, plus élevé chez les femmes (7h18) que chez  les hommes (7h07). L’insomnie chronique affecte 15,8 % des 15-85 ans : 19,3 % des femmes et 11,9 % des hommes. Quel que soit l’âge, les femmes sont plus souvent insomniaques que les hommes. La part d’insomnie chronique est stable avec l’âge parmi les femmes, autour de 19 %, tandis qu’elle augmente chez les hommes, de 3 % à 15-19 ans à 18 % à 45-54 ans, avant de diminuer à 8 % au-delà de 65 ans.
Conséquence d’un temps de sommeil insuffisant, la somnolence diurne affecte 7 % de la population d’après une enquête menée en 2011 par l’Institut du sommeil et de la vigilance, avec des conséquences directes sur la santé publique. Un décès sur trois sur la route est ainsi lié à un endormissement au volant. La prévalence des troubles moteurs ou respiratoires du sommeil n’est pas négligeable : 5 à 7 % de la population générale souffre d’apnées du sommeil (15 % après 70 ans) et 8,4 % présente un syndrome des jambes sans repos, dont 2 % de formes sévères et très sévères.

Pour en savoir plus :

Richard JB, Beck F, Léger D. Le sommeil des 15-30 ans. In : Les comportements de santé des jeunes. Analyses du Baromètre santé 2010. Saint-Denis: Inpes; 2013. 

Beck F, Richard JB, Léger D. Prévalence et facteurs sociodémographiques associés à l'insomnie et au temps de sommeil en France (15-85 ans). Enquête Baromètre santé 2010 de l'Inpes, France. Bull Epidémiol Hebd 2012;(44-45):497-501. 

Giordanella JP. Rapport sur le thème du sommeil. Paris: Ministère de la Santé et des Solidarités; 2006. 401 p. 

L’insomnie, le plus fréquent des troubles du sommeil

L’insomnie est le plus fréquent des troubles du sommeil. Sa définition précise n’est cependant pas aisée. En effet, l’insomnie ne correspond pas à une structure "pathologique" du sommeil. Il s’agit d’un ressenti subjectif qui recouvre des difficultés d’endormissement, des réveils nocturnes fréquents ou un réveil trop précoce sans possibilité de se rendormir, ou encore un sommeil non réparateur. Ces troubles, sources de souffrance, ont des répercussions sur le fonctionnement diurne (fatigue, baisse d’attention, de concentration ou de mémoire, somnolence, irritabilité, etc.) propre à chaque individu. L’étude de l’insomnie est ainsi avant tout basée sur le recueil d’informations subjectives et déclaratives.
Selon la Classification internationale des troubles du sommeil, le diagnostic de l’insomnie se fait essentiellement à partir d’une plainte du patient (difficultés à s’endormir ou à maintenir le sommeil, réveils fréquents, sommeil non réparateur…). La classification américaine des maladies mentales (DSM-IV) retient les mêmes critères de définition de l’insomnie primaire dès que la durée des troubles excède un mois.
En pratique, les cliniciens font essentiellement la différence entre les insomnies aiguës et les insomnies chroniques. Les premières, dites insomnies "d’ajustement", durent généralement de quelques jours à trois mois maximum ; elles peuvent être liées à des événements de vie ponctuels ou à des situations nouvelles stressantes. Les insomnies qui persistent au-delà de trois mois sont définies comme chroniques.
Selon un état des lieux, publié en 2011, concernant toutes les études épidémiologiques menées en population générale sur la prévalence et les facteurs associés à l’insomnie (six études spécifiques entre 1987 et 2003), ce trouble concerne 12 à 20 % de la population en France. Les femmes déclarent systématiquement plus de troubles de sommeil que les hommes.

Pour en savoir plus :

Chan-Chee C, Bayon V, Bloch J, Beck F, Giordanella JP, Leger D. Épidémiologie de l’insomnie en France : état des lieux. Rev Epidemiol Sante Publique. 2011;59:409-22.

Le syndrome d’apnées du sommeil                                                          

Le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) est caractérisé par des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil. Ces arrêts de la respiration ou ces diminutions du flux respiratoire sont provoqués par un relâchement musculaire au niveau du pharynx pendant la nuit. Il en résulte une baisse de la circulation de l’air et un ronflement dû aux vibrations de l’air. Les apnées, répétées plusieurs dizaines de fois dans la nuit, sont responsables d’un sommeil de mauvaise qualité.
Le SAS est connu pour être associé à un risque accru de pathologies cardiovasculaires (hypertension artérielle, infarctus, AVC) et de diabète. Une augmentation du risque d’accidents liés à la somnolence diurne est également décrite.

Pour en savoir plus : dossier thématique syndromes d'apnées du sommeil.

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