Fermer



Hépatite C

Publié le 16/05/2011 - Dernière mise à jour le 14/05/2018

Autres données épidémiologiques

Prévalence

En population générale métropolitaine de 18-80 ans, la prévalence de l’hépatite C en 2011 a été estimée par modélisation à :

  • 0,75% [ICr95% : 0,62-0,92] pour les anticorps anti-VHC, correspondant à 344 500 [ICr95% : 287 373-423 549] personnes ayant été infectées par le VHC
  • 0,42% [ICr95% : 0,33-0,53] pour l’ARN VHC, correspondant à 192 700 [150 935-246 055] personnes ayant une infection chronique.

Bien que les intervalles de confiance des deux périodes, se chevauchent et que les méthodologies soient différentes, ces estimations tendent à diminuer par rapport à celles estimées à partir de l’enquête nationale de prévalence des hépatites B et C conduite en 2004 dans la population de France métropolitaine âgée de 18 à 80 ans :

  • 0,84% (IC95 % : 0,65-1,10) pour les anticorps anti-VHC, correspondant à 367 055 personnes (IC95 % : 269 361-464 750) ayant été infectées par le VHC
  • 0,53% (IC95% : 0,40-0,70) pour l’ARN VHC, correspondant à 232 196 personnes (IC95 %: 167 869–296 523) ayant une infection chronique.

L’estimation pour 2011 constitue un point avant l’arrivée des nouveaux traitements contre l’hépatite C et sera utile pour mesurer l’impact de ceux-ci lorsqu’elle sera renouvelée.

Pioche C, Pelat C, Larsen C, Desenclos JC, Jauffret-Roustide M, Lot F, et al. Estimation de la prévalence de l’hépatite C en population générale, France métropolitaine, 2011. Bull Epidemiol Hebd. 2016;13-14:224-30.

Prévalence des hépatites B et C en France en 2004. Saint Maurice : Institut de veille sanitaire; 2006. 176 p.

Septfons A, Gautier A, Brouard C, Bernillon P, Nicolau J, Larsen C. Prévalence, morbidité et mortalité associées aux hépatites B et C chroniques dans la population hospitalisée en France, 2004-2011. Bull Epidemiol Hebd 2014;12:202-9.

Prise en charge : données sur les Affections de longue durée 

Les personnes ayant une infection chronique par les virus des hépatites B et C, peuvent, sous certaines, conditions, bénéficier du dispositif des Affections de longue durée (ALD) des régimes d’Assurance maladie au titre de l’ALD6 (Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses). Ce dispositif permet, sur demande du médecin traitant et dans le cadre d’un protocole de soins, l’exonération du ticket modérateur pour les actes et prestations nécessités par le traitement de l’affection.

Relèvent d'une exonération du ticket modérateur, les hépatites virales C prouvées par la présence de l'ARN du virus de l'hépatite C (VHC) dans le sérum et :

  • une indication de bilan initial de sévérité de l'affection ;
  • la nécessité d'un traitement antiviral ou d'un suivi prolongé.

L'exonération est accordée pour une durée initiale de cinq ans, renouvelable par période de 10 ans si le patient reçoit un traitement antiviral. L'apparition de séquelles graves dont le lien de causalité avec le traitement est établi conduit à la reprise de l'exonération du ticket modérateur (HAS, Actes et prestations de l’affection de longue durée n°6, hépatite chronique C, juillet 2017).

Les analyses portant sur le nombre de personnes bénéficiant de l’ALD 6 pour une hépatite chronique C (code B182) au 31 décembre d’une année donnée sont réalisées à partir des données individuelles du SNIIRAM SNDS. Les données 2016 portent sur tous les régimes et pour la France entière. Les données permettant des comparaisons historiques (années 2010 à 2016) concernent les régimes suivants : régime général, BDF (Caisse de prévoyance maladie de la Banque de France et caisse de réserve des employés de la Banque de France), CAMIEG (Caisse d’assurance maladie des industries électriques et gazières), CAVIMAC (Caisse d’assurance vieillesse invalidité et maladie des cultes), CNMSS (Caisse Nationale Militaire de Sécurité Sociale), CRPCEN (Caisse de retraite et de prévoyance des clercs et employés de notaires), sections locales mutualistes pour la France entière.

Selon les données du SNIIRAM SNDS couvrant l’ensemble des régimes en France entière, le nombre de personnes en ALD 6 pour une hépatite chronique C est de 79 300 personnes en 2016. Les données historiques disponibles (données régime général, sections locales mutualistes, BDF, CAMIEG, CNMSS, CRPCEN) montrent une diminution annuelle comprise entre 3% et 6% depuis 2013 alors que le nombre de personne en ALD était en augmentation les années précédentes. Entre 2013 et 2016, cette diminution est de l’ordre de 40% chez les personnes âgées de 20 à 49 ans. Cette diminution pourrait être liée en partie à l’impact des nouveaux traitements ayant induit la guérison d’un certain nombre de personnes.

Rapporté à la population, le nombre de bénéficiaires d’une ALD pour une hépatite chronique C en 2016 (tous régimes) est de 119 pour 100 000 habitants, plus de deux fois plus élevé en métropole (120 / 100 000) que dans les DROM (52 / 100 000) comprenant Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

En 2016, 58% des personnes en ALD pour une hépatite chronique C étaient des hommes. Les classes d’âges les plus représentées étaient, pour les hommes, les 50-59 ans (44%) puis les 40-49 ans (20%) et, pour les femmes, les 50-59 ans (29%) puis les 60-69 ans (24%) (Figure 1).

Figure 1 - Distribution par sexe et classe d'âge des personnes en ALD pour hépatite chronique C au 31 décembre 2016, France entière (SNIIRAM SNDS, tous régimes)

Figure 1 - Distribution par sexe et classe d'âge des personnes en ALD pour hépatite chronique C au 31 décembre 2016, France entière (SNIIRAM SNDS, tous régimes)

Source : SNIIRAM SNDS, tous régimes, France entière (Extraction avril 2018). Exploitation : Santé publique France. 

Figure 2 - Nombre de personnes en affection longue durée au 31 décembre 2016 pour une hépatite chronique, pour Hépatite chronique C et hépatite chronique B, régime général, Sections locales mutualiste, BDF, CAMIEG, CAVIMAC, CNMSS, CRPCEN, RG, SLM France entière

Figure 2 - Nombre de personnes en affection longue durée au 31 décembre 2016 pour une hépatite chronique, pour Hépatite chronique C et hépatite chronique B

Sources : SNIIRAM SNDS,  Régimes : régime général, Sections locales mutualiste, BDF, CAMIEG, CAVIMAC, CNMSS, CRPCEN, RG, SLM, France entière (Extraction avril 2018). Exploitation : Santé publique France
Les codes CIM10 utilisés sont :
- Hépatite chronique C : B182
- Hépatite chronique B : B180, B181
- Total hépatite chronique : B18, B180, B181, B182, B188, B189
Seules les données de la CnamTS et de la MSA permettent  de différencier l’hépatite chronique C de l’hépatite chronique B.

Les données par région sont présentées dans la rubrique « indicateurs régionaux de surveillance de l’hépatite C » .

Traitement par antiviraux directs

Depuis fin 2013, le traitement des hépatites chronique C a connu une évolution thérapeutique majeure avec l’arrivée des antiviraux d’action directe (AAD) qui permettent un pourcentage de guérison de l’infection pour plus de 90% des patients avec un meilleur profil de tolérance et des durées de traitement plus courtes que celles des traitements plus anciens. En janvier 2016, la Ministre de la Santé a annoncé l’ouverture de l'accès universel aux nouveaux traitements de l'hépatite C [1]. La Haute Autorité de Santé (HAS), en décembre 2016, a rendu un avis favorable pour une extension du traitement par AAD aux patients asymptomatiques dont le stade de fibrose est F0 ou F1. Le traitement des personnes les moins atteintes vise à ralentir l’évolution de la fibrose hépatique, à prévenir ses complications, à éviter les manifestations extra-hépatiques et à limiter la transmission du virus  [2]. Une augmentation des initiations de traitement par AAD devrait donc être observée sur les prochaines années.

Les données du Sniiram (DCIR, Datamart consommation inter-régime et PMSI)  permettent d’estimer les initiations de traitement VHC par antiviraux à action directe de seconde génération pour les années 2013, 2014 et 2015. Ces données incluent les données de remboursement tous régimes confondus. Les données ne permettent pas distinguer les initiations dans les différents DOM.

Selon ces données, un traitement par AAD de seconde génération a été initié chez 40 personnes en 2013, 8 700 en 2014 et 14 650 en 2015. Etant donné que plusieurs traitements ont pu être initiés chez une même personne au cours de la période, il est estimé qu’un traitement a été initié chez 22 600  personnes entre 2014 et 2015 et 20 300 ont été guéries [3]. Rapporté à la population, on estime à 13/100 000 habitants, le nombre de personnes ayant initié un traitement par AAD de seconde génération en 2014 et 22 / 100 000 habitants en 2015. Dans les DOM, ces estimations sont 7/100 000 habitants en 2014 et 12/100 000 habitants en 2015.

Les données par région sont présentées dans la rubrique « indicateurs régionaux de surveillance de l’hépatite C » .

[1] Journée nationale de lutte contre les hépatites virales, 25 mai 2016, ministère des affaires sociales et de la Santé. http://social-sante.gouv.fr/actualites/presse/discours/article/discours-de-marisol-touraine-journee-de-lutte-contre-les-hepatites-virales.

 [2] Haute Autorité de Santé (HAS). La HAS est favorable à l’élargissement du traitement de l’hépatite C et encadre les conditions. http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2729447/fr/la-has-est-favorable-a-l-elargissement-du-traitement-de-l-hepatite-c-et-en-cadre-les-conditions?cid=r_1437833

[3] Brouard C, Boussac-Zarebska M, Silvain C, Durand J, De Ledinghen V, Larsen C, Pillonel J, Delaroc-Astagneau. Rapid and large implementation of HCV treatment advances in France, 2007 to 2015. EASL. Amsterdam. Avril 2017.

[4]  Assurance maladie. Les antiviraux à action directe (AAD) dans le traitement de l’hépatite C : retour sur 18 mois de prise en charge par l’Assurance Maladie. Points de repère 2016 ; 44. http://urlz.FR/3Rw5

Mortalité

Une enquête sur la mortalité liée au virus de l’hépatite C a permis d’estimer qu’en France métropolitaine, en 2001 :

  • le nombre de décès associés au VHC était de 3618 (IC 95% : 2499-4735), correspondant à un taux de mortalité de 6,1 pour 100 000 habitants (IC 95% : 4,2-8,0)
  • le nombre de décès imputables au VHC était de 2646 (IC 95% : 641-3 650), correspondant à un taux de mortalité de 4,5 pour 100 000 habitants (IC 95% : 2,8-6,2).
  • le stade de la maladie au moment du décès est au moins une cirrhose dans 95% des cas et un carcinome hépatocellulaire sur cirrhose dans 33% des cas.

Une analyse des données du Programme de médicalisation des systèmes d'information en médecine, chirurgie, obstétrique et hospitalisation à domicile (PMSI MCO - HAD) du PMSI MCO et HAD a permis d’estimer la mortalité intra-hospitalière associée aux hépatites B et C sur la période 2004-2011.

Septfons A, Gautier A, Brouard C, Bernillon P, Nicolau J, Larsen C. Prévalence, morbidité et mortalité associées aux hépatites B et C chroniques dans la population hospitalisée en France, 2004-2011. Bull Epidemiol Hebd 2014;12:202-9

Haut de page