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Hépatite D

Publié le 07/12/2009 - Dernière mise à jour le 17/05/2011

Aide-mémoire

Le virus responsable de l’hépatite Delta (VHD) est un petit virus à ARN, classé dans le genre Deltavirus. Il a la particularité d’être satellite du virus de l’hépatite B (VHB) dont il emprunte l’antigène de surface. Le VHD est acquis, soit simultanément avec le VHB, soit lors de la surinfection d'un malade déjà porteur de ce virus. L'épidémiologie et le mode de transmission du VHD sont donc calqués sur ceux du VHB puisqu'il ne peut être infectieux qu’en présence de celui-ci.

La prévalence de l’infection par le VHD est estimée globalement à 5 % des sujets porteurs de l’antigène HBs (AgHBs). Ainsi, environ 350 millions de personnes sont des porteurs chroniques du VHB dans le monde, et on estime donc actuellement à 17,5 millions le nombre de sujets infectés par le VHD. L'infection par le VHD est endémique dans les régions tropicales et subtropicales ; dans les pays à faible prévalence du portage de l’AgHBs (Europe du Nord et de l’Ouest ou en Amérique du Nord), on ne rencontre que des formes sporadiques.
Les modes de contamination du VHD sont identiques à ceux du VHB, toutefois la contamination se fait essentiellement par voie parentérale. Il semble que la transmission par voie sexuelle soit moins efficace que dans le cas du VHB et la transmission de la mère au nouveau-né est rare et mal documentée, de même que la transmission intrafamiliale. Le groupe à risque majeur est constitué par les toxicomanes par voie veineuse, chez qui la prévalence de l’infection peut atteindre 20 à 53 %. En revanche, chez les sujets porteurs du VHB à la suite d'une contamination à la naissance ou pendant la première enfance, il n'y a pas ou très peu de co-infection.

Les formes cliniques de l’infection sont différentes selon qu’il s’agit d’une co-infection VHD-VHB ou d’une surinfection par le VHD d’un patient déjà infecté par le VHB. La co-infection VHB-VHD chez un patient auparavant indemne d’infection par le VHB est le plus souvent responsable d’une hépatite aiguë. Toutefois, ces hépatites aiguës peuvent être plus sévères qu’une hépatite aiguë due au seul VHB et être fulminantes. Dans le cas d’une surinfection par le VHD, la réactivation de l’hépatite chronique survient dans 50 à 70 % des cas, entraînant des lésions hépatiques rapidement sévères voire une forme fulminante. La surinfection aggrave le pronostic avec un passage à la cirrhose plus précoce que celle observée avec le seul VHB (dans un délai de 10 ans chez 70 % des patients). De même, les carcinomes hépatocellulaires (cancers primitifs du foie) seraient plus précoces et plus fréquents que lors des infections isolées par le VHB, et il n’est pas exclu que le VHD ait un effet oncogénique direct.

Il n’existe pas actuellement de traitement spécifique efficace vis-à-vis du VHD. La prophylaxie est la vaccination anti-VHB et, en l’absence de moyen spécifique pour prévenir une surinfection par le VHD, la seule protection chez un sujet déjà porteur du virus B en est la prévention primaire (mesures d’hygiène et de prévention liées au mode de contamination).

Dossier Hépatite D

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