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Hépatites virales - Généralités

Publié le 07/12/2009 - Dernière mise à jour le 18/05/2016

Aide-mémoire

Cinq virus identifiés

Depuis la découverte des virus de l’hépatite A (VHA), puis de l’hépatite B (VHB) au cours des années 1960, la connaissance sur les hépatites virales a fait des progrès considérables. Le virus de l’hépatite delta (VHD), qui présente la particularité d’être un « satellite » de l’hépatite due au VHB, a été mis en évidence dans les années 1990. Au début des années 1990, les virus des hépatites C (VHC) et E (VHE), responsables d’hépatites longtemps classées non A-non B, ont été caractérisés grâce à la biologie moléculaire.

Ces cinq virus ont tous un tropisme pour les cellules du foie (hépatocytes). Autrement dit, leur principal point commun est leur capacité à infecter les hépatocytes et à s’y multiplier. Face à cette infection, le système immunitaire de l’hôte réagit, entraînant une destruction des cellules infectées du foie et une inflammation (hépatite). Les symptômes de l’hépatite sont un jaunissement de la peau et des yeux (ictère), des urines foncées, une fatigue extrême, des nausées ou vomissements et des douleurs abdominales. Ces symptômes sont similaires, que l’hépatite soit d’origine virale (la majorité) ou toxique (alcool, certains médicaments).
Les virus des hépatites diffèrent par la nature de leur matériel génétique (virus à ARN ou à ADN), leur mode de transmission, les signes cliniques et la sévérité de la maladie qu’ils induisent.

Hépatites virales A et E

Le VHA et le VHE sont responsables d’hépatites aiguës. L’incidence de l’hépatite A aiguë est faible dans les pays où les conditions d’hygiène sont bonnes. Dans les pays à faible niveau d'hygiène, l’hépatite E est une cause très fréquente d’hépatite aiguë clinique. Dans les pays industrialisés, elle est responsable de cas importés à la suite d’un séjour dans un pays avec un niveau insuffisant d’hygiène collective ou de cas autochtones en dehors de tout séjour. L’hépatite A est le plus souvent asymptomatique chez l’enfant mais fréquemment symptomatiques et parfois sévères chez l’adulte. Dans la très grande majorité des cas, l’hépatite A et l’hépatite E évoluent spontanément vers la guérison sans séquelles. Des formes chroniques d’hépatite E ont été décrites chez les personnes immunodéprimées.

En raison de l’excrétion fécale du virus, les hépatites virales A et E sont étroitement associées au mauvais assainissement des eaux et/ou à un défaut d’hygiène personnelle, en particulier l’hygiène des mains. Leur diagnostic respectif repose sur la détection d’anticorps (IgM, IgG) spécifiques anti-VHA (hépatite A) ou anti-VHE (hépatite E) dans le sérum ou sur la détection par biologie moléculaire des virus circulants (ARN VHA et ARN VHE). L’hépatite A se transmet par contact direct d’une personne infectée à une personne réceptive (de personne à personne).

Dans les pays industrialisés, le virus de l’hépatite E se transmet par consommation de produits contaminés provenant d’animaux réservoirs du VHE (porc, sanglier, cerfs). On parle alors de zoonose c’est-à-dire une maladie se transmettant de l’animal à l’Homme.

Les hépatites virales A et E

Virus

VHA

VHE

Signes cliniques

Formes asymptomatiques ou peu symptomatiques fréquentes (70 % chez l’enfant <6 ans) puis augmentation des formes symptomatiques avec l’âge (ictère, nausées, vomissements, douleurs abdominales)

Formes sévères rares

Pas d’infection chronique

Formes asymptomatiques ou peu-symptomatiques dans plus de 50 % des cas : formes symptomatiques (ictère, nausées, vomissements, douleurs abdominales)

Formes sévères chez les sujets porteurs d'une maladie du foie, chez les femmes enceintes (dans les pays en développement)

Mode de transmission

Transmission interhumaine (de personne à personne) par voie féco-orale ou alimentaire : aliments contaminés par déjections humaines (eau, coquillages, végétaux consommés crus)

Transmission alimentaire par des produits d’origine animale provenant d’un animal infecté (porc, sanglier, cerf) ou par de l’eau ou des aliments contaminés par des féces d’origine humaine ou animale

Transmission interhumaine (de personne à personne) par voie féco-orale très peu fréquente

Prévalence

2,5 % (1-6 ans)
7 % (6-19 ans)
25,6 % (6-49 ans)

Donneurs de sang : 52 % (région Midi-Pyrénées, 2010)

Incidence

Depuis 2006, de l'ordre de 2/100 000

Centre national de référence : nombre de cas autochtones de l'ordre de 100 en 2007 à 1 800 en 2013

Mortalité / létalité

0,6 %, plus élevée chez les >60 ans et parmi ceux ayant une maladie chronique du foie

1 à 3 % chez l’adulte

Prévention

Respect des règles d’hygiène, en particulier de l’hygiène des mains

Vaccin

Respect des règles d'hygiène, en particulier de lavage des mains

Cuisson à coeur des produits à base de foie cru de porc, à base de sanglier ou de cerf

Vaccin non commercialisé en France

Hépatites virales B, delta et C : hépatites chroniques possibles

Contrairement aux VHA et VHE, le VHB et le VHC peuvent conduire à des infections chroniques qui entraînent une inflammation persistante du foie (hépatite chronique). Ces hépatites chroniques peuvent évoluer, à bas bruit ou non, vers une cirrhose ou un cancer primitif du foie (10 % des cas), des facteurs aggravants ou co-morbidités pouvant favoriser cette évolution tels qu’une consommation excessive d’alcool, des facteurs métaboliques (obésité, diabète) ou une co-infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). La co-existence d’une infection chronique par le VHB et le VHC est possible : on parle alors de co-infection VHB-VHC. Il est important de noter que quel que soit le stade aigu ou chronique de ces hépatites, les personnes atteintes peuvent transmettre ces virus en cas de contacts directs de sang à sang (VHB et VHC), ou lors de contacts sexuels non protégés (VHB).

Le diagnostic d’hépatite B repose sur la détection dans le sérum d’anticorps spécifiques anti-VHB (Ac anti-HBs, Ac anti-HBc) et d’antigènes du virus (AgHBs, AgHBe). La détection persistante (pendant au moins 6 mois) de l'AgHBs dans le sérum et/ou du virus circulant (ADN VHB) par biologie moléculaire pose le diagnostic d’hépatite B chronique.

Le diagnostic d’hépatite C repose sur la détection dans le sérum d’anticorps anti-VHC, complétée par la recherche du virus (ARN VHC) par biologie moléculaire. La détection persistante de l’ARN VHC dans le sérum pose le diagnostic d’hépatite C chronique.

Les hépatites virales B, delta et C

Virus

VHB

VHD ou delta (uniquement avec VHB)

VHC

Signes cliniques

Hépatite aiguë, très rarement symptomatique avant l'âge de 5 ans
Guérison spontanée dans 90 % des cas, mais possibles complications graves :
- hépatite fulminante (moins de 1 % des cas symptomatiques)
- hépatite chronique (2 à 10 % des cas selon l'âge) avec risque d'évolution vers une cirrhose et un cancer primitif du foie (10 % des cas environ)

Formes cliniques graves 

- Hépatite aiguë asymptomatique (90 % des cas)
- Hépatite chronique dans 55 % à 85 % des cas
- Risques d’évolution vers :
1) cirrhose, survient dans 10 à 20 % des cas après 20 à 30 ans
2) cancer primitif du foie
ou carcinome hépatocellulaire survient après la cirrhose

Mode de transmission

Transmission horizontale :
- par voie sexuelle
- par voie sanguine (contact direct avec du sang et autres liquides biologiques)

Transmission verticale de la mère à l’enfant (ou materno-fœtale)

Voie sanguine

Transmission horizontale :
- essentiellement par voie sanguine (contact direct avec du sang)
- rarement par voie sexuelle

Transmission verticale de la mère à l’enfant rare (ou materno-fœtale) (3 %)

Prévalence

En 2004, dans la population des 18-80 ans de France métropolitaine :
- Ac-anti-HBc : 7,3 %, soit 3,1 millions de personnes ayant eu un contact avec le virus de l’hépatite B
- AgHBs : 0,65 %, soit 281 000 personnes présentant une infection chronique

1/20 des personnes infectées par le VHB

En 2011, dans la population des 18-80 ans de France métropolitaine :
- Ac anti-VHC : 0,75 %, soit 344 500 personnes ayant eu un contact avec le VHC
- ARN VHC+ : 0,42 %, soit 192 700 personnes ayant une infection chronique

Incidence

Aiguë symptomatique : 0,44 pour 100 000 habitants

Environ 1000 nouvelles infections par an (incluant les formes asymptomatiques)

 

Pas de donnée en population générale

Usagers des drogues par voie intraveineuse : 9/100 personnes-année

Mortalité

En France, en 2001 :
- 1 507 décès associés au VHB, soit 2,5 décès pour 100 000 habitants
- dont 1 327 décès imputables au VHB, soit 2,2 décès pour 100 000 habitants

 

En France, en 2001 :
- 3 618 décès associés au VHC, soit 6,1 décès pour 100 000 habitants
- dont 2 646 décès imputables au VHC, soit 4,5 décès pour 100 000 habitants

Prévention

Vaccin (nourrissons, pré-adolescents, et personnes à risque)

Pas de vaccin spécifique
Le vaccin contre VHB protège contre le VHD

Pas de vaccin

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