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Réseaux et partenaires

Publié le 15/11/2017

EARS-Net France

Synthèse 2002-2016

Contribution de la France au réseau européen de surveillance de la résistance bactérienne aux antibiotiques

L’European Antimicrobial Resistance Surveillance Network (EARS-Net, anciennement EARSS) collige depuis 1998 des données sur la résistance bactérienne aux antibiotiques en santé humaine en Europe. Depuis 2010, ce réseau de surveillance est coordonné par l’ECDC.

Les bactéries cibles de cette surveillance sont Streptococcus pneumoniæ et Staphylococcus aureus depuis 1999, Escherichia coli, Enterococcus faecalis et Enterococcus faecium depuis 2001, Klebsiella pneumoniae et Pseudomonas aeruginosa depuis 2005, Acinetobacter spp depuis 2012. S. pneumoniæ est une espèce bactérienne responsable essentiellement d’infections communautaires, tandis que les autres sont aussi et surtout responsables d’infections nosocomiales.

Cette surveillance cible les souches invasives isolées d’hémoculture ou de prélèvement de liquide céphalo-rachidien (hémoculture seule pour les staphylocoques et les entérocoques). Seule la première souche d’une espèce bactérienne isolée chez un même patient est retenue sur une période annuelle de surveillance. Les données sont transmises en juin chaque année à l’ECDC par Santé publique France (anciennement dénommé Institut de veille sanitaire ou InVS), de manière standardisée par voie électronique sécurisée via le système TESSy (The Electronic Surveillance System). Les rapports sont diffusés par l’ECDC en décembre pour les données de l’année (N-1).

Pour la France, le recueil et la transmission des données couvre la France métropolitaine et fait l’objet de collaborations entre Santé publique France, le centre national de référence des pneumocoques (CNRP) et l’Observatoire National de la Résistance aux Antibiotiques (Onerba). La contribution du CNRP s’effectue pour le recueil des données S. pneumoniae à travers le réseau des observatoires régionaux du pneumocoque (ORP) qui regroupe près de 400 laboratoires. La contribution de l’Onerba s’effectue à travers trois des réseaux de laboratoires fédérés au sein de cet observatoire (Azay-résistance, Ile-de-France, REUSSIR), pour le recueil des données S. aureus, Enterococcus, E. coli,K. pneumoniae, P.aeruginosa et Acinetobacter. Le réseau Azay-résistance, regroupe une vingtaine de laboratoires de centres hospitaliers universitaires (CHU) ; le réseau Ile-de-France regroupe huit laboratoires de centres hospitaliers généraux (CHG) situés en Ile-de-France et le réseau Réussir regroupe une trentaine de laboratoires de CHU, CHG et établissements privés participant au service public hospitalier (PSPH).

Les indicateurs produits par le réseau EARS-Net sont des proportions de résistance au sein de l’espèce et, pour certains antibiotiques, des proportions de souches de sensibilité diminuée. Une proportion de souches « productrices de BLSE » est aussi produite depuis 2009 pour les souches d’entérobactéries résistantes aux céphalosporines de 3ème génération.

Pour l’année 2016, 51 laboratoires ont participé pour les réseaux de l’Onerba (réseau Azay-Résistance, réseau REUSSIR et réseau Ile-de-France) et 175 laboratoires pour le réseau ORP-CNRP.

Note : les chiffres cités sont issus du rapport EARS-Net 2016. La plupart des résultats sont donc exprimés en proportion de résistance (majoritairement souches résistantes (R) uniquement prises en compte) en cohérence avec les méthodes de ce réseau. Pour compléter ces chiffres et mieux interpréter les tendances de la France au sein de l’Europe, un second indicateur a été calculé pour 4 couples bactérie-antibiotique (P. aeruginosa et résistance aux carbapénèmes, K. pneumoniae / E. coli et résistance aux C3G, S. aureus et résistance à la méticilline) : il s’agit du rang de la France au sein de l’ensemble des pays participants au réseau EARS-Net. Plus ce rang est bas et meilleure est la place de la France en Europe.

En Résumé :

Les données du réseau EARS-Net France rapportent la poursuite de l’augmentation de la résistance des entérobactéries aux céphalosporines de 3ème génération (C3G), en particulier chez K. pneumoniae ; cette résistance est principalement en lien avec la production de bétalactamases à spectre étendu (BLSE). En 2016, 28,9 % des souches de K. pneumoniae étaient résistantes aux C3G. Après un pic à 30,5 % et au 17ième rang des pays participants en 2015, la France revient au 15ième rang, comme depuis 2008, autour du 15ème rang, signe d’une évolution sur un rythme semblable aux autres pays. En 2016, 11,2 % des souches d’E. coli étaient résistantes aux C3G, situant la France au 11ième rang des pays participants. La France occupait déjà ce rang en 2009 avec une proportion de résistance de seulement 6,7 %, signe que l’augmentation de cette résistance se retrouve dans les autres pays. En revanche, la résistance aux carbapénèmes chez les entérobactéries reste faible en France (<0,1 % pour E. coli et 0,4 % pour K. pneumoniae) alors qu’elle est maintenant supérieure à 10 % chez K. pneumoniae dans plusieurs pays du Sud-Est de l’Europe, et à 30 % dans 3 d’entre eux dont l’Italie.

Concernant les autres couples bactérie-antibiotique étudiés par le réseau EARS-Net, les résultats rapportent une résistance aux carbapénèmes chez Acinetobacter spp. en 2016 de 7,1 %, en France avec une évolution difficile à interpréter compte tenu du nombre limité de souches concernées. Ceci situe néanmoins la France très en dessous de la valeur moyenne (35,1 %) et des pays du Sud Est de l’Europe ou cette résistance dépasse les 60 %. La résistance aux carbapénèmes chez P. aeruginosa reste à un haut niveau depuis 2009 (>15 % des souches, 16,5 % en 2016) avec des évolutions difficiles à interpréter entre 14 % et 19 %.

D’autres résultats sont plus favorables. Pour les entérocoques, les proportions de résistances pour les couples bactérie-antibiotique étudiés sont stables avec une résistance aux glycopeptides qui se maintient à des niveaux très faibles. La résistance à la méticilline chez S. aureus continue à diminuer. Toutefois, malgré une diminution de 33 % en 2002 à 14 % en 2016, la France n’a gagné que deux rangs en Europe, signe que cette résistance diminue plus vite dans d’autres pays tel que le Royaume Uni. Enfin, les sensibilités diminuées à la pénicilline et aux macrolides chez S. pneumoniae ont diminué plusieurs années jusqu’en 2011-2013, mais se sont stabilisées depuis voir tendent à augmenter en 2016. Elles sont donc à surveiller.

Synthèse  [pdf - 899,41 Ko]
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