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Résistance aux anti-infectieux

Publié le 18/11/2011 - Dernière mise à jour le 15/11/2017

Enquêtes et études

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    L’étude Burden BMR réalisée par Santé publique France en 2014-2015 avait pour objectif d’estimer le poids en santé publique (morbidité, mortalité) des infections à BMR en France.
    Sept BMR ont été retenues pour cette étude : Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM), entérocoques résistants à la vancomycine, Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae résistant aux céphalosporines de 3e génération (C3G), K. pneumoniae, Acinetobacter spp. et Pseudomonas aeruginosa résistant aux carbapénèmes. L’incidence des infections invasives dues à ces BMR (données EARS-Net, 2012) a été redressée et extrapolée aux autres sites infectieux, et la mortalité attribuable à ces infections estimée en utilisant des ratios issus de la littérature. Méthodes et paramètres ont fait l’objet d’une relecture critique par un groupe d’experts. L’étude rapporte qu’en France, 158 000 (127 000 à 245 000) infections à BMR sont survenues en 2012, dont près de 16 000 infections invasives. Les SARM et entérobactéries résistantes aux C3G étaient responsables de 119 000 (90 000 à 172 000) infections, soit 75 % (70 à 75 %) du total. Le nombre de décès attribués à ces infections était de 12 500 (11 500 à 17 500), dont 2 700 liés à des infections invasives.
    Cette étude fournit pour la première fois une estimation du poids des infections à BMR en France et confirme que les infections à SARM et entérobactéries résistantes aux C3G en représentent la plus grande part. Cette étude souligne le besoin de renforcer la mobilisation autour de cette problématique de façon durable.

    Colomb-Cotinat M, Lacoste J, Brun-Buisson C, Jarlier V, Coignard B, Vaux S. Estimating the morbidity and mortality associated with infections due to multidrug-resistant bacteria (MDRB), France, 2012.  Antimicrobial Resistance & Infection Control 2016. 

    Colomb-Cotinat M, Lacoste J, Coignard B, Vaux S, Brun-Buisson C, Jarlier V. Morbidité et mortalité des infections à bactéries multi-résistantes aux antibiotiques en France en 2012. Étude Burden BMR, rapport - Juin 2015. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2015. 21 p.

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    L’étude Druti (Infections urinaires à bactéries résistantes aux antibiotiques diagnostiquées en médecine générale) a été conduite au cours de l'année 2012 en collaboration avec le réseau Sentinelles. Elle a permis d’estimer l'incidence des femmes avec une infection urinaire (IU) à E. coli résistant aux fluoroquinolones et à E coli résistant aux C3G pour 100 femmes consultant un médecin généraliste pour suspicion d'IU au cours d'une année. Elle a montré que les IU à E coli communautaires vraies résistants aux C3G ou producteurs de BLSE sont rares en France et que leur diffusion reste essentiellement une problématique hospitalière.
    L’étude comporte aussi un volet sur les facteurs de risque des IU à E. coli résistant aux FQ et un volet socio-économique pour mieux orienter la prévention de ces infections. Ces différents volets sont en cours de valorisation.
    Etude conduite dans le cadre du partenariat entre le Réseau Sentinelles et Santé publique France.

    Rossignol L, Maugat S, Blake A, Vaux S, Heym B, Le Strat Y, Kernéis S, Blanchon T, Coignard B, Hanslik T. Risk factors for resistance in urinary tract infections in women in general practice: A cross-sectional survey. J Infect. 2015 Sep;71(3):302-11. doi: 10.1016/j.jinf.2015.05.012. Epub 2015 Jun 6.

    Blake A, Rossignol L, Maugat S, Vaux S, Heym B, Le Strat Y, Blanchon T, Hanslik T, Coignard B. DRUTI (Drug Resistance in community Urinary Tract Infections) : résistance aux antibiotiques des infections urinaires communautaires, France, 2012. Communication Orale Congrès 33e Réunion Interdisciplinaire de Chimiothérapie Anti-infectieuse (RICAI). 21 et 22 novembre 2013, Paris

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    Les enquêtes nationales de prévalence des infections nosocomiales conduites tous les 5 ans depuis 1996 sont l’occasion d’un large recueil du caractère de résistance aux antibiotiques de certaines espèces bactériennes isolées d’infections nosocomiales. Depuis 2001, elles sont aussi l’occasion d’un recueil des prescriptions d’antibiotiques un jour donné dans un grand nombre d’établissements de santé français. Lors de l’enquête conduite en 2012, la proportion de patients traités par antibiotiques un jour donné restait élevée : globalement un patient sur six, un patient sur quatre en court séjour et un sur deux en réanimation. Au sein des 1 718 établissements ayant participé aux études de 2006 et de 2012, ces prévalences sont restées stables. En terme de prévalence des patients infectés à bactéries multirésistantes aux antibiotiques, l'analyse restreinte 1 718 ES ayant participé aux deux enquêtes (2006 et 2012), montre que la prévalence des patients infectés à SARM a diminué de 50 % alors que la prévalence des patients infectés à entérobactéries résistantes aux céphalosporines de 3e génération a augmenté de 38 %.

    Enquêtes nationales de prévalence des infections nosocomiales

    Maugat S, Thiolet JM, L’Hériteau F, Gautier C, Tronel H, Metzger MH, Jarno P, Lacavé L, Coignard B. pour le groupe de travail Raisin ENP 2006. Prévalence des traitements antibiotiques dans les établissements de santé, France 2006. Bull Epidemiol Hebd 2007;51-52:432-7.

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    En France, près de 90 % de la consommation humaine d’antibiotiques est relative à des infections diagnostiquées et traitées en ville. Elle entraîne une pression de sélection qui favorise l’apparition et la dissémination de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Pour compléter le dispositif français de surveillance de la résistance aux antibiotiques majoritairement basé sur des laboratoires d’établissements de santé, Santé publique France a travaillé de 2000 à 2009 avec un réseau de laboratoires d’analyses de biologie médicale (LABM) de ville, le réseau Labville. Le réseau Labville incluait 69 LABM répartis sur toute la France métropolitaine et tirés au sort pour être représentatifs de l’activité microbiologique privée nationale. Il avait pour objectif de surveiller en continu et de façon pérenne la sensibilité aux antibiotiques des infections bactériennes les plus courantes en médecine de ville. Cette expérimentation a cessé en 2009.

    Ce réseau a été le terrain

    • d’une étude pilote visant à tester les possibilités d’extraction des données des LABM, d’importation de celles-ci dans une base de données standardisée à Santé publique France et d’exploitation des données à des fins épidémiologiques ;
    • d’une enquête estimant la fréquence des Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) dans les laboratoires d’analyses de biologie médicale (LABM) français et la proportion de souches productrices de la leucocidine de Panton-Valentin (PVL) ;
    • de l’expérimentation d’une solution informatique pour le transfert automatisé à Santé publique France des analyses de bactériologie traitées par les laboratoires d’analyses médicales du réseau.

    Liste des publications et communications

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    Enquête nationale de prévalence en Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) – Enquête HALT 2010

    Thiolet JM, Lejeune B, Coignard B. Enquête nationale de prévalence en Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (HALT), France, juin-septembre 2010. Résultats. Communications orales. XXIIe Congrès de la Société française d'hygiène hospitalière, Lyon, 9 juin 2011. 

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    Le programme national d’actions de prévention des infections associées aux soins (Propias) 2015 diffusé par l’instruction DGOS/DGS/DGCS du 15 juin 2015 prévoit de réaliser une enquête nationale de prévalence (ENP) des infections associées aux soins dans les établissements de santé tous les 5 ans.

    En 2017, une ENP des infections nosocomiales (IN) et des traitements anti-infectieux sera lancée. Conduite sous l’égide du Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des IN (Raisin), elle est coordonnée par les Centres inter-régionaux de coordination de la lutte contre les IN (CClin), les antennes régionales de lutte contre les IN (Arlin) et par Santé publique France au niveau national.

    Comme en 2012, l’ENP 2017 s’inscrit également dans le cadre d’un programme européen de l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) qui recommande aux Etats membres de participer à l’enquête de prévalence européenne. Le protocole de l’ENP 2017 est compatible avec celui défini par l’ECDC. Les données d’un échantillon d’établissements participant à l’ENP 2017 seront transmises à l’ECDC et représenteront la participation française à cette enquête.

    L’ENP 2017 constituera un temps fort en matière de surveillance et de prévention des infections associées aux soins et de la résistance aux antibiotiques. En effet, alors que la baisse régulière de la fréquence des IN observée par ces enquêtes (-11 % de 2001 à 2006 et -11 % de 2006 à 2012 en analyse multivariée) suggère un impact positif des programmes de prévention, la prévalence des traitements anti-infectieux est restée stable depuis 2001 (-5 % de 2001 à 2006 et +5 % de 2006 à 2012) malgré les actions conduites.

    Les résultats seront disponibles début 2018.

    En savoir plus : Surveillance en prévalence.

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