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Fièvres typhoides et paratyphoides

Publié le 21/07/2004 - Dernière mise à jour le 04/07/2018

Points sur les connaissances

Les fièvre typhoïde et les fièvres paratyphoïdes sont des infections systémiques à salmonelles à point de départ digestif.
La fièvre typhoïde est causée par la bactérie Salmonella enterica sérotype Typhi.
Les fièvres paratyphoïdes A, B et C sont causées respectivement par Salmonella enterica sérotypes Paratyphi A, Paratyphi B et Paratyphi C.
Salmonella Paratyphi B comprend deux types : le type Java (dit « d-tartrate positif ») qui est une salmonelle mineure responsable le plus souvent de gastro-entérites fébriles et le type non-Java (dit « d-tartrate négatif ») responsable de fièvre paratyphoïde B.
Pour les salmonelles et par convention, le nom du sérotype comporte une majuscule et ne s’écrit pas en italique.

Epidémiologie

Le réservoir des Salmonella Typhi et Paratyphi est strictement humain.
La fièvre typhoïde et les fièvres paratyphoïdes sont réparties mondialement. Elles sont endémiques dans les pays en développement à faible niveau d’hygiène (Asie, Afrique, Amérique du Sud) et sont rares et majoritairement sporadiques en France métropolitaine où la plupart des cas sont importés après un séjour en zone d’endémie.

Transmission

La source de contamination réside dans les matières fécales des personnes malades ou porteuses saines mais excrétrices de Salmonella Typhi ou Paratyphi. La transmission est possible tant que l’excrétion de la bactérie persiste dans les selles, généralement de la 1ère semaine de la maladie et pendant toute la durée de la convalescence.
Pour la fièvre typhoïde, environ 10 % des patients non traités continuent à être excréteurs pendant 3 mois après le début des symptômes et 2 à 5 % deviennent des porteurs chroniques avec persistance de Salmonella Typhi dans la vésicule biliaire.
La transmission est dite féco-orale, soit directe par ingestion des bactéries à partir de selles contaminées, soit le plus souvent indirecte par ingestion d’eau ou d’aliments consommés crus (fruits de mer, légumes, etc.) et souillés par des selles de personnes infectées (égouts, épandage, etc.).

Symptômes

La durée d’incubation (durée séparant la contamination de l’apparition des premiers symptômes) est le plus souvent de 7 à 14 jours mais peut varier de 3 jours à 1 mois.
Les fièvres typhoïde et paratyphoïdes se manifestent classiquement par une fièvre prolongée, des maux de tête, une anorexie, une splénomégalie (augmentation du volume de la rate), une bradycardie relative, une éruption cutanée maculaire sur le tronc ou l’abdomen, une somnolence (voire une obnubilation), des diarrhées ou plus fréquemment une constipation chez les adultes. L’expression clinique peut aussi être atypique ou modérée voire inapparente surtout en zone d’endémie. Les fièvres paratyphoïdes ont généralement une présentation clinique  moins sévère que la fièvre typhoïde. Dans 10 à 10% des cas, des complications peuvent survenir avec atteintes digestives (hémorragies, perforations), cardiaque, pulmonaires, neurologiques.

Diagnostic

Le diagnostic repose sur l’isolement de la bactérie responsable (Salmonella Typhi, S. Paratyphi A, B ou C) dans le sang, la moelle osseuse, les urines ou les selles.
La sérologie (test de Widal) détectant des anticorps dirigés contre Salmonella Typhi a peu de valeur diagnostique et ne doit pas être réalisée.

Traitement et Pronostic

La prise en charge d’une fièvre typhoïde ou paratyphoïde peut nécessiter une hospitalisation.
Le traitement repose sur les antibiotiques.
La létalité, qui peut atteindre 10 % sans traitement antibiotique, est inférieure à 1 % avec une antibiothérapie adaptée.

Prévention

La prévention repose sur une bonne hygiène individuelle et alimentaire en évitant la consommation, surtout lors de séjour en zone d’endémie, d’eau non contrôlée et d’aliments crus ou mal lavés. La fièvre typhoïde et les fièvres paratyphoïdes sont des « maladies des mains sales » dont la chaîne de transmission peut être interrompue par le lavage soigneux des mains après contact fécal et avant la manipulation des aliments.
Il existe un vaccin contre la fièvre typhoïde, actuellement recommandé pour les voyageurs devant effectuer un séjour prolongé ou dans de mauvaises conditions dans des pays où l’hygiène est précaire et la maladie endémique, particulièrement dans le sous-continent indien et l’Asie du Sud-Est. Ce vaccin peut être administré à partir de l’âge de 2 ans. Il consiste en 1 injection à réaliser au minimum 15 jours avant le départ. La durée de protection est de 3 ans. A noter toutefois que ce vaccin n’assurant qu’une protection de 50 à 65% contre la fièvre typhoïde et ne protégeant pas contre les fièvres paratyphoïdes, ne doit pas se substituer aux mesures de précaution vis-à-vis de l’eau, des aliments, ni au lavage des mains.

Surveillance

La fièvre typhoïde et les fièvres paratyphoïdes sont des maladies à déclaration obligatoire (DO) depuis 1903 (loi du 15 février 1902 relative à la protection de la santé publique ; Journal Officiel du 19/02/1902).
La DO permet l’étude des caractéristiques épidémiologiques de la maladie, le suivi des tendances évolutives, la détection de cas groupés pouvant être liés à une source commune. Elle permet également de procéder à la recherche des causes et des modalités de contamination, afin de limiter la contagion en mettant en œuvre des actions de prévention.
La surveillance est également microbiologique : les souches de Salmonella Typhi et Paratyphi isolées dans les laboratoires de biologie médicale sont adressées sur la base du volontariat au Centre National de Référence (CNR) des Salmonella, Shigella et E. coli à l’Institut Pasteur de Paris qui assure la surveillance microbiologique des souches.
Jusqu’en 2003, le critère de déclaration était une hémoculture positive à Salmonella Typhi ou Salmonella Paratyphi A ou B. Depuis 2003, les critères de déclaration ont été révisés afin de s’accorder avec la définition européenne et sont désormais  « un tableau clinique évocateur de fièvre typhoïde ou paratyphoïde associé à un isolement de Salmonella Typhi ou Paratyphi A, B ou C quel que soit le site d’isolement ». Les infections dues à d’autres sérotypes de  salmonelles (salmonelles dites « mineures ») ne doivent pas être déclarées sauf s’il s’agit de cas groupés lors d’une toxi-infection alimentaire collective (TIAC) qui relève alors de la DO de TIAC.

Dossier Fièvres typhoides et paratyphoides

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