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Actes terroristes

Publié le 04/12/2015 - Dernière mise à jour le 10/02/2017



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Etude I.M.P.A.C.T.S post-attentat de janvier 2015

La France a connu depuis le début de l’année 2015 deux vagues d’attentats d’une ampleur majeure. Suite aux événements de janvier 2015 en Ile-de-France, l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France et l’Institut de veille sanitaire (InVS) ont mis en place une enquête épidémiologique I.M.P.A.C.T.S (investigation des manifestations traumatiques post attentats et de la prise en charge thérapeutique et de soutien) qui vise à mesurer les conséquences des événements auprès des personnes impliquées et d’appréhender leurs parcours de soins et d’accompagnement.

L’investigation s’est déroulée du 1er juin 2015 au 30 octobre 2015 et a été menée auprès de 430 personnes exposées.

Le contexte

Les attentats, événements traumatiques, engendrent fréquemment des séquelles psychiques, même en l'absence de blessures physiques, non seulement auprès des victimes bien sûr mais aussi auprès des témoins. Le fait d’avoir été témoin de ce type d’événement peut entraîner une souffrance qui, dans les mois et l’année qui suivent, est susceptible de devenir fortement invalidante, que ce soit sur le plan de la santé mentale, des relations sociales que de la qualité de vie en général.

L’étude I.M.P.A.C.T.S.

Il s’agit de la première étude de ce type menée en France.

Elle permet d’explorer non seulement le ressenti et le vécu des victimes directes (blessés ou menacés) et leurs proches, les témoins vivant ou travaillant à proximité des événements mais également les intervenants impliqués sur les lieux.

La finalité de cette étude est de donner aux acteurs de santé publique des instruments d’évaluation de l’impact en santé mentale mais également d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients victimes des attentats de janvier 2015. Il s’agira d’en tirer des préconisations d’organisation pour optimiser la coordination entre les différents acteurs lors de la gestion de ce type de crise, notamment sur la manière de concevoir une aide adaptée aux victimes (psychologique, sociale et juridique).

Les acteurs impliqués

Cette enquête épidémiologique est pilotée régionalement par la Cire Ile-de-France, Cellule de l’InVS en région IDF, avec l’appui de l’ARS Île-de-France.

Elle bénéficie du soutien de la Direction générale de la santé et du financement de la Fondation d’aide aux victimes de Terrorisme. Un groupe de travail a été initialement monté avec les responsables des Cellules d’urgences médico-psychologiques (CUMP), le département santé environnement de l’InVS et s’est ouvert aux professionnels et aux associations qui sont intervenus sur le terrain.

La méthodologie

Le recrutement de la population d’étude a été réalisé à partir des listes établies par les acteurs du dispositif de prise en charge mis en place dans les suites immédiates des attaques. Il a été complété par une recherche active sur le terrain des personnes vivant ou exerçant à proximité (rayon de 100 m autour des événements).

Cette méthodologie a permis d’explorer non seulement les victimes directes (blessés ou menacés) mais également les intervenants ayant été impliqués sur les lieux et les témoins vivant ou travaillant à proximité des évènements. Cette dernière population ne fait habituellement pas l’objet d’une recherche active par les services médico-psychologiques et de soutien. Des entretiens individuels ont été conduits par des psychologues formés au psycho-traumatisme auprès des personnes éligibles ayant donné leur accord pour participer.

Les résultats

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    L’objectif principal de l’enquête est de mesurer, auprès des personnes ayant été directement ou indirectement exposées aux attentats de janvier 2015 en Ile-de-France, les conséquences éventuelles de ces événements.

    Cette enquête vise à :

    • évaluer, dans la population, le retentissement psychologique (retour à la normale, état anxieux ou dépressifs, survenue d’état de stress post traumatique, etc.) et social, mais aussi l’impact plus général sur la vie quotidienne,
    • décrire les stratégies de réponse mises en place par chacun dans les suites des événements, pour identifier les facteurs favorisant un recours aux soins ou à un soutien.
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    La population de l’enquête est représentée par toutes les personnes âgées de 16 ans et plus ayant été directement ou indirectement exposées aux attaques des 7, 8 et 9 janvier 2015 perpétrées en Île-de-France ainsi que lors des trajets de fuite des agresseurs.

    L’enquête a concerné les victimes (blessés, otages), témoins directs ou indirects, membres de la famille ou proches des victimes de ces attentats, les personnes résidant ou travaillant à proximité immédiate des lieux des événements au moment des faits, ainsi que les intervenants d’urgence sanitaire (professionnels et associatifs) et les forces de l’ordre et d’intervention qui sont intervenus en urgence sur les lieux des attentats et prises d’otages et ce, dans les suites immédiates des événements.

    Cette population d’enquête correspond aux personnes impliquées qui sont définies comme les personnes ayant été exposées aux attaques terroristes selon le "Critère A" (Stressor) de la définition de Etat de Stress Post Traumatique de la 5ème édition du "Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders" (DSM, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).

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    L’enquête s’est déroulée du mois de juin au mois d’octobre 2015.

    1. Une première phase dite "de recrutement" a été mise en place pour recenser les personnes éligibles pour participer à l’enquête :
      - un premier recrutement a été réalisé à partir des listes nominatives établies dans les suites immédiates des attaques par les acteurs de premier secours, les services de santé de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris et des Cellules d’urgences médico-psychologiques ainsi que par les associations et réseaux d’aide aux et/ou de victimes ;
      - un second recrutement a été réalisé à partir d’une recherche active sur le terrain des témoins vivant ou exerçant à proximité immédiate des attaques
    2. Une deuxième phase dite d’"inclusion" a été réalisée par téléphone, par internet ou par retour de courrier afin de vérifier les critères d’éligiblité et de répertorier les personnes volontaires à participer à l’enquête. Un questionnaire d’inclusion de 5 minutes a été réalisé dans ce but.
    3. Un entretien individuel en face à face avec un psychologue formé et compétent a été proposé pour assurer la collecte d’un certain nombre de données en fonction du vécu et de l’expérience de la personne interrogée.
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    La participation à l’enquête était basée sur le volontariat et chacune des personnes contactées a été entièrement libre de participer ou non. En aucun cas, ne seront diffusés des résultats permettant d’identifier les personnes ni directement ni indirectement. Les données resteront strictement confidentielles et seront utilisées uniquement dans le cadre de cette étude, conformément aux dispositions de la loi informatique et libertés (Cnil).

    I.M.P.A.C.T.S a reçu l’avis favorable de la Cnil le 21 mai 2015 et du Comité de protection des personnes le 6 juin 2015.

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    Cette étude a été présentée le 26 janvier 2015 à la Direction Générale de la Santé dont elle a reçu le soutien. Elle a été financée par la Fondation d’aide aux victimes de terrorisme.

    Cette enquête d’intérêt public a été présentée le 30 mars 2015 à l’ensemble des acteurs du dispositif de prise en charge des traumatismes ayant été mis en place dès les premières heures et a reçu leur soutien.

    Les responsables des Cellules d’urgence médico-psychologique (Cump) et les urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu font partie intégrante de ce travail auquel ils participent activement.

    Les acteurs de premier secours et de prise en charge, les forces de l’ordre et d’intervention, le ministère de la justice et de l’Intérieur, les associations d’aide aux et de victimes font partie des acteurs et partenaires de cette enquête dont les institutions suivantes sont représentées dans le comité de pilotage de l’étude :

    - Ministère de l’Intérieur
    - Ministère de la Justice
    - Service santé des armées
    - Palais de Justice de Paris
    - Police nationale,
    - Préfecture de Police de Paris
    - Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris,
    - Assistance Publique des Hôpitaux de Paris - SAMU / CUMP
    - Croix Rouge Française
    - Protection civile de paris
    - Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (FENVAC)
    - Paris Aide aux Victimes,
    - Œuvre de Secours aux Enfants (OSE)

    Les enquêteurs sont des psychologues diplômés et expérimentés recrutés par l’Université Paris XIII. Ils ont été formés pour être des relais privilégiés afin d’apporter une information qui soit adaptée aux besoins et aux attentes exprimés tant sur les aspects sanitaires, que sociaux et juridiques.

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