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Donneurs de sang

Publié le 14/06/2013 - Dernière mise à jour le 15/05/2018

La surveillance épidémiologique des donneurs de sang : VIH, VHC, VHB, HTLV, syphilis

La surveillance épidémiologique concerne les infections dépistées de façon systématique dans les dons de sang, à savoir le VIH (Ac anti-VIH et/ou ARN VIH), le VHC (Ac anti-VHC et/ou ARN VHC), le VHB (AgHBs et/ou ADN VHB), l’HTLV (Ac anti-HTLV) et la syphilis.
Entre 2014 et 2016, sur un total de 8,7 millions de dons prélevés, 79 ont été confirmés positifs pour le VIH (soit un taux de 0,09 pour 10 000 dons), 75 pour l’HTLV (0,09 pour 10 000) dont 12 (16%) ont été dépistés dans les départements français d’Amérique (DFA) et quatre à la Réunion, 323 pour le VHC (0,37 pour 10 000), 646 pour le VHB (0,74 pour 10 000) et 1 128 pour la syphilis (1,3 pour 10 000). Parmi les dons positifs pour le VIH, 76 étaient VIH-1 et 3 VIH-2 et, parmi ceux trouvés HTLV positifs, 72 étaient HTLV-I et 3 HTLV-II.

Prévalence

Taux de prévalence chez les nouveaux donneurs

Les taux de prévalence du VIH, de l’HTLV, du VHC, du VHB et de la syphilis sont calculés chez les nouveaux donneurs.
Entre 2014 et 2016, sur un total de 955 600 de nouveaux donneurs, 37 ont été confirmés positifs pour le VIH, 62 pour l’HTLV (dont 15 dans les DFA), 295 pour le VHC, 634 pour le VHB et 703 pour la syphilis. Ainsi sur cette période de 3 ans, le taux de prévalence le plus élevé est celui de la syphilis (7,4 pour 10 000 nouveaux donneurs), proche de celui du VHB (6,6 p. 10 000), ce dernier étant 2 fois plus élevé que celui du VHC (3,1 pour 10 000). Les taux les plus faibles sont ceux observés pour l’HTLV (0,65 p. 10 000) et pour le VIH (0,39 pour 10 000).
L’analyse de tendance sur une période de 25 ans (1992-2016) montre les taux de prévalence ont diminué, d’un facteur supérieur à 20 pour le VHC, 10 pour le VIH, 5 pour le VHB alors qu'il est stable pour l’HTLV. Pour la syphilis, des modifications dans la définition des cas sur cette période ne permettent pas d’analyser des tendances. Les diminutions observées pour le VIH et les virus des hépatites B et C sont en premier lieu liées au renforcement de la sélection des donneurs de sang au cours du temps, mais également à l’évolution de l’épidémiologie et à l’amélioration de la connaissance du statut virologique de chacune de ces infections.

Incidence

Taux d’incidence chez les donneurs connus

Les taux d’incidence du VIH, de l’HTLV, du VHC et du VHB sont calculés chez les donneurs réguliers (donneurs ayant donné au moins deux fois sur une période de trois ans).
Sur la dernière période d’étude 2014-2016, 22 cas incidents ont été observés pour le VIH, 0 cas pour l’HTLV, 4 cas pour le VHC et 11 cas ont été estimés pour le VHB. Rapportés aux 2 628 700 personnes-années sur la période 2014-2016, les taux d’incidence ont été estimés à 0,84 pour 100 000 P-A (IC à 95% :0,54-1,29) pour le VIH, 0,0 (0,00-0,18) pour l’HTLV, 0,15 (0,05-0,42) pour le VHC et à 0,41 (0,21-0,76) pour le VHB.
Entre 1992 et 2016, à l’exception de l’HTLV, virus pour lequel les taux d’incidence sont très faibles (voire nul) tout au long de la période, ces taux ont beaucoup diminué pour le VHC (divisé par un facteur 21 entre les périodes 1992-94 et 2014-2016) et pour le VHB (divisé par 14 entre les deux mêmes périodes). Pour le VIH, la diminution est plus faible puisque le taux d’incidence a été divisé par 4 dans le même temps. Depuis le début des années 2000, c’est pour le VIH que l’incidence est désormais la plus élevée chez les donneurs de sang.

Dépistage génomique viral

Bilan du Dépistage génomique viral (DGV) en France pour le VIH et le VHC

Entre le 01/01/2014 et le 31/12/2016, le DGV a permis d’écarter 3 dons infectés par le VIH, 1 don pour le VHC et 11 dons par le VHB qui n’auraient pas été écartés par la seule détection des anticorps pour le VIH et le VHC, ou de l'AgHBs pour le VHB. Rapportés aux 8,7 millions de dons collectés en France sur cette période, le gain est de 0,35 pour un million de dons pour le VIH, proche du gain estimé (0,30 (IC 95%  : 0,07 – 1,03)). Pour le VHC, le gain observé est plus faible (0,12) que le gain estimé (0,25 (IC 95% : 0,05–0,96)). A l’inverse, pour le VHB, le gain observé est de 1,27 pour 1 million de dons, supérieur au gain estimé (0,18 (IC 95%  : 0,02 – 0,86).

En savoir plus

Surveillance épidémiologique des donneurs de sang en France 1992–2016.

Laperche S, Pillonel J. Pertinence des mesures sécuritaires transfusionnelles vis-à-vis du HTLV en 2014. Transfus Clin Biol. 2014 Nov;21(4-5):167-72.

Pillonel J, Gallian P, Sommen C, Couturier E, Piquet Y, Djoudi R, Laperche S pour le comité de pilotage de la surveillance épidémiologique des donneurs de sang. Estimation d’un risque transfusionnel émergent : l’exemple du VHE. Transfus Clin Biol. 2014 Nov;21(4-5):162-6.

Pillonel J, Legrand D, Sommen C, Laperche S, pour le comité de pilotage pour la surveillance épidémiologique des donneurs de sang. Surveillance épidémiologique des donneurs de sang et risque résiduel de transmission du VIH, de l’HTLV, du VHC et du VHB par transfusion en France entre 2008 et 2010. Bull Epidémiol Hebd 2012;39-40:438-42.

Laperche S, Servant-Delmas A, Gallian P, Pillonel J. La surveillance de la diversité des virus VIH, VHB et VHC chez les donneurs de sang français entre 2000 et 2010. Bull Epidémiol Hebd 2012;39-40:447-52.

Pillonel J, Laperche S et le comité de pilotage. Surveillance épidémiologique des donneurs de sang homologues en France entre 1992 et 2002. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire, 2004, 104 p.

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