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Usagers de drogues

Publié le 26/05/2011

Infections virales et pratiques à risques chez les usagers de drogues 

Surveillance des conséquences sanitaires liées à l’usage de drogues au sein de la population des usagers de drogues

L’enquête PES

En 1998, l’Institut de veille sanitaire a mis en place une enquête ponctuelle intitulée étude PES (Programme d’échange de seringues). Les objectifs de  cette enquête étaient de décrire les caractéristiques sociodémographiques des usagers de drogues injecteurs (UDI) fréquentant les PES, de mesurer leurs conduites à risque et d'en identifier les facteurs associés. Il s’agissait également de disposer de données pouvant contribuer à évaluer l'impact de la réduction des risques en France.

L’enquête Coquelicot

Jusqu’en 2004, les données de prévalence du VIH et du VHC chez les UD en France étaient issues de données déclaratives et portaient sur des échantillons non aléatoires. Aucune estimation de la prévalence du VIH et du VHC chez les UD n’était disponible en France à partir de données biologiques et portant sur un échantillon aléatoire. Il était donc difficile d’évaluer l’impact de la politique de réduction des risques sur ces deux virus en population UD.

En 2004, l’InVS a initié une enquête de séroprévalence auprès d’UD, cofinancée par l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) et réalisée en collaboration avec l’Institut national d’études démographiques (Ined) et le Centre national de référence (CNR) du VIH de Tours et le Centre de recherche médecines, sciences, santé, santé mentale et société (Cermes 3).

Initialement, lenquête Coquelicot était dédiée à la surveillance de l’évolution de la prévalence du VIH et du VHC chez les UD. La population d’étude est constituée par des usagers actifs d’héroïne, de cocaïne, de médicaments détournés ou de crack, dont la majorité a eu recours à la voie intraveineuse au moins une fois dans sa vie.

A partir de 2011, son champ s’est élargi aux infections sexuellement transmissibles (IST), aux complications liées à l’injection et à la santé mentale.

L’enquête Coquelicot 2004

image_coquelicot

L’enquête Coquelicot est une enquête épidémiologique transversale multisite (Lille, Strasbourg, Paris, Bordeaux et Marseille) répétée tous les 5 ans. En 2004, elle incluait 1 462 usagers de drogues. Un volet socio-anthropologique complémentaire a été mené auprès de 99 usagers.

Les objectifs de cette enquête étaient :

  • d’estimer la prévalence du VIH et du VHC chez les UD à partir de données biologiques ;
  • de décrire les caractéristiques de la population UD, leurs consommations de produits psychoactifs et leurs modalités ;
  • d’identifier leurs pratiques à risque ;

Elle contribuait également à l’évaluation de la politique de réduction des risques et notamment son impact différentiel sur le VIH et le VHC chez les UD. 

Séroprévalence du VIH et du VHC 

L’enquête Coquelicot a permis de mesurer, pour la première fois en France, la séroprévalence du VIH et du VHC chez les usagers de drogues. Elle montre l’impact positif de la politique de réduction des risques sur la prévalence du VIH. En revanche, l’impact de la politique de réduction des risques vis-à-vis de la transmission du VHC reste, encore aujourd’hui, limité. En effet, la transmission du VHC et les pratiques à risque persistent de manière importante et préoccupante chez les usagers de drogues.

Principaux résultats de l’enquête Coquelicot :

  • la séroprévalence du VHC chez les UD est proche de 60 % et s’élève déjà à 28 % chez les moins de 30 ans laissant supposer des contaminations dès l’initiation ; 
  • la séroprévalence du VIH est de 11 % chez les UD, et est quasi nulle chez les UD de moins de 30 ans, probablement parce que cette classe d’âge a bénéficié dès le début de leur pratique des mesures mises en œuvre dans le cadre des politiques de réduction des risques ; 
  • la co-infection VIH et le VHC atteint 10 % ; 
  • plus d’un quart des usagers de drogues ignorent leur séropositivité vis-à-vis du VHC, alors qu’une grande majorité (98 %) connait son statut vis-à-vis du VIH.

Pratiques à risques

L’enquête Coquelicot a permis de décrire les pratiques à risque chez les usagers de drogues. En particulier, elle montre que les pratiques à risque de transmission du VHC persistent de manière importante et préoccupante chez les usagers de drogues.

Principaux résultats de l’enquête Coquelicot concernant les pratiques à risque :

L’enquête Coquelicot 2010-2011

En 2011, l’enquête Coquelicot  s’est élargie à d’autres agglomérations et s’est vue complétée par un volet spécifique sur la surveillance des conséquences sanitaires chez les consommateurs de crack, incluant les complications liées à l’injection, les overdoses, les IST, la santé mentale et la santé perçue.

De nouveaux objectifs s’ajoutent à ceux mentionnés ci-dessus :

  • estimer la séro-incidence du VIH et VHC dans la population des usagers de drogues ;
  • capter une partie de la population non enquêtée dans la précédente édition de l’enquête ANRS-Coquelicot et qualifiée de "cachée" correspondant aux UD ne fréquentant ni les dispositifs ni les médecins généralistes (MG), par l’application de la méthode RDR ;
  • estimer la séroprévalence de l’antigène HBs dans la population des UD.

De nouvelles thématiques d’étude seront mises en œuvre :

  • évaluer l’acceptabilité et l’accessibilité des outils de RDR liés à l’injection (volet complémentaire réalisé avec le soutien financier de la Direction générale de la santé (DGS) ;
  • introduire la notion de ‘trajectoire de consommation de drogues’ dans le volet épidémiologique de l’enquête de manière détaillée afin d’identifier de manière plus précise les facteurs associés à la prévalence du VIH, VHC et VHB ;
  • explorer la dimension de la santé mentale dans le contexte des prises de risque liées à l’usage de drogues. 
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