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Usagers de drogues

Publié le 27/05/2011

La politique de réduction des risques

Analyse des politiques publiques

Les usagers de drogues (UD) au travers de leur implication dans des groupes d'auto-support jouent un rôle actif dans la mise en œuvre des politiques de santé publique, offrant ainsi une nouvelle forme d'expertise des patients. Une telle expertise confère des qualités à des populations dont les pratiques sont illégales et dont l'identité est stigmatisée. Ces nouvelles formes d'expertise construites autour des savoirs des patients et des expériences de vie contribuent à valoriser les connaissances pratiques, émotionnelles et subjectives, qui remettent parfois en question les connaissances des professionnels "spécialistes".
Ces groupes permettent de faire avancer les politiques publiques liées aux addictions en prenant mieux en compte les besoins des patients.

  • En savoir plus :
    - Inserm. Réduction des risques infectieux chez les usagers de drogues. Expertise collective. Paris : Éditions Inserm; 2010. 573 p.
    - Jauffret-Roustide M. Self support for drug users in the context of harm reduction policy: a lay expertise defined by drug user’ life skills and citizenship Health social review; 2009. 18. p.159-172.
    - Jauffret Roustide M. Un regard sociologique sur les drogues : décrire la complexité des usages et rendre compte des contextes sociaux. La Revue Lacanienne 2009;5:109-18.
    - Jauffret Roustide M (dir.). Les drogues. Approche sociologique, économique et politique. Paris : La Documentation française; 2004. 156 p.
    - Jauffret-Roustide M, Lert, F. L’exclusion, argument de l’émergence de la réduction des risques envers les usagers de drogues en France. In : 38ème session de la Commission de la population et du développement de l’ONU. Sida et pauvreté. New York, 4 au 8 avril 2005. Paris : La Documentation française; 2005. p. 67-78.
    - Jauffret Roustide M. L’auto-support des usagers de drogues : une "compétence de vie" reconvertie en expertise. In : Dumoulin L, La Branche S, Robert C, Warin P (dir.). Le recours aux experts, raisons et usages politiques. Grenoble : Presses Universitaires de Grenoble ; 2005. p.401-25.
    - Jauffret Roustide M. Les pratiques de consommation de substances psychoactives chez les homosexuels et bisexuels masculins. In: Broqua C, Lert F, Souteyrand Y (dir.). Homosexualités au temps du sida. Paris : ANRS ; 2003. p.181-98.
    - Jauffret-Roustide M. et Simmat-Durand L. L’état de la consommation : produits, modalités d’usages, usagers, In Jauffret-Roustide M. (dir). Les drogues. Approche sociologique, politique et économique ; Paris : La Documentation française; 2004. p. 11-46.
    - Jauffret Roustide M. Dépendance. In : Lecourt D (dir.). Dictionnaire de la pensée médicale. Paris : Presses Universitaires de France; 2004. p. 317-20.
    - Jauffret-Roustide M. Évolution des politiques publiques : Dispositif de prise en charge, réduction des risques et alternatives, In : Jauffret-Roustide M. (dir). Les drogues. Approche sociologique, politique et économique ; Paris : La Documentation française; 2004. p. 111-43.

Évaluation des politiques de réduction des risques

L’InVS en partenariat avec l’Institut national d’études démographiques (Ined), l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites (ANRS), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et le Centre national de référence (CNR), a mis en place des systèmes de surveillance et des enquêtes visant à évaluer la mise en œuvre et l’efficacité de la politique de prévention des risques et à fournir des données socio-comportementales sur les usagers de drogues.

  • Le système d’information Siamois, permettant de fournir des indicateurs d’évaluation de la politique de réduction des risques, est en place depuis 1996. Il permet également de suivre les ventes de seringues et de produits de substitution destinés aux usagers de drogues sur l’ensemble des pharmacies françaises. 
  • L’enquête Programmes d’échange de seringues (PES).
  • L’enquête Coquelicot.

SIAMOIS : Système d’information sur l’accessibilité au matériel officinal d’injection et de substitution

Siamois (Système d’information sur l’accessibilité au matériel officinal d’injection et de substitution) est une base de données qui collecte de manière continue (mensuelle/annuelle) depuis janvier 1996, sur l’ensemble des 23 000 pharmacies françaises, les informations sur les ventes en pharmacie des seringues et les ventes des traitements substitutifs.

Le recueil des données s’effectue selon un découpage en 509 unités géographiques d’analyse (UGA) qui peuvent être regroupées au niveau départemental, régional et national. Les ventes en officine sont de bons indicateurs en France dans la mesure où les pharmacies constituent la première source d’acquisition des seringues stériles.

Les traitements par Subutex® sont toujours achetés en pharmacie même s’ils sont prescrits en centre spécialisé. En revanche, la Méthadone® est fournie principalement par les centres spécialisés (CSST).

Siamois permet de confronter sur une base annuelle ces données de ventes à des données d’usage de drogues et de morbidité et mortalité liées à ces consommations.

Depuis 1996, les ventes de seringues aux UDVI augmentent continuellement (2.3 millions de Stéribox® vendus en 1997 contre 1.9 million en 1996, et au total, 13,8 millions de seringues vendus aux UDIV en 1997), et ce malgré une forte croissance des ventes de Subutex® (55.000 UDIV sous Subutex® 8mg/j en septembre 1998 contre 45 300 en septembre 1997 et 25 000 en septembre 1996) pourtant destiné à faire baisser la consommation d'héroïne par voie intraveineuse. Pendant cette période, les décès par overdoses et les infractions à la législation sur les stupéfiants à l'héroïne ont en revanche diminué (-17 % de 1995 à 1996 et -41 % de 1996 à 1997 pour les décès par OD, -17 % de 1995 à 1996 et -19 % de 1996 à 1997 pour les ILS).

En 2009, les ventes de seringues aux UDVI étaient de 4,8 millions (2,4 millions de Stéribox® (2 seringues par boîte) et les traitements de substitution étaient de 76 793 boîtes de Subutex® 8mg/j.

Représentation et perception des politiques de réduction des risques

L’enquête KABP

L’enquête KABP est une enquête sur les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH en France métropolitaine. Réalisée régulièrement depuis 1992 sous la responsabilité scientifique de l’ORS Ile-de-France, en collaboration avec l’InVS, l’Inpes, l’Inserm et l’Ined, cette enquête s’inscrit dans le cadre d’un système permanent de suivi des évolutions au cours du temps de la représentation sociale du VIH/sida et de son impact sur l’adoption des comportements de prévention en population adulte.

La dernière enquête KABP a été réalisée en 2004. Elle avait montré une augmentation de la population exposée au risque de contamination d’une infection sexuellement transmissible et notamment au VIH.

L’édition 2010 comprend un module thématique sur la perception des usagers de drogues et des politiques publiques liées aux drogues. Ce module cherche à évaluer l’acceptabilité des mesures de RDR à destination des usagers de drogues.

Perception du traitement HCV chez les usagers de drogues

En France, l’accès au traitement de l’hépatite C a longtemps été restreint pour les usagers de drogues (UD), mais il s’est amélioré ces dernières années. Entre 2004 et 2007, l’enquête Coquelicot a permis d’appréhender les représentations du traitement de l’hépatite C chez des usagers de drogues, en confrontant résultats quantitatifs et approche qualitative.

Selon cette enquête, 92 % des UD perçoivent l’hépatite C comme une maladie grave et 77 % sont conscients de l’existence de traitements efficaces. Seuls 55 % pensent que ces traitements sont faciles d’accès pour les UD. Les difficultés d’accès au traitement sont expliquées par les craintes liées au traitement (54 %), des traits de personnalité stéréotypés accordés aux UD (45 %), les craintes liées aux examens préalables (33 %). L’attitude des médecins, la précarité des conditions de vie et le manque d’information sont évoqués par 20 % des UD.

Le volet qualitatif de l’enquête illustre les difficultés de l’interaction médecin-patient et l’importance de la circulation d’informations négatives sur le traitement de l’hépatite C au sein de la population des UD. Les UD souhaiteraient la mise en place de structures favorisant la prise en charge conjointe.

Dossier Usagers de drogues

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