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Agrégats de cancers et autres pathologies chroniques

Publié le 30/10/2015

Investigation d’agrégats de cas de pathologies chroniques : une démarche multidisciplinaire

Questions-réponses

Qu’est qu’un  agrégat de cas de pathologies?

Un agrégat de cas de pathologies est un regroupement de cas d’une même maladie dans une population, pour une zone géographique et une période de temps données. Il est suspecté dans une collectivité lorsque le nombre de personnes atteintes est perçu comme inhabituellement élevé, et c’est l’analyse épidémiologique qui permet de confirmer son existence. Ces regroupements de cas sont appelés "agrégats spatio-temporels". Il s’agit le plus souvent de regroupement de cas de cancers.

Pourquoi une démarche d’évaluation spécifique face à ces situations ?

Les causes des maladies, en particulier des cancers, sont variées et souvent imbriquées : elles sont génétiques, environnementales, professionnelles ou liées au mode de vie.
La mise en évidence d’un regroupement de cas de pathologies chroniques dans le temps et dans l’espace pose la question de l’existence d’une cause commune à l’origine de la survenue de ces pathologies, un tel regroupement pouvant aussi être lié au hasard.
L’évaluation et la prise en charge de ces cas groupés est complexe. Elle requiert des approches sanitaires, techniques, économiques et sociales.
L’environnement de survenue de tels agrégats, à savoir en population générale ou en milieu professionnel, impacte sur les acteurs mobilisés dans le signalement et sur la démarche d’investigation à adopter.
La démarche spécifique lors d’une suspicion d’agrégats en entreprise est détaillée dans la partie Milieu professionnel de ce dossier.

A qui signaler une suspicion de regroupement de cas de pathologies chroniques ?

En population générale, lorsqu’un regroupement de cas d’une pathologie chronique est suspecté, un signalement doit être fait à  l’Agence régionale de santé (ARS). En effet, selon la loi de santé publique du 9 août 2004, les services de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, les établissements de santé publics et privés, le service de santé des armées, les établissements et services sociaux et médico-sociaux, les services de secours ainsi que tout professionnel de santé sont tenus de signaler sans délai au représentant de l’État dans le département :

  • les menaces imminentes pour la santé de la population ;
  • les situations dans lesquelles une présomption sérieuse de menace sanitaire grave leur paraît constituée.

Par ailleurs, tout citoyen peut saisir l’ARS de sa région. L’ARS peut alors solliciter un appui scientifique de l’InVS, représenté localement par sa Cellule en région (Cire). Au besoin, d’autres structures de santé publique peuvent être associées.

Le signalement de tels regroupements de cas en milieu professionnel entre dans le cadre du dispositif des Groupes d’Alerte en santé Travail (GAST). Le signalement se fait également auprès de l’ARS, mais d’autres acteurs spécifiques du monde du travail sont mobilisés.

Comment investiguer un regroupement de cas de pathologies chroniques ?

Dans un premier temps, l’InVS ou l’ARS collectent les données concernant les cas,  par exemple des données des hôpitaux ou, dans le cas de signalement de cas groupés de cancers, des registres des cancers : type et localisation des cancers signalés, nombre et caractéristiques des personnes atteintes.
Si une évaluation plus précise est nécessaire, les données de santé sont complétées à partir des dossiers médicaux auprès des professionnels de santé ou auprès des malades ou de leur famille. Des expositions environnementales individuelles (lieu de vie, environnement professionnel…) sont recherchées.
Les données collectées sont ensuite comparées avec des données de référence (des registres des cancers ou autres sources selon la pathologie). L’objectif est de vérifier si le nombre de cas observé est supérieur à celui attendu dans l’hypothèse d’une absence d’exposition environnementale particulière dans la collectivité où les cas sont survenus. Cette étape permet de savoir s’il y a ou non un excès de cas.
Parallèlement, il s’agit de savoir si cette collectivité est plus exposée que la population prise comme référence à un ou plusieurs facteurs de risque connus ou suspectés de la pathologie concernée.
La mise en évidence d’un excès de cancers ou d’une autre pathologie chronique et d’une surexposition conduit à mener une étude plus approfondie destinée à rechercher la ou les causes principales de ces cas.

Quelles sont les conditions permettant de faire un lien entre un regroupement de cas de pathologie chronique  et une exposition spécifique ?

Cas groupé de cancers :

 Les conditions en faveur d’un tel lien sont les suivantes :

  • le nombre de cas est élevé ;
  • cette pathologie est rare ou se présente sous une forme inhabituelle (par exemple, si elle survient dans une tranche d’âge où elle est rarement observée) ;
  • il s’agit du même cancer chez les différentes personnes (même organe touché et même type de tumeur) ;
  • la population est exposée de manière remarquable, par son intensité ou d’autres caractéristiques, à un facteur particulier que l'on peut quantifier.

Les critères ci-dessus sont toutefois très rarement réunis en santé environnementale.

Cas groupés de pathologies chroniques autres que le cancer

Il peut s’agir de malformations congénitales, de maladies neurodégénératives, de troubles thyroïdiens ou de toute autre maladie. Les mêmes conditions que celles décrites pour les agrégats de cas de cancers s’appliquent. Des difficultés supplémentaires peuvent être rencontrées du fait de l’absence de données de référence, concernant les incidences de certaines pathologies.

Les modalités spécifiques à la démarche d’investigation d’un tel regroupement de cas en milieu professionnel sont détaillées dans la partie Milieu professionnel de ce dossier.

Dossier Agrégats de cancers et autres pathologies chroniques

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