Fermer



Impact sanitaire de l'exposition à l'amiante

Publié le 21/02/2013

Enjeux - Rôle de l'InVS

L'amiante est un matériau fibreux naturel largement utilisé, notamment dans les secteurs du bâtiment, de l'automobile, du textile et des matières plastiques, jusqu'à son interdiction le 1er janvier 1997. Depuis cette interdiction générale, des décrets et des arrêtés plus particuliers ont été pris pour protéger les travailleurs et le public des risques sanitaires induits par l'amiante déjà en place, principalement dans les bâtiments.

Encore aujourd'hui, du fait de l'intervalle de temps très long pour qu'un cancer associé à une exposition à l'amiante se déclare, l'exposition à l'amiante reste, de loin, la plus importante cause des cancers professionnels et constitue le facteur de risque principal du mésothéliome (cancer de la plèvre). Les maladies professionnelles liées à l’exposition à l’amiante représentent 14 % de l’ensemble des maladies professionnelles.

Depuis sa création, l’InVS s’est investi sur le terrain de l’impact sanitaire de l’exposition à l’amiante et a développé notamment des outils de veille dédiés à la surveillance des risques professionnels liés à l’amiante : le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM).

Ultérieurement l’InVS a instauré des programmes de suivi post-professionnel auprès de différentes populations de travailleurs retraités et un suivi des dispositifs médico-sociaux de réparation.

Si les expositions d’origine professionnelle sont bien décrites, les modalités d’expositions extraprofessionnelles restent à ce jour mal connues. Or l’existence d’un risque pour de très faibles niveaux d’exposition, correspondant à des expositions de type domestique ou environnemental, est démontrée. En France, une exposition professionnelle à l’amiante est retrouvée dans près de 90 % des cas de mésothéliomes chez les hommes, mais dans seulement 40 % des cas chez les femmes. Cela suggère à la fois que, chez les femmes, les situations professionnelles exposantes à l’amiante seraient mal identifiées et que les expositions environnementales pourraient être à l’origine d’une proportion conséquente des cas.

L’InVS a réalisé des études d’évaluation de risque portant sur des situations particulières d’exposition extra-professionnelle à l’amiante. Ces études portent sur l’exposition environnementale des populations riveraines soit d’affleurements naturels, soit d’anciens sites industriels d’exploitation ou de transformation de l’amiante.

Plus récemment, la déclaration obligatoire (DO) du mésothéliome est entrée en vigueur, depuis la parution en janvier 2012 du décret n° 2012-47 qui complète la liste des maladies faisant l'objet d'une transmission obligatoire de données individuelles à l'autorité sanitaire.

À plus long terme, le repérage dans l’espace et le temps d’agrégats de mésothéliome pourrait permettre d’identifier des situations méconnues d’exposition à l’amiante dans la population générale. L’InVS s’est donc vu confier la mise en œuvre de cette nouvelle DO. Sa finalité de connaissance épidémiologique impose deux contraintes. La première est de tendre vers l’exhaustivité de la déclaration des mésothéliomes. La seconde est de pouvoir coupler le système de notification à des enquêtes d’exposition auprès des cas survenant dans trois populations ciblées : les femmes, les moins de 50 ans et les mésothéliomes extrapleuraux.

L’ensemble de ces dispositifs de surveillance et des données disponibles, ainsi que les études d’évaluation de risque sont présentés dans ce dossier.

Dossier Impact sanitaire de l'exposition à l'amiante

Haut de page