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Surveillance des plombémies professionnelles

Publié le 02/11/2012

Points sur les connaissances

Le plomb

Le plomb est un métal lourd dont les propriétés physiques (densité élevée, point de fusion bas, malléabilité, résistance et imperméabilité) permettent de nombreuses applications. Le plomb a ainsi été largement utilisé depuis l’antiquité (fabrication de monnaie, vaisselle et conduites) puis massivement à partir du 19ème siècle dans la construction (peinture, canalisation), l’industrie, l’imprimerie et les carburants automobiles. 

Bien que la majorité des utilisations historiques du plomb aient été proscrites (peinture à la céruse, essence plombée et canalisations), il reste présent dans de nombreux produits courants. En 2004, 255 000 tonnes de plomb ont été utilisées en France, dont plus de 75 % pour la fabrication de batteries électriques. Le reste de la consommation concerne principalement l’industrie chimique et le bâtiment. 

Effets sur la santé

Le plomb n’a pas de rôle physiologique chez l’homme et sa présence dans l’organisme est le reflet d’une contamination. En milieu professionnel, l’absorption du plomb se fait principalement par voie pulmonaire mais également par ingestion de poussières par portage à la bouche d’objets ou d’aliments contaminés. Le plomb est distribué par le sang et stocké dans les os (90 %) et les tissus mous (5 %). A l’état d’équilibre, le plomb sanguin représente 1 à 2 % du pool total de l’organisme. La demi-vie d’élimination du plomb sanguin est de 20-30 jours et supérieure à 10 ans pour le plomb osseux.

L’introduction de plomb dans l’organisme est à l’origine d’effets toxiques aigus ou chroniques, principalement au niveau des systèmes nerveux, hématopoïétique, cardiovasculaire mais également au niveau des reins, des poumons et de la thyroïde. La toxicité chronique du plomb est sans seuil et cumulative en raison de sa fixation osseuse et de son élimination lente. Les effets délétères du plomb sont fonction du niveau de plombémie.

En 2004, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a classé le plomb comme substance probablement cancérogène pour l’homme (groupe 2A). Le plomb est également classé comme reprotoxique de catégorie 1 par l’Europe.

Le principal biomarqueur d’imprégnation au plomb utilisé est la plombémie (taux de plomb dans le sang), qui est un bon indicateur de la dose interne de plomb à l’état d’équilibre.

Dans ENNS 2006-2007, la plombémie moyenne des adultes était de 25,7 µg/L. On considère généralement qu’il y a une contamination au plomb lorsque la plombémie est au moins égale à 100 µg/L, seuil réglementaire de définition d’un cas de saturnisme infantile. La toxicité du plomb étant sans seuil, les effets délétères du plomb peuvent toutefois apparaîtrent pour des valeurs inférieures, en particulier chez les populations les plus sensibles (enfants et femmes enceintes).

Exposition professionnelle au plomb

Connue depuis longtemps l’intoxication au plomb, ou saturnisme, a fait l’objet du premier tableau de maladies professionnelles du régime général de Sécurité Sociale en 1919. D’après les données de l’enquête SUMER 2003, 129 800 salariés sont potentiellement exposés au plomb en France. Cette estimation est de 135 500 d’après les statistiques de la base de données CAREX, système international d’information sur l’exposition professionnelle aux agents cancérigènes.

Ces salariés bénéficient d’une surveillance médicale renforcée si la concentration de plomb dans l’air est supérieure à 50 µg/m3 ou si une plombémie supérieure à 200 µg/l pour les hommes et 100 µg/l pour les femmes est mesurée chez un salarié (Art. R4412-160 du Code du travail). Ces dosages de plombémie doivent être réalisés dans des laboratoires d’analyse médicale (LAM) agréés, dont la liste est fixée annuellement par arrêté ministériel (32 en 2011).

L'arrêté du 15/09/1988 qui fixait les modalités pratiques de la surveillance médicale (plombémie tous les 3, 6 ou 12 mois selon les niveaux d’exposition) n’a pas été adapté suite aux modifications des valeurs limites en 2003. Actuellement la valeur limite biologique (VLB) à ne pas dépasser est fixée à 400 µg/l pour les hommes et 300 µg/l pour les femmes et la valeur limite d’exposition professionnelle (Vlep) pondérée sur une période de 8 heures est fixée à 0,1 mg/m3 (Art. R4412-152 et R4412-149 du Code du travail).

Dossier Surveillance des plombémies professionnelles

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