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Troubles musculo-squelettiques

Publié le 28/09/2006 - Dernière mise à jour le 09/06/2017

Qu’est-ce que les TMS ?

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) recouvrent un large ensemble d'affections de l'appareil locomoteur, qui se traduisent principalement par des douleurs et une gêne fonctionnelle plus ou moins importantes mais souvent quotidiennes. Nombreuses sont les structures qui peuvent être atteintes : tendons et gaines tendineuses, muscles, nerfs, ligaments, capsules articulaires et bourses séreuses, vaisseaux. Parmi les TMS les plus fréquents, on peut citer les lombalgies (douleurs au niveau du bas du dos), les cervicalgies (douleurs au niveau du cou), le syndrome du canal carpien au poignet, le syndrome de la coiffe des rotateurs à l'épaule, l'épicondylite latérale au coude. Moins fréquents, les TMS des membres inférieurs surviennent également. Le plus connu est l’hygroma du genou.  

S'il existe des facteurs de risque individuels (l’avancée en âge, le diabète, l’obésité, l’insuffisance thyroïdienne, un rhumatisme inflammatoire…), le rôle des facteurs professionnels dans leur survenue n'est plus à démontrer. Les TMS sont des pathologies plurifactorielles, c'est-à-dire des affections aux causes diverses et souvent multiples. Ces troubles peuvent parfois apparaître sans que le travail soit en cause, par exemple dans le cas de certaines maladies ou au cours de la grossesse, ou encore à la suite d'activités extra-professionnelles, mais il s'agit avant tout d'un problème très répandu de morbidité liée au travail.

Les TMS, première cause d'indemnisation pour maladie professionnelle

Les TMS représentent de loin la première cause de maladies professionnelles indemnisées. Les prémices de cette "épidémie" se sont annoncées en France au début des années 1990 avec l'augmentation régulière des maladies professionnelles indemnisées tant au régime général de Sécurité sociale qu'au régime agricole. En 2015, les TMS des membres et les lombalgies représentaient 87 % des maladies professionnelles reconnues par le régime général avec 44 349 cas. Le tableau 57 du régime général de sécurité sociale ("affections péri-articulaires provoquées par certains gestes et postures") représente actuellement à lui-seul plus des 3/4 des maladies professionnelles reconnues.

Les TMS constituent également la première cause de journées de travail perdues du fait des arrêts de travail, avec la perte, en 2015, de plus de dix millions de journées de travail. Ils se situent au 2e rang des causes médicales de mise en invalidité, après les affections psychiatriques et au premier rang des causes de mise en invalidité de première catégorie (invalides "capables d'exercer une activité rémunérée").

Ce phénomène, largement sous-estimé par les statistiques de maladies professionnelles, du fait notamment de l'existence d'une sous-déclaration notable, n'est pas propre à la France. La 6e enquête européenne sur les conditions de travail montre qu'en 2015 les maux de dos (44 %), et les douleurs musculaires du cou et des membres supérieurs (42 %) représentent les deux premiers problèmes de santé dont ont souffert les travailleurs européens (28 pays de l’UE, 5 pays candidats et la Norvège et la Suisse) au cours des 12 mois précédents.Les douleurs musculaires des membres inférieurs avaient concerné également 30 % d’entre eux. Les TMS occupent la première place des maladies professionnelles reconnues dans plusieurs pays d'Europe.

Du fait de leur fréquence et de leurs conséquences médicales, fonctionnelles et professionnelles (en termes de réduction d'aptitude voire d'inaptitude au poste de travail et de risque de rupture de la vie professionnelle), les TMS constituent l'une des questions les plus préoccupantes en santé au travail dans les pays industrialisés. Ce problème de morbidité liée au travail concerne également les pays moins industrialisés, bien que la situation y soit encore peu documentée.

Les facteurs de risque professionnels

Les contraintes professionnelles qui favorisent la survenue des TMS sont de nature physique (biomécanique), psychosociale et organisationnelle.

Les principales contraintes biomécaniques sont représentées par les mouvements en force, les postures extrêmes (par exemple, travailler avec les bras au-dessus des épaules), les mouvements à forte contrainte articulaire (par exemple la torsion du poignet, ou du tronc…), la répétitivité élevée des gestes (par exemple des mouvements répétés de flexion et d'extension du coude, du poignet), l'utilisation d'outils vibrants.

Les contraintes psychosociales et organisationnelles sont représentées par exemple par un travail sous contrainte de temps, une absence ou une insuffisance de temps de récupération, une forte demande psychologique, un faible soutien social au travail (de la part des supérieurs hiérarchiques ou des collègues), l'absence ou l'insuffisance de marges de manœuvre individuelles et collectives...

Dossier Troubles musculo-squelettiques

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