Infections à pneumocoque

Publié le 13/07/2017 - Dernière mise à jour le 26/10/2017

Point sur les connaissances

Définition

Une infections à pneumocoques sont dues à une bactérie appelée Streptococcus pneumoniae. Les pneumocoques peuvent être responsables d’infections dans de nombreuses localisations du corps: l’oreille moyenne (otite) chez les enfants, les sinus (sinusite) chez l’adulte, les enveloppes du cerveau (méningite), le sang (bactériémie) et les poumons (pneumonie).

Les infections à pneumocoques sont dites invasives lorsque les pneumocoques diffusent dans un site normalement stérile tel que le sang (bactériémie ou septicémie), les méninges (méningites) ou une articulation (arthrite). De telles infections peuvent être graves et nécessitent le plus souvent une hospitalisation.

Transmission

Les pneumocoques se transmettent entre personnes, par contact direct et étroit avec la personne infectée ou porteuse, en particulier lors de baisers, de toux ou d’éternuements.

Fréquence, personnes à risque

Les infections à pneumocoques constituent une cause majeure de morbidité et de mortalité partout dans le monde. Plus de 800 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année des suites d'une infection due aux pneumocoques dans le monde selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

En France, les pneumocoques sont la première cause de pneumopathie bactérienne communautaire et de méningite bactérienne chez l’adulte. C’est une cause fréquente d’otite et de pneumonie chez le jeune enfant.

Avant la mise en place de la vaccination des enfants en France, les pneumocoques étaient responsables chaque année de :

  • plus de 130 000 pneumonies ;
  • 5 000 à 7 000 hospitalisations pour infections invasives ;
  • près de 700 méningites.

Les infections à pneumocoques sont particulièrement fréquentes chez les jeunes enfants et les personnes âgées. Elles sont aussi plus fréquentes chez les personnes qui ont une maladie chronique ou reçoivent un traitement qui diminue leurs défenses immunitaires. Le risque de survenue d’une infection invasive à pneumocoques est multiplié par 4 en présence d’une pathologie chronique telle qu’un diabète, une pathologie pulmonaire, une pathologie cardiaque ou un alcoolisme et par 23 à 48 chez les patients immunodéprimés du fait d’un cancer ou d’une infection par le VIH/SIDA.

Les infections à pneumocoques peuvent  compliquer une infection virale comme la grippe.

La mortalité des infections invasives à pneumocoques varie de 10% à 30% selon les études. Elle augmente avec l’âge et la présence de comorbidités.

Vaccination contre les infections à pneumocoques

Vaccins anti-pneumococciques

Les pneumocoques présentent une grande diversité : plus de 90 sérotypes ont été identifiés et sont définis par leur antigène capsulaire. Ces sérotypes diffèrent quant à leur virulence et leur profil de résistance vis-à-vis des antibiotiques. Les vaccins anti-pneumococciques ciblent les pneumocoques de la vingtaine de sérotypes impliqués majoritairement dans les infections invasives.

Deux types de vaccins anti-pneumococciques sont disponibles en France :

  • le vaccin anti-pneumococcique conjugué 13-valent (VPC13), qui couvre 13 sérotypes (1, 3, 4, 5, 6A, 6B, 7F, 9V, 14, 18C, 19A, 19F et 23F).  Ce type de  vaccin entraîne une immunité chez le jeune enfant, induit une réponse mémoire et agit sur le portage des pneumocoques dans la gorge.
    Ce vaccin est disponible pour la vaccination des enfants depuis 2010 et de l’adulte depuis 2013.
  • le vaccin anti-pneumococcique polysaccharidique 23-valent (VPP23), qui couvre 23 sérotypes (1, 2, 3, 4, 5, 6B, 7F, 8, 9N, 9V, 10A, 11A, 12F, 14, 15B, 17F, 18C, 19A, 19F, 20, 22F, 23F et 33F).
    Ce vaccin est très peu immunogène chez le jeune enfant et n’agit pas sur le portage. La répétition rapprochée des vaccinations induit un phénomène d’hyporéponse immunitaire. Ce vaccin est disponible depuis 1983.

Le vaccin anti-pneumococcique conjugué 7-valent (VPC7) a d’abord été recommandé en 2003 chez les enfants de moins de 2 ans présentant un risque accru d’infection invasive à pneumocoques (IIP) du fait d’une pathologie sous-jacente ou de leur mode de vie, puis en 2006 chez tous les enfants de moins de 2 ans. Ce vaccin agit sur une partie des souches de pneumocoques, qui étaient responsables en France d’environ 70% des infections invasives à pneumocoques (septicémies, pneumonies avec un passage des pneumocoques dans le sang, méningites) chez les enfants, avant la mise en place de la vaccination. Il est remplacé depuis 2010 par le VPC13.

Vaccins anti-pneumococciques et leur couverture sérotypiques disponibles en France

Vaccin (nom commercial)

Sérotypes contenus dans le vaccin

VPC7 (non commercialisé)

4, 6B, 9V, 14, 18C, 19F, 23F

VPC13 (Prevenar®)

4, 6B, 9V, 14, 18C, 19F, 23F, 1, 3, 5, 6A, 7F, 19A

VPP23 (Pneumo 23®)

4, 6B, 9V, 14, 18C, 19F, 23F, 1, 3, 5, 7F,  19A,

2, 8, 9N, 10A, 11A, 12F, 15B, 17F, 20, 22F, 33F

Recommandations vaccinales

Recommandations générales
La vaccination par le VPC13 est recommandée pour l’ensemble des enfants âgés de moins de 2 ans selon un schéma vaccinal à deux injections à 2 mois d’intervalle à l’âge de 2 mois (8 semaines) et 4 mois suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois.

Recommandations particulières
Pour les prématurés et les nourrissons à risque élevé de contracter une IIP (cf. ci-dessous la liste des personnes à risques), le maintien d’un schéma vaccinal comprenant trois injections du VPC13, suivies d’un rappel est recommandé.

À partir de l’âge de 2 ans, la vaccination est recommandée pour les patients à risque :

  • immunodéprimés (patients concernés par les recommandations de vaccination des immunodéprimés et patients atteints de syndrome néphrotique) :
    - aspléniques ou hypospléniques (incluant les drépanocytoses majeures);
    - atteints de déficits immunitaires héréditaires;
    - infectés par le VIH, quel que soit le statut immunologique;
    - sous chimiothérapie pour tumeur solide ou hémopathie maligne;
    - transplantés ou en attente de transplantation d’organe solide;
    - greffés de cellules souches hématopoïétiques;
    - traités par immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie pour une maladie auto-immune ou inflammatoire chronique;
    - atteints de syndrome néphrotique.
  • non immunodéprimés porteurs d’une maladie sous-jacente prédisposant à la survenue d’IIP :
    - cardiopathie congénitale cyanogène, insuffisance cardiaque;
    - insuffisance respiratoire chronique, bronchopneumopathie obstructive, emphysème;
    - asthme sévère sous traitement continu;
    - insuffisance rénale;
    - hépatopathie chronique d’origine alcoolique ou non;
    - diabète non équilibré par le simple régime;
    - patients présentant une brèche ostéoméningée, un implant cochléaire ou candidats à une implantation cochléaire.

Les schémas vaccinaux en fonction de l’âge et du risque sont détaillés dans le calendrier vaccinal 2017 :
A noter les nouvelles recommandations pour les personnes (adultes et enfants) âgées de 5 ans et plus, à risque d’une infection pneumococcique, quel que soit le niveau de risque :

  • les personnes non antérieurement vaccinées reçoivent la primo-vaccination pneumococcique par une dose de VPC13 suivie 8 semaines plus tard d’une dose de VPP23 ;
  • les personnes qui n’ont reçu antérieurement que le vaccin VPP23 pourront recevoir une injection du VPC13 si la vaccination antérieure remonte à plus de 1 an ; l’injection ultérieure du VPP23 sera pratiquée avec un délai minimal de 5 ans par rapport à la date de l’injection du VPP23 ;
  • les personnes déjà vaccinées suivant la séquence VPC13 - VPP23 pourront recevoir une nouvelle injection du VPP23 en respectant un délai de 5 ans après la précédente injection de ce même vaccin ;

La nécessité de revaccinations ultérieures au-delà du premier rappel recommandé en 2017 devra être reconsidérée en fonction de la disponibilité des données d’efficacité de cette mesure.

Les données de couverture vaccinale les pneumocoques sont présentées dans le dossier thématique couverture vaccinale.

Dossier Infections à pneumocoque

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