AIDE-MEMOIRE

La fièvre hémorragique avec syndrome rénal en France

La fièvre hémorragique avec syndrome rénal est une maladie due à l'infection par des virus de la famille des Hantavirus (essentiellement le virus Puumala en France). Les hôtes naturels du virus sont des rongeurs. Ces rongeurs présentent une infection inapparente et excrètent le virus en grande quantité dans leurs urines, leurs selles ou leur salive. L'homme se contamine par voie respiratoire en inhalant le virus présent dans les excrétas des rongeurs ou plus rarement par morsure. Cette maladie n'est pas transmissible de personne à personne.
Le virus est présent essentiellement dans le quart Nord-Est de la France, le massif forestier des Ardennes belges et françaises étant particulièrement touché. La Lorraine, la Picardie et la Franche Comté sont des régions aussi concernées par la maladie. Le virus peut être à l'origine d'épidémies localisées. Il faut cependant souligner que des cas isolés en dehors de toute épidémie ont également été détectés sur l'ensemble du territoire de France métropolitaine. Depuis 1982, environ un millier de cas ont été confirmés sérologiquement en France. Six épidémies ont été décrites en 1985, 1990, 1991, 1993, 1996 et en 1999 au cours desquelles la majorité des cas est survenue en été. La forme de la maladie rencontrée en France, bien qu'étant souvent décrite comme une forme légère, peut néanmoins entraîner des problèmes rénaux à l'origine de l'hospitalisation des personnes atteintes. L'hôte naturel du virus Puumala, responsable de la très grande majorité des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal en France, est le campagnol roussâtre, qui vit dans les forêts ainsi que parfois, dans les bâtiments avoisinants.
Dans les zones connues de fièvre hémorragique avec syndrome rénal, un certain nombre de précautions, faciles à mettre en uvre, permettent de réduire considérablement le risque d'être infecté par le virus Puumala. Sont concernées par ces précautions, les personnes résidant à proximité des forêts, les personnes ayant des activité en forêt ainsi que les professionnels du bois.

Les signe clinique habituels sont la fièvre accompagné ou non de céphalées, de douleurs musculaires ou dorsales, éventuellement de troubles de la vision. Ces symptômes surviennent généralement dans les 15 jours à deux mois suivant une activité en forêt, la manipulation de bois, le nettoyage d'une maison laissée longtemps inhabitée (à proximité d'une forêt), ou après avoir eu un contact avec des rongeurs (ou après avoir constaté les traces de la présence de rongeurs). Si vous présentez ces signes cliniques, il est important de consulter un médecin en lui signalant cette activité ou ce contact avec des rongeurs susceptibles de représenter un facteur de risque pour la fièvre hémorragique avec syndrome rénal.

VOUS RÉSIDEZ A PROXIMITE D'UNE FORÊT ; VOUS TRAVAILLEZ OU AVEZ DES ACTIVITÉS EN FORÊT :

RECOMMANDATIONS POUR EVITER LA FIÈVRE HEMORRAGIQUE AVEC SYNDROME RENAL
(transmise par le campagnol roussâtre)

  •  Afin d'éviter le contact avec les excrétions de rongeurs pouvant contenir des hantavirus, il est recommandé : - de mettre un pansement sur toute blessure avant de manipuler du bois ou de travailler la terre en bordure de forêt ;
    - de mettre des gants de caoutchouc ou de latex pour manipuler des rongeurs morts ou vivants ou leurs nids.

  •  Afin d'éviter l'inhalation de virus, il est recommandé, lorsqu'on est en forêt ou en bordure de forêt : - de mettre un masque ou, du moins, se mettre dos au vent, pour manipuler du bois ou effectuer toute activité faisant voler de la poussière ;
    - d'aérer et asperger d'eau (ou mieux, de désinfectant ou d'eau de javel) avant de balayer tout local ayant été fermé longtemps, susceptibles d'avoir abrité des rongeurs.

  •  Par ailleurs il est rappelé que la dératisation régulière permet d'éviter la contamination dans les maisons. Deux techniques de dératisation peuvent être utilisées : - nourriture empoisonnée pour campagnols (vendue dans les jardineries) présentée en tas de 20 à 30 grammes dispersés le long des murs et renouvelés tant qu'ils sont consommés ;
    - pièges (tapettes classiques) appâtés avec un morceau de carotte. Quelle que soit la méthode employée, il est important de manipuler les cadavres avec des gants de caoutchouc. Le mieux est ensuite de les brûler ou de les mettre dans un sac plastique avant de les jeter à la poubelle.

  •  Quelques mesures simples permettent également d'éviter que les campagnols ne rentrent dans les maisons : - placer la nourriture dans des endroits inaccessibles aux rongeurs ;
    - empêcher l'accès des rongeurs dans les habitations en bouchant les ouvertures ;
    - éliminer les abris utilisables par les rongeurs.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 12 mars 2003
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