Epidémie de Syndromes respiratoires aigus sévères (SRAS) en Asie du Sud-Est

Point au 18 mars 2003

 

 

1- Que sait-on sur le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)

Il s'agit d'une pneumopathie (infection pulmonaire) fébrile (fièvre >38°) sévère pouvant évoluer vers une insuffisance respiratoire. L'agent responsable n'a pas encore été identifié. En date du 17 mars, 167 cas de SRAS ont été identifiés essentiellement dans trois pays : Chine (Hong Kong et province de Guangdong), Vietnam (ville d'Hanoï) et Singapour. D'autres cas isolés ont été signalés à Taiwan en Thaïlande, au Canada et en Allemagne (cf. tableau au format Excel). A l'heure actuelle, plusieurs équipes internationales (dont l'InVS, l'Institut Pasteur de Paris au Vietnam et le Centers for Disease Control (CDC) d'Atlanta) coordonnées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) travaillent activement pour identifier le germe responsable de cette épidémie. L'hypothèse la plus probable est celle d'un virus. Cependant, l'hypothèse initialement avancée d'un virus grippal d'origine aviaire apparaît de moins en moins probable.

La maladie se transmet de personne à personne par contact étroit avec un malade. La grande majorité des cas concernent des professionnels de santé. Les cas rapportés à ce jour en Asie du Sud-Est ont pu être reliés de manière directe à un autre cas (relation patient-soignant ou famille proche). Il n'existe pas d'argument patent à ce jour que la maladie se transmette par un contact ponctuel ou éloigné avec une personne touchée. On suspecte une transmission par l'intermédiaire des sécrétions oro-pharyngées ou respiratoires et peut être aussi les liquides biologiques. Enfin, les données disponibles indiquent que la durée d'incubation de la maladie serait comprise entre 2 et 7 jours.

2- Mesures de prévention prises par le Ministère de la santé

Pour limiter le risque de diffusion de ces pneumopathies sur le territoire français, le Ministère de la santé a lancé une alerte nationale dès le 13 mars 2003 et mis en œuvre un ensemble de mesures de prévention qui sont disponibles sur son site web.
(http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/pneumapathies/index.htm).


3- Situation en France au 18 mars 2003 : les investigations menées par l'InVS

A la demande du Ministère chargé de la Santé, l'InVS a été chargé le 16 mars 2003 de l'investigation épidémiologique nationale des cas suspects de SRAS chez les personnes revenant d'Asie du Sud-Est ou chez leurs proches signalés par les professionnels de santé.

3-1 Définition de cas

Des définitions de cas suspects et probables de SRAS ont été élaborées sur la base des recommandations de l'OMS pour standardiser la recherche de cas, la prise en charge diagnostique et clinique, les mesures de prévention et le suivi de la situation épidémiologique.

La définition d'un cas suspect est :
- toute personne revenant de Chine, de Hong Kong, d'Hanoï ou de Singapour depuis moins de 10 jours et présentant à la fois :
 -> une fièvre supérieure à 38°C d'apparition brutale
 -> des symptômes respiratoires (toux, essoufflement, difficultés respiratoires) ;

- toute personne présentant les mêmes symptômes et vivant dans le même foyer que la personne répondant aux critères précédents.

Un cas probable est un cas suspect présentant des signes de pneumopathie à la radiographie pulmonaire ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë, et pour lequel le diagnostic d'une infection bactérienne peut être exclu sur la base des signes cliniques, radiologiques ou biologiques (hyperleucocytose).


4.2. Résultats des investigations à la date du 18 mars, 12h00

L'InVS a conduit un suivi systématique des 26 français rapatriés du Vietnam et potentiellement exposés professionnellement à l'agent responsable du SRAS dans l'hôpital d'Hanoï où est survenu le premier foyer du Vietnam. Vingt-quatre de ces personnes ont pu être contactées à ce jour et aucune ne présente de signes cliniques.

A ce jour, 12h00, l'InVS a reçu 69 appels de médecins ou de services hospitaliers concernant des patients ou groupes de patients ayant présenté des symptômes pouvant correspondre au SRAS au retour d'un voyage d'Asie du Sud-Est. Sur la base de l'évaluation clinique, radiologique, biologique et épidémiologique 57 de ces cas ont pu être écartés. Douze cas sont toujours en cours d'investigation. Cependant, pour ceux-ci, les informations préliminaires disponibles ne sont pas en faveur de cas probable de SRAS au sens de la définition de cas indiqué ci dessus.


4. Liens utiles

http://www.who.int/mediacentre/releases/2003/pr23/fr/index.html

http://www.who.int/mediacentre/releases/2003/pr22/fr/index.html

http://www.cdc.gov/ncidod/sars/

http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/pneumapathies/index.htm

 

 

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Mise à jour le 18 mars 2003
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