Ministère de la Santé et des Solidarités
Direction Générale de la Santé

Communiqué de presse - 5 juillet 2005


La France s’engage à éliminer la rougeole et la rubéole congénitale d’ici 2010 : nouvelles recommandations vaccinales et déclaration obligatoire pour la rougeole.


Il existe actuellement en France un risque potentiel d’épidémies de rougeole qui peuvent survenir parmi des populations insuffisamment vaccinées. Par ailleurs, chaque année, des infections rubéoleuses surviennent chez des femmes enceintes entrainant la naissance d’enfants atteints de rubéole congénitale malformative ou des interruptions médicales de grossesse. Dans ce contexte, la Direction Générale de la Santé et l’Institut de veille sanitaire mettent en oeuvre des mesures destinées, d’une part à optimiser le taux de couverture vaccinale, d’autre part à renforcer la surveillance de la rougeole. Ces mesures s’inscrivent dans le plan d’élimination de la rougeole et de la rubéole congénitale de la région européenne de l’Organisation Mondiale de la Santé1.

Dans le monde, la rougeole reste la première cause de mortalité infantile évitable par la vaccination, avec plus de 30 millions de cas et 777 000 décès chaque année. En France, depuis l’introduction du vaccin dans le calendrier vaccinal, le nombre annuel de cas estimé est passé de 331 000 en 1985 à environ 4500 en 20042 et le nombre de décès est passé dans le même temps d’une trentaine à moins de 10 par an. Toutefois, le ralentissement de la circulation virale a pour conséquence que des enfants non vaccinés atteignent un âge avancé sans rencontrer le virus. De ce fait, la réduction du nombre de cas de rougeole s’est accompagnée d’une augmentation de l’âge moyen de survenue de la maladie. Cette situation est préoccupante car la fréquence et la gravité des complications de la rougeole notamment neurologiques augmentent avec l’âge.
Pour mémoire, une épidémie de rougeole survenue en région PACA en 2003 avait touché plus de 250 personnes, le taux de couverture vaccinale étant inférieur à 80% dans certains départements de cette région.

Pour enrayer cette évolution, le schéma vaccinal est de nouveau adapté3. Il est recommandé une première dose du vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole à 12 mois (et non plus à partir de 12 mois) et une deuxième dose au cours de la deuxième année (soit entre 13 et 24 mois,avec un intervalle d’au moins un mois entre les deux injections). Ce nouveau schéma devrait permettre d’atteindre un taux de couverture élevé (au moins 95% pour la première dose et 90% pour la deuxième dose), condition nécessaire pour l’élimination de la rougeole. Aujourd ‘hui cette couverture vaccinale n’est que de 86,4% à 24 mois avec de fortes disparités selon les régions.
De plus, pour éviter les cas chez les grands enfants, adolescents et les adultes jeunes, la vaccination est recommandée en rattrapage entre 2 et 13 ans (2 doses) entre 14 et 25 ans (1 dose).

Afin de suivre l’incidence de la maladie et de repérer précocement les foyers épidémiques, la rougeole est inscrite sur la liste des maladies à notification obligatoire. De plus, tout cas de rougeole diagnostiqué cliniquement devra être confirmé par un test biologique (recherche d’IgM sur prélèvement de sang ou de salive). Des kits de prélèvement salivaire seront disponibles auprès des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS). Près de 92 000 professionnels de santé vont recevoir dans les jours qui viennent une lettre d’information sur le dispositif de notification et de confirmation biologique des cas.


1 Plan stratégique de lutte contre la rougeole et la rubéole congénitale dans la region européenne de l’OMS (http://www.euro.who.int/vaccine).
2 Réseau sentinelles, Inserm U707
3 Cf BEH du 5 juillet 2005


Contacts presse
Laurence Danand (DGS) : 01-40-56-52-62
Laetitia G. Benadiba (InVS) : 01-41-79-67-08

 

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Mise en ligne le 6 juillet 2005
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