Infections à virus Chikungunya

Epidémie aux Comores - Importation en France

Point au 3 mai 2005

 


Le virus Chikungunya (en swahili, "Chikungunya" signifie : "marcher courbé") est un alphavirus de la famille des Togaviridae transmis par un moustique du genre Aedes (ae aegypti, ae.albopictus,ae.polynesiens).

Le réservoir animal concerne les primates et le bétail domestique mais des oiseaux peuvent être infectés. Le virus circule surtout en Afrique, Asie du Sud-Est et dans le sous continent indien.

Environ 4 à 7 jours après la piqûre de moustique infectante, une fièvre élevée apparaît brutalement. S’y associent alors typiquement des arthralgies intenses touchant les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des céphalées et éventuellement une éruption maculopapulaire. Des hémorragies bénignes peuvent survenir surtout chez les enfants. Des infections asymptomatiques sont fréquentes. L’immunité est durable. L’évolution de la maladie est souvent favorable et la douleur cède sous anti-inflammatoire non stéroïdiens. Cependant, des formes chroniques existent, caractérisées par des arthralgies persistantes. Aucun cas mortel d’infection à Chikungunya n’a été rapporté.

Une épidémie est en cours aux Comores depuis janvier 2005. A ce jour, il y a 4 369 cas rapportés dont une partie a été confirmée sérologiquement. En raison des échanges fréquents et de la proximité géographique avec l’île de Mayotte et de la Réunion, l’importation de cas à Mayotte et à l’île de La Réunion est probable. Des mesures de contrôle, avec en particulier l’intensification de la lutte antivectorielle, y ont été mises en place afin d’éviter l’extension de l’épidémie. Des cas cliniquement suspects ont été signalés ce jour à Mayotte. Un cas a été confirmé à la Réunion.

De même, l’importation de cas d’infection à Chikungunya en métropole est prévisible. A ce jour, plusieurs cas confirmés ont été signalés à Marseille où il existe une importante communauté comorienne. On retrouve la notion d’un voyage récent aux Comores pour tous les cas.

L’importation de cas de Chikungunya ne constitue cependant pas un phénomène inquiétant en termes de santé publique. L’éventualité d’une transmission secondaire est très improbable en France métropolitaine. Alors que les diagnostics les plus fréquents au retour d’un voyage au Comores restent le paludisme et la dengue, l’infection à Chikungunya devrait actuellement pouvoir être évoquée en deuxième intention.


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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 4 mai 2005
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