Epidémie de Chikungunya

Point de situation au 6 juillet 2005


A propos de la maladie
Le virus Chikungunya (qui signifie en swahili "marcher courbé", en raison des fortes douleurs articulaires provoquées) est transmis par un moustique du genre Aedes. Il circule surtout en Afrique, Asie du Sud-est et dans le sous continent indien.
Environ 4 à 7 jours après la piqûre de moustique infectante, une fièvre élevée apparaît brutalement. S’y associent alors typiquement d’importantes douleurs articulaires et musculaires touchant les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des céphalées et parfois une éruption cutanée. Des hémorragies bénignes peuvent survenir, surtout chez les enfants.
L’évolution spontanée de la maladie est le plus souvent favorable. Des formes chroniques existent cependant, caractérisées par des arthralgies persistantes. Aucun cas mortel d’infection à Chikungunya n’a été rapporté. La prise en charge thérapeutique repose essentiellement sur la prescription d’anti-inflammatoires non stéroïdiens afin de soulager les douleurs.

Situation internationale
Une épidémie a été signalée aux Comores depuis janvier 2005. A ce jour, plus de 5 000 cas ont été rapportés. Plus de 3600 cas ont également été signalés à l’île Maurice.entre fin avril et fin juin.

Situation à la Réunion
En raison de la proximité géographique et des importants mouvements de population entre la République des Comores, l’île de Mayotte et l’île de la Réunion, l’importation de cas ainsi que l’extension de l’épidémie aux territoires français de l’Océan Indien avait été envisagée dès la fin du mois de mars. Un système de surveillance spécifique, une information des professionnels de santé et une intensification de la lutte antivectorielle ont donc été mis en place depuis début avril.
Entre le 28 mars et le 4 juillet 2005, 2310 cas de Chikungunya ont été identifiés à la Réunion, dont 511 confirmés biologiquement. Le nombre de nouveaux cas rapportés a régulièrement augmenté à partir de la mi-avril, notamment en raison du travail de dépistage réalisé par les équipes sanitaires locales. Il s’agit pour la quasi-totalité de personnes contaminées localement et non de cas importés. Depuis mi-mai, l'épidémie semble sous contrôle avec un nombre de nouveaux cas hebdomadaires en baisse régulière.
La majorité des cas sont survenus dans les villes du Port (27 %), Saint-Denis (18 %), Sainte-Clotilde (13 %) et Saint-Pierre (11 %), bien que l’on assiste depuis quelques semaines à une dispersion des cas sur de nombreuses communes de l’île, principalement dans le nord-ouest.
Depuis la découverte des premiers cas, les mesures de surveillance et de prévention ont été renforcées : elles reposent principalement sur le dépistage actif des cas suspects dans l'entourage des cas signalés, et l’identification et le traitement des foyers de transmission (démoustication) par le service de lutte antivectorielle. La lutte communautaire doit également être encouragée, avec une protection individuelle contre les moustiques et la destruction des gîtes potentiels autour des habitations.

Situation à Mayotte
Plusieurs cas ont été identifiés à Mayotte depuis fin avril et ont conduit à une intensification des mesures de démoustication.

Situation en France métropolitaine
Treize cas ont été confirmés à Marseille, un à Paris et un à Tours, tous chez des patients de retour des Comores. Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de risque de transmission secondaire en France métropolitaine.

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 11 juillet 2005
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