Epidémie de grippe aviaire A (H5N1) en Asie

Point au 4 octobre 2005

 


La grippe aviaire

La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza aviaire infecte parfois d’autres espèces animales comme le porc et d’autres mammifères. Les canards domestiques, chez qui l’infection est le plus souvent asymptomatique, pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus en servant de réservoir silencieux.

Les virus de la grippe aviaire peuvent exceptionnellement être transmis à l’homme. Cette transmission s’effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d’animaux infectés. Le tableau clinique chez l’homme est marqué par une infection respiratoire aiguë sévère, d’évolution souvent fatale. L’infection peut également prendre d’autres formes cliniques (digestives, par exemple), voire être asymptomatique. Le diagnostic biologique est réservé à certains laboratoires très spécialisés. Des traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.

Le risque majeur représenté par les virus aviaires A(H5N1) est leur recombinaison avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l’homme à l’occasion d’une co-infection. Une telle souche recombinée pourrait acquérir une capacité de transmission inter-humaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l'absence d'immunité de la population mondiale vis-à-vis de cette nouvelle souche.

En janvier 2004, une souche virale de type A(H5N1), a été identifiée dans des foyers de grippe aviaire au Vietnam et signalée à l’OIE (Office international des épizooties). De nombreux autres foyers aviaires causés par ce virus ont été depuis identifiés dans plusieurs pays d’Asie. Cette épizootie a été à l’origine d’une centaine de cas humains (voir situation épidémiologique) dans les pays touchés.


Situation de l’épizootie (épidémie animale) en Asie

Depuis le début de l’épizootie en janvier 2004, 10 pays ont été touchés : Cambodge, Chine, Corée du Sud, Indonésie, Japon, Kazakhstan, Laos, Malaisie, Mongolie, Thaïlande, Vietnam et Russie (Sibérie). Au cours du premier semestre de 2005, des foyers ont été détectés au Cambodge, en Chine, en Indonésie, en Thaïlande et au Vietnam.

L’été 2005 a été marqué par l’extension de l’épizootie aux frontières de l’Europe puisque l’existence de foyers de grippe aviaire en Sibérie, dans les républiques de Novosibirsk, Omsk, Tyumen et dans les territoires Altaï a été confirmée par les autorités sanitaires russes fin juillet. Des foyers épizootiques ont aussi été identifiés au nord du Kazakhstan et en Mongolie.
Le 19 septembre 2005, le principal zoo de Jakarta a été fermé au public après le découverte de nombreux oiseaux infectés par le virus H5N1.


Situation des cas humains en Asie du Sud-Est

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), depuis le début de l’épizootie en Asie du Sud-Est en janvier 2004, 116 cas humains de grippe A(H5N1) ont été identifiés, dont 60 mortels. Ces cas sont survenus en trois phases : janvier-mars 2004, puis août-octobre 2004 et enfin décembre 2005 à ce jour.

Récapitulatif cas humains de grippe A(H5N1) confirmés biologiquement (PCR ou isolement viral) notifiés à l’OMS, 1er janvier 2004 - 4 octobre 2005

Les cas humains les plus récents ont été identifiés en Indonésie. A ce jour, les autorités de ce pays ont notifiés 7 cas humains d’infection à virus A(H5N1), dont 4 répondants aux critères retenus par l’OMS et 3 cas probables. Six de ces personnes sont décédés. Les activités de surveillance et de dépistage ont été considérablement renforcées et plusieurs dizaines de cas suspects sont en cours d’investigation, pour l’essentiel à Jakarta. Certains de ces personnes auraient notamment fréquenté le zoo de Jakarta dans lequel des oiseaux atteints par le virus avaient été identifiés.

Pour la plupart des cas humains décrits en Asie, la contamination a pour origine des contacts avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Cependant, la possibilité d’une contamination inter-humaine consécutive à des contacts étroits et répétés au sein de groupes familiaux a été évoquée lors d’une douzaine d’épisodes en Thaïlande, au Vietnam au Cambodge et, plus récemment, en Indonésie. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée limitée et n’a pas donné lieu jusqu’à présent à une transmission communautaire secondaire.


Les mesures de contrôle

Sur le plan animal, les mesures recommandées consistent en une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés, puis leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés. Afin d’éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d’appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé dans ces fermes (vêtements, voitures…). Une conférence internationale, sous l’égide de l’OMS, de l’OIE et de la FAO, s’est tenue en juillet 2005 afin de statuer sur les mesures nécessaires pour prévenir la transmission du virus. Les principales recommandations insistaient sur la nécessité d’élever les différentes espèces animales séparément, en évitant notamment tout contact entre les volailles et les porcs, de mener de larges campagnes de vaccination sur ces animaux dans les zones à haut risque de transmission, et d’encourager les éleveurs à signaler les cas suspects de grippe aux autorités en prévoyant un dédommagement adéquat pour le préjudice financier subi en cas d’abattage.

Sur le plan humain, des mesures de précaution individuelles sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions (http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe_aviaire/faq.htm#2_3). A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1).

Le risque de pandémie grippale est pris en compte par les pays de la Communauté Européenne, et notamment par la France qui dispose d’un plan gouvernemental de lutte élaboré dans la perspective d’un tel événement (http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe/pandemiegrippale_plan.pdf).


Pour plus d’informations (en particulier sur les mesures de précautions à prendre pour les voyageurs en Asie) :
- le site du ministère de la Santé et des Solidarités : http://www.sante.gouv.fr
- le site de l’Organisation mondiale de la santé : http://www.who.int/csr
- le site de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) : http://www.oie.int/fr/fr_index.htm
- la conduite à tenir devant un cas suspect de grippe aviaire (document à l’attention des professionnels de santé).
-les documents postés dans les aéroports à l’attention des voyageurs se rendant dans un pays affecté par la grippe aviaire : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe_aviaire/affiches.htm

 

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Mise en ligne le 5 octobre 2005
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