Dengue dans les départements français d'Amérique

Point au 12 janvier 2007


La dengue
La dengue est une maladie virale transmise par les moustiques du genre Aedes (Aedes aegypti dans la Caraïbe). On distingue quatre sérotypes différents du virus de la dengue (DEN-1, DEN-2, DEN-3 et DEN-4). L'absence d'immunité croisée entre les sérotypes, permet des infections successives chez un même individu. L'être humain représente à la fois le principal réservoir naturel pour les virus de la dengue et le disséminateur de la maladie.


La maladie

La maladie se traduit par une forte fièvre accompagnée de maux de tête, de courbatures et d’asthénie qui peut durer plusieurs semaines. Elle survient 2 à 7 jours après avoir été piqué par un moustique infecté. La dengue est une maladie pour laquelle il n’existe ni traitement préventif, ni traitement spécifique, ni vaccin. La guérison s'accompagne d'une convalescence d'une quinzaine de jours. C’est une maladie qui, dans la majorité des cas, ne présente pas de complications. Néanmoins, en raison de l’existence de formes sévères et de formes hémorragiques, il faut, d’une part, éviter toute automédication, en particulier la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoires, et, d’autre part, consulter son médecin traitant qui prescrira le traitement symptomatique adapté. Le respect des prescriptions est capital, une prise excessive de paracétamol pouvant entraîner des effets indésirables sévères.


Situation régionale et internationale

La dengue est l’arbovirose la plus répandue dans le monde. Les deux-cinquièmes de la population mondiale sont exposés à ce risque. La maladie est maintenant endémique dans plus de cent pays d’Afrique, des Amériques (y compris la Caraïbe), de la Méditerranée orientale, de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental. Les données provisoires de 2006 recensent plus de 380 000 cas de dengue dans les Amériques, dont 9 962 cas de dengue hémorragique. Une grande proportion de pays de la Caraïbe ont signalé des cas de dengue : la Dominique, la Jamaïque, le Surinam, la Guyane Hollandaise, Sainte-Lucie, Aruba, les Grenadines, Trinidad &Tobago. De même, des épidémies ont été enregistrées dans les pays d’Amérique Centrale et du Sud avec près de 234 000 cas au Brésil. La situation épidémique en Amérique Centrale et du Sud ne semble globalement pas s’être détériorée par rapport à l’année 2005, cependant certains pays connaissent une augmentation plus ou moins significative de l’incidence de la maladie (Salvador, Paraguay, Venezuela, certaines régions du Brésil). L’Argentine qui a signalé des cas de dengue cette année n’avait pas connu de circulation virale depuis 2000. Par ailleurs, le virus circule également dans des régions connues pour être endémiques et notamment en Asie du Sud-Est, en Inde, au Pakistan et en Afrique.


Situation dans les départements français des Amériques

En Guadeloupe

La Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin ont connu une épidémie d’intensité modérée de juillet 2005 à mars 2006 avec un pic épidémique pour la Guadeloupe et les îles du nord en septembre 2006.

- Guadeloupe continentale : il y a eu une augmentation régulière du nombre de cas de dengue de la fin du mois de septembre jusqu’au mois de novembre 2006. Le nombre de cas par semaine, bien que diminuant depuis quelques semaines, reste aujourd’hui au dessus des valeurs normales pour la saison. A noter que le sérotype DEN-4 qui n’avait pas circulé depuis une dizaine d’années est de nouveau identifié.
- à Saint-Martin : dans un contexte de circulation endémique du virus depuis 2004, on a vu une augmentation progressive de la transmission du mois d’août au mois de novembre 2006 et le déclenchement d’une pré-alerte épidémique le 13 novembre 2006. Depuis la fin du mois de novembre, le nombre de cas de dengue diminue et est revenu en ce début d’année 2007 à un niveau habituel pour la saison.
- à Saint-Barthélemy : après 3 pics épidémiques en juin, août et octobre 2006, la transmission reste sur un mode épidémique mais plutôt dans une phase de décroissance.

Les sérotypes DEN-2 (83 %), DEN-3 (10 %) et DEN-4 (7 %) ont été isolés.

En Martinique
Ce département a connu plusieurs épidémies de dengue dans un passé récent : en 1995, 1997 et environ 28 500 cas estimés en 2001.
Pour l’année 2006, une phase de recrudescence saisonnière plus précoce a conduit au déclenchement d’une pré-alerte épidémique à la fin octobre 2006. Il semble que depuis la fin du mois de novembre 2006, le nombre de cas hebdomadaires soit revenu au niveau attendu pour la saison. Depuis le mois de juillet, un décès se rapportant à une infection récente par le virus de la dengue a été enregistré.
On constate la circulation concomitante des 4 sérotypes : le sérotype DEN-3 représente 69 % des cas confirmés, le DEN-2 25 % et le DEN-4 6 %.
Dans ce contexte, un certain nombre de mesures ont été mises en œuvre : renforcement de la surveillance des sérotypes circulants où les foyers épidémiques ont été identifiés, renforcement de la surveillance entomologique et des actions de démoustication, actions de communication auprès des populations concernées par les foyers et, des professionnels de santé. Depuis la fin du mois de novembre 2006 et la diminution du nombre de cas, des actions de démoustications couplées à une recherche active de cas secondaires autour de cas confirmés sont réalisés de manière systématique. Par ailleurs, une information auprès d’organisations internationales (PAHO, CAREC) a été conduite afin de prévenir les risques d’épidémie dans les autres îles de la Caraïbe et sur le continent américain, en regard de l’intensité des flux migratoires qui caractérisent la région.

Situation en Guyane
Les indicateurs épidémiologiques témoignent d’une situation de type inter épidémique, correspondant à un arrêt de la transmission de la dengue sur un mode épidémique. La transmission se poursuit à un niveau habituel correspondant à la saison.
L’épidémie qui a touché la Guyane depuis le mois de novembre 2005 s’est donc étendue sur une période de 35 semaines avec un pic épidémique au mois d’avril 2006. Elle a pris naissance sur le Maroni avant de s’étendre aux zones du littoral et de toucher les communes de l’Oyapock. Au cours du phénomène, on estime que 16.200 personnes auraient consulté pour une forme clinique de la maladie, 204 cas confirmés ont été hospitalisés et 4 décès ont été enregistrés, dont 3 chez des enfants de moins de 6 ans.


Recommandations

Dans la majorité des cas, la dengue ne présente pas de complications. Néanmoins, principalement en raison de la baisse du nombre de plaquettes, il existe un risque hémorragique au cours de cette infection virale. C’est pourquoi, il est nécessaire d’une part d’éviter impérativement la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoires et d’autre part, de consulter son médecin traitant qui pourra prescrire, outre la demande de confirmation sérologique, une numération formule sanguine, notamment pour la surveillance du taux de plaquettes (une description complète des symptômes et de l’évolution de la dengue chez l’adulte est consultable dans le bulletin Basag 2005-n°13, téléchargeable sur le site Internet de la DSDS : http://www.martinique.sante.gouv.fr)

Pour limiter au maximum les risques de contamination, il est important de :
1) se protéger individuellement contre les piqûres de moustiques (utilisation de moustiquaires, port de vêtements longs, utilisation de répulsifs et de produits insecticides);
2) d’éviter la prolifération des vecteurs en éliminant régulièrement tous les lieux de reproduction des moustiques qui se trouvent à l’extérieur et à l’intérieur des maisons.
Pour plus d’informations, vous pouvez télécharger les numéros 7, 9, 10, 11, 12 et 13 du Bulletin d’alertes et de surveillance Antilles-Guyane 2005 (Basag) ainsi que les numéros 3 , 4, 6 et 7 de 2006, téléchargeable sur le site de la DSDS de la Martinique (http://www.martinique.sante.gouv.fr)


Pour en savoir plus :

Consulter le dossier « DENGUE »

 

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Mise en ligne le 12 janvier 2007
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