Communiqué de presse

Sur les routes françaises, autant de blessés avec séquelles majeures que de tués

 

Paris, le 6 mai 2008

 


En France, la route ferait autant de blessés avec séquelles majeures que de tués selon une estimation nationale réalisée par l’UMRESTTE* et publiée aujourd’hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire**.

L’étude a porté sur les personnes blessées non décédées, recensées par le registre médical des victimes d’accidents de la circulation routière du Rhône (1). Les données de ce registre ont été comparées à celles recueillies par les forces de l’ordre. Un travail de modélisation couplant ces deux sources de données, sur 1996-2004, a permis de dresser une estimation nationale sur cette période.

Ainsi estimé, le nombre annuel moyen de blessés (toutes gravités) serait de 514.300, dont 41.000 piétons, 56.000 cyclistes, 120.000 usagers de deux-roues motorisés et 277.000 automobilistes. Sur l’ensemble de ces blessés, chaque année, près de 7500 présentent des séquelles majeures (les tués sont au nombre de 7400 par an, en moyenne, sur cette même période). Chez ces blessés, les lésions à la tête sont toujours prédominantes, mais le sont plus particulièrement chez les piétons et les cyclistes, alors que les membres inférieurs et la colonne vertébrale sont relativement plus souvent concernés chez les automobilistes et usagers de deux-roues motorisés.

On observe un sur-risque de blessure (quelle qu’en soit la gravité) chez les hommes, et chez les jeunes (15-29 ans) ; ces sur-risques sont en partie liés à l’usage du deux-roues motorisé. Parmi ces usagers de deux-roues motorisés, et à la différence de ce que l’on observe pour les tués, le nombre de blessés graves rejoint, à la fin de la période d’étude, le nombre de blessés graves parmi les automobilistes (alors que les usagers de deux-roues motorisés ne représentent que 1% du trafic, et les automobilistes 74%).

L’étude publiée aujourd’hui permet d’affirmer que le risque d’être lourdement handicapé suite à un accident de la circulation est égal au risque d’être tué sur la route (tous modes de transports). Pour les cyclistes et les usagers de deux-roues motorisés, le risque de handicap lourd est beaucoup plus élevé que celui d’être tué.

 

(*) Unité mixte de recherche épidémiologique et de surveillance Transport Travail Environnement (http://www.inrets.fr/ur/umrestte) associant l’Inrets (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité), l’InVS et l’Université Claude Bernard Lyon 1.

(**) Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 6 mai 2008, disponible sur le site de l’InVS : http://www.invs.sante.fr/display/?doc=beh/2008/19/index.htm

(1) Le département du Rhône est couvert depuis 1996 par un registre médical des victimes d’accidents de la circulation routière. Ce registre recense les blessés de la route consultant un service hospitalier et précise les types de lésions. Les données nationales des forces de l’ordre dénombrent les décès survenus sur la route et les blessés. Elles ne permettent pas de documenter de façon précise la gravité médicale des lésions.

Contact presse : Laetitia Gouffé-Benadiba (InVS) 01 41 79 67 08 (l.benadiba@invs.sante.fr)

 

 

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Mise en ligne le 6 mai 2008
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