Communiqué de presse - 30 août 2001

Résurgence confirmée de la syphilis en France

 

La syphilis réapparaît en France dans un contexte de recrudescence des maladies sexuellement transmissibles (MST) aiguës, telle que la gonococcie. Une enquête(1), coordonnée par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), fait état d’une augmentation préoccupante du nombre de cas de syphilis.

Fin novembre 2000, le dispensaire antivénérien (DAV) de l’Hôpital Tarnier (Paris) alertait l’InVS de la survenue d’un nombre inhabituel de cas de syphilis en l’espace de six semaines. Une enquête épidémiologique a été conduite pour confirmer les cas diagnostiqués et pour mettre en évidence une éventuelle recrudescence de cette maladie en France.

Maladie devenue exceptionnelle depuis une douzaine d’années, la syphilis est une MST due à une bactérie (tréponème pâle) et dont les symptômes varient selon le stade de l’infection. La syphilis primaire se manifeste généralement par un chancre (ulcération de la peau et des muqueuses) - souvent indolore - qui apparaît en moyenne 3 semaines après la contamination. En l’absence de traitement, d’autres symptômes (éruptions cutanées, fièvre, douleurs articulaires…) peuvent survenir (syphilis secondaire). La maladie peut alors évoluer de façon ‘’silencieuse’’ (sans symptômes évocateurs) pendant plusieurs années et entraîner, à long terme, des complications sévères (manifestations neurologiques, cardio-vasculaires). La syphilis est contagieuse à tous les stades de son évolution.

Entre le 1er janvier 2000 et le 31 mai 2001, 78 cas (dont 77 hommes) de syphilis ont été déclarés (32 en 2000 et 46 au 31 mai 2001) à l’InVS par des cliniciens. Près de 87% des cas recensés ont été diagnostiqués à Paris. L’âge moyen était de 36,4 ans. Parmi les cas répertoriés chez des hommes, 75% concernaient des homosexuels. Pour l’ensemble des cas, 27% n’avaient aucun antécédent de MST et 53% étaient infectés par le VIH. 7 personnes ont découvert leur statut vis-à-vis du VIH au décours du diagnostic de syphilis. Le stade de syphilis secondaire a été établi chez 49 personnes (63%).

Une recrudescence similaire de la syphilis a été observée dans d’autres pays d’Europe (Belgique, Irlande, Pays-Bas, Royaume-Uni …). L’émergence actuelle de la syphilis en France est cohérente avec la recrudescence d’autres MST déjà mise en évidence (gonococcies) et la tendance au relâchement de la prévention, notamment chez les homosexuels (résultats de l’enquête Presse Gay 2000). Ce constat préoccupant a entraîné la mise en place d’un réseau national de surveillance épidémiologique de la syphilis.

L’InVS rappelle que la syphilis - maladie contagieuse potentiellement grave et méconnue - réapparaît actuellement. Dès lors que la maladie est diagnostiquée précocement, un traitement antibiotique adapté permet de rompre la chaîne de transmission de l’infection et d’éviter les complications.

(1) Résurgence de la syphilis en France, 2000-2001. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n°35-36/2001 (28 août 2001). Disponible sur le site de l’Institut de Veille Sanitaire : http://www.invs.sante.fr

 

Contact :
RNSP / Cellule de Communication – Service des Relations avec la Presse
Laetitia G. Benadiba ( 01-41-79-67-08

 

 

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Mise en ligne le 30 août 2001
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