Point d’Information sur des cas de Trypanosomose Humaine en Tanzanie

Centre National de référence des maladies d'importation,
Institut de Veille Sanitaire, Groupe santé des voyageurs du CSHPF

 

Plusieurs cas de Trypanosomose Humaine Africaine à Trypanosoma rhodesiense ont été récemment rapportés chez des personnes ayant séjourné en Afrique de l’Est, dans la zone des grands parcs animaliers de Tanzanie.

Parmi les huit cas dont la notification est documentée, on retrouve un Américain, deux Britanniques, deux Italiens, un Suédois, un Norvégien et un Sud Africain. La totalité des patients avaient séjourné dans le parc du Serengeti et pour certains d’entre eux au NgoroNgoro, au lac Manyara ou au Tarangire.

La durée du séjour était de 48 à 72 heures, un cas ayant eu — dans le cadre d’une mission vétérinaire au Serengeti— une exposition durant 3 semaines. Le sexe et l’âge sont sans particularités ; la notion de piqûres par des Glossines (mouches Tsé-Tsé) et/ou d’un ‘chancre d’inoculation’ (trypanome) est fréquemment rapportée. La durée d’incubation est courte (environ une semaine). Les symptômes rapportés pour ces cas font état de fièvre, de CIVD, d’insuffisance rénale, d’ictère sévère, d’acidose, et de défaillance multiviscérale.

Le traitement étiologique de la maladie en phase lymphatico-sanguine est délicat et doit être effectué en service spécialisé. Il repose sur la suramine (Moranyl) qui est disponible auprès de l’OMS et dont la prescription à des sujets nommément désignés doit faire l’objet d’une demande temporaire d’utilisation (ATU nominative) auprès de l’AFSSaPS (Unité ATU*), et à défaut sur le melarsoprol (Arsobal), réservé à l’usage hospitalier et délivré par les laboratoires Aventis. L’efficacité de la pentamidine (Pentacarinat) est variable suivant les auteurs.

La prophylaxie de la maladie — qui est essentiellement une zoonose avec un réservoir animal (ongulés : antilopes) important —, repose sur les mesures permettant de diminuer ou d’éviter le contact avec le vecteur : port de vêtements clairs (en évitant le bleu qui présente un effet attractif), utilisation large des répulsifs cutanés et de vêtements traités aux pyréthrinoïdes de synthèse.

Il convient de rappeler que cette maladie sévit dans cette région de manière régulière. La survenue de cas groupés dans le temps chez des touristes est, en revanche, un fait nouveau qui doit conduire à rappeler les moyens de prévention aux touristes se rendant dans cette région.

Il faut également insister sur le fait que toute personne ayant séjourné dans ces zones et présentant une symptomatologie évocatrice doit consulter rapidement auprès d’un service spécialisé et que tout cas diagnostiqué doit être notifié à l'Institut de Veille Sanitaire (Département des maladies infectieuses, tél : 01 41 79 67 20, fax : 01 41 79 67 69).

* Références de l’unité ATU de l’AFSSaPS :
Tel : 01.55.87.36.13
Fax : 01.55.87.36.12

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 3 avril 2001
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