Epidémie de distomatose à Fasciola Hepatica dans la région Nord Pas-de-Calais. Juin 2003

Institut de veille sanitaire - Département des maladies infectieuses


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INTRODUCTION
La distomatose à Fasciola Hepatica est une parasitose dont les principaux réservoirs sont les ruminants. L'affection est acquise par ingestion d'un végétal semi-aquatique contaminé, le plus souvent du cresson sauvage cru. L'incidence de la distomatose humaine est estimée à environ 300 cas/an en France, la dernière épidémie connue dans la région avait touché 7 personnes en 1981.
Le diagnostic de trois cas de douve du foie entre début mars et mi-avril 2002 a été suffisamment inhabituel pour que l'alerte soit donnée, fin avril, par le Centre Hospitalier de Tourcoing. Une rapide concertation des acteurs a permis de programmer l'investigation de cette épidémie.

METHODE
Un cas certain était défini comme une personne habitant la région, ayant une sérologie positive pour la distomatose depuis début 2002.
Une recherche active des cas diagnostiqués a été faite auprès des laboratoires d'immunologie couvrant la région. Par ailleurs, un dépistage des cas suspects était réalisé au travers d'un recensement, auprès des laboratoires, des NFS évocatrices de parasitose, de la sensibilisation des cliniciens et du grand public.
L'enquête exploratoire auprès de tous les malades renseignait sur les facteurs de risques habituels de la distomatose, notamment sur la consommation de cresson, mâche et pissenlit.
Une enquête cas-témoins était réalisée courant mai pour confirmer les hypothèses de l'enquête exploratoire. Etaient inclus tous les cas diagnostiqués au 15/06 et deux témoins appariés par cas (âge+/- 5ans, sexe, lieu de résidence).
Les producteurs ayant fourni les lieux d'achat étaient listés. Leurs cultures étaient ensuite inspectées.

RESULTATS
Au total la recherche des cas permettait d'identifier 18 malades. L'enquête exploratoire relevait la consommation de cresson acheté chez 17 d'entre eux. Dans l'enquête cas-témoins, seules étaient associées à la maladie de façon significative la consommation de cresson cru (ORA : 86.67, p<10-5) ou cuit (OR : 22.0, p=0.04). La fréquence de consommation n'était pas associée à la maladie.
Le cresson avait été acheté en grandes surfaces le plus souvent (15/17) et provenait de plusieurs producteurs ; cependant 15 cas avaient consommé les produits d'un même cressiculteur pour les 3 témoins en ayant consommé il s'agissait d'autres producteurs.
Un des sites de production de ce cressiculteur n'était pas protégé des eaux de ruissellement des pâtures voisines.

DISCUSSION
Les résultats des enquêtes cas-témoins, alimentaire et environnementale objectivent un lien entre la consommation de cresson provenant d'une cressiculture et l'épidémie. Celle-ci a touché peu de personnes au regard de la clientèle desservie par les grandes surfaces. Cependant, la non-spécificité des symptômes fait penser que tous les cas ne sont pas diagnostiqués à ce jour.
Cette épidémie rappelle que le risque de distomatose n'a pas disparu et qu'il convient de maintenir un contrôle sur la salubrité des cressicultures.
Cette investigation démontre l'intérêt, face à des contaminations alimentaires, d'un travail en réseau entre cliniciens, biologistes, épidémiologistes et acteurs administratifs.


INTRODUCTION
Fasciolasis is a disease caused by a parasite, fasciola hepatica, which is a herbivorous animals'disease. The infection is acquired by ingestion of an half-aquatic plant, most often the wild raw cress. Human fasciolasis'incidence is estimated at about 300 cases a year in France The last outbreak in the Nord-Pas de Calais region affected seven persons in 1981.
In front of the unusual occurrence of three cases in March-April the infectious diseases service of the Tourcoing's hospital alerted public health services. After a rapid consultation between health's actors, investigations were planned.

METHOD
A confirmed case was defined as a person living in the area and having a fasciolasis positive serology in 2002.The cases were searched in the immunology laboratories.
In the other hand, suspected cases with hypereosinophilia in blood formula, were detected in hematology laboratories.
An exploratory investigation by all the patients was performed and explored the common disease risk factors, notably cress, lamb's lettuce and dandelion eating. In May, a case-control study was carried out to confirm hypothesis of the exploratory investigation. Stores where salads were bought were identified then sites of vegetable's productions were inspected.

RESULTS
A total of 18 cases were identified. The exploratory investigation recorded that 17 of them ate cress bought in stores. In the case-control study, only raw and cooked cress'eating were significatively associated with the disease. Most often, cress was bought in superstores (15/17) and came from several farmers ; however, 15 cases ate cress issued from the same producer ; in the other hand, the cress eaten by only 3 controls was of different origine. One of the watercress bed of the suspected producer was not protected againts water streaming from neighboured pastures.

DISCUSSION
The case-control, alimentary and environmental studies results confirmed the relationship between cress'eating and the outbreak. This one affected few people in comparaison the customer's number of superstores. However, considering the symtoms are not specific, it is possible that all the cases are not identified.
This outbreak recalls the fasciolasis' risk did not disappear and underlined the importance to maintain strict watercress's bed salubrity inspections. This outbreak investigation shows the interest of clinical, biological, epidemiological and administrative actors network.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise Ó jour le 7 juillet 2003

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