Les malformations congénitales du petit garçon en Languedoc-Roussillon

Etude des cryptorchidies et des hypospadias opérés à partir des données du PMSI de 1998 à 2001


TÚlÚcharger le rapport au format Acrobat Reader ( pdf 1187 Ko )

TÚlÚcharger la couverture du rapport ( pdf 52 Ko )



Résumé

Suite au signalement par le professeur Charles Sultan, endocrinologue pédiatrique au CHU de Montpellier, d’une augmentation du nombre de cas de malformations graves affectant l’appareil génital masculin (hypospadias, cryptorchidies, micropénis, pseudohermaphrodisme), observés dans son service depuis deux ans, la DGS a saisi l’InVS afin d’investiguer cette problématique. En outre le professeur Sultan a remarqué que ces cas «survenaient dans des familles d'agriculteurs ou de personnes potentiellement exposées à des produits chimiques». Compte tenu des données issues d’études expérimentales mettant en évidence les propriétés toxiques de certains xénobiotiques pour la fonction de reproduction, la première partie de l’étude a porté sur l’étude descriptive approfondie de ces cas, avec recherche d’une exposition environnementale particulière. Par ailleurs une évaluation de la plausibilité d’une relation entre les cas signalés et les épandages d’insecticides effectués en 2000, dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus West Nile a été effectuée.

La seconde partie de l’étude a consisté à déterminer si la présence d’un excès de malformations congénitales de l’appareil génital masculin dans la population du Languedoc-Roussillon était plausible en comparant la prévalence dans cette région à la moyenne nationale. La prévalence a été approchée par les données d’hospitalisations pour les cryptorchidies et les hypospadias de tous types, opérés dans les services de chirurgie pédiatrique des établissements de soins publics et privés. Les cas ont été recensés à partir du PMSI de 1998 à 2001. Un cas correspond à un séjour pour intervention chirurgicale d’une cryptorchidie ou d’un hypospadias chez un enfant âgé de moins de 7 ans au 31 décembre 2001, résidant dans la région considérée. Les séjours ont été décrits en fonction de l’âge au moment de l’intervention et du codage des diagnostics. Des taux bruts de malformations opérées pour 1000 garçons ont été calculés. Des taux standardisés sur l’âge ont été calculés avec la population française comme population de référence et comparés au taux moyen estimé pour la France.

Les taux d’intervention standardisés sur l’âge varient dans chaque région de 17 à 32 pour 10 000 pour les cryptorchidies et de 4,9 à 12,8 pour 10 000 pour les hypospadias. Ils sont relativement stables sur la période 1998-2001 avec cependant une variabilité géographique.
Concernant la région Languedoc-Roussillon, les taux de malformations opérées des organes génitaux externes sont proches des taux moyens calculés pour la France pour les hypospadias et les cryptorchidies. Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées pour expliquer l’augmentation temporelle du nombre de cas, signalée entre 1998 et 2000 au CHU de Montpellier, comme des variations locales de l’offre de soins et de pratiques chirurgicales ou encore la notoriété croissante du service d’endocrinologie pédiatrique de cet établissement. En outre, l’étude descriptive de ces cas n’a pu mettre en évidence une exposition particulière, ni identifier de facteurs de risque spécifiques liés à l’environnement, sur la base des données d’exposition transmises.

Enfin, il est à préciser qu’aucun épandage pour la démoustication n’est autorisé en Camargue, zone protégée, y compris pour la lutte contre le virus West Nile.

 

 

TÚlÚcharger Acrobat Reader

Page précédente

 


Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 21 octobre 2004
Mise à jour le 21 avril 2005

CONTACTS Contactez l'InVS