2005 : sida, grande cause nationale

Infection par le VIH et sida chez les jeunes de 15 à 24 ans

France, Données au 30 juin 2004


Parmi les personnes qui découvrent leur séropositivité, une sur dix a moins de 25 ans.

Depuis la mise en place du système de surveillance à la fin du premier trimestre 2003 jusqu’au 30 juin 2004, 494 cas d’infection par le VIH chez des jeunes de 15 à 24 ans ont été notifiés à l’Institut de veille sanitaire [figure 1], ce qui représente 12% de l’ensemble des découvertes de séropositivité VIH notifiées. Quatre sur cinq de ces jeunes ont entre 20 et 24 ans.

Figure 1 - Découvertes de séropositivité VIH selon le sexe et l’âge

La proportion de femmes est plus élevée chez les jeunes de 15-24 ans (68%) que chez les plus âgés (40%).
Parmi les jeunes femmes, 83% ont été contaminées par rapports hétérosexuels, 1% par injection de drogues et pour 16% d’entre elles, l’information n’est pas disponible.
Environ la moitié des jeunes femmes de 15-24 ans est de nationalité d’un pays d’Afrique subsaharienne. Les répartitions selon le mode de contamination et par nationalité sont semblables chez les jeunes femmes et chez les plus âgées.

Parmi les jeunes hommes, 52% ont été contaminés par rapports homosexuels, 32% par rapports hétérosexuels, 3% par injection de drogues et l’information n’est pas disponible pour 13% d’entre eux. La plus forte proportion d’hommes contaminés par rapports homosexuels s’observe chez les jeunes hommes de 20-24 ans (6/10) alors qu’elle n’est que de 4/10 chez les hommes plus âgés et de trois sur dix chez les jeunes de 15-19 ans.
Parmi les jeunes hommes de 15-24 ans, 16% sont de nationalité d’un pays d’Afrique subsaharienne. Cette proportion est proche de celle observée chez les plus âgés (22%).

La proportion de contaminations récentes (moins de 6 mois avant le diagnostic) est plus élevée chez les 15-24 ans (40%) que chez les 25 ans et plus (31%) Cette différence s’explique par le fait que le début de la vie sexuelle des jeunes est plus récent et que la probabilité d’être dépisté dans les six mois après la contamination est donc plus forte.
Chez les 15-24 ans comme chez les plus âgés, les proportions d’infections récentes diffèrent selon le mode de contamination (67% chez les jeunes contaminés par rapports homosexuels et 32% chez les jeunes contaminés par rapports hétérosexuels).


Une très faible proportion de jeunes parmi les cas de sida.

Les jeunes de 15 à 24 ans représentent une très faible part : 3% (45/1 625) des diagnostics de sida en 2003 et au premier semestre 2004 (10 jeunes de 15à 19 ans et 35 de 20 à 24 ans). Cependant du fait de la durée d’incubation, le sida n’est pas un indicateur adapté pour évaluer la diffusion du VIH parmi les jeunes.

La moitié des jeunes atteints de sida sont de nationalité d’un pays d’Afrique sub-saharienne et près des deux-tiers sont des femmes. Parmi ces jeunes, 28 ont été contaminés par voie hétérosexuelle, 6 par voie homosexuelle, 3 par voie materno-fœtale, 2 par usage de drogues injectables et pour 6 d’entre eux le mode de contamination est inconnu.

Depuis 1998, le nombre annuel de diagnostics de sida chez les 15-24 ans ne diminue pas (environ 40 cas par an), alors qu’il diminue régulièrement chez les 25 ans et plus (d’environ 1 900 cas en 1998 à 1 400 en 2003).

Au diagnostic de sida environ la moitié des jeunes comme des plus âgés ignorait leur séropositivité avant le sida. Parmi ceux qui la connaissaient, environ la moitié n’avait pas reçu de traitements par antirétroviraux.


Les jeunes fréquentent les Consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG).

Près de 190 000 jeunes de moins de 30 ans ont eu recours au dépistage du VIH dans les CDAG (49 000 consultants de moins de 20 ans et 138 000 de 20 à 29 ans en 2003). Ils représentent environ 70 % de l’ensemble des consultants chaque année et les 20-29 ans, 50 % à eux seuls. Les très jeunes consultants sont plus souvent des femmes : les jeunes femmes de moins de 20 ans représentent 25 % des consultantes, cette proportion étant de 12 % chez les hommes.

Si les jeunes sont prépondérants dans la fréquentation de ces consultations, ils sont comparativement moins touchés par le VIH que leurs aînés. La proportion de tests retrouvés positifs chez les moins de 20 ans (1,3 positif pour mille tests) est moindre que celle des 20-29 ans (3,5 pour mille) et que celle de l'ensemble des consultants tous âges confondus (5,1 pour mille). Néanmoins, on peut être préoccupé par la proportion de tests positifs chez les jeunes femmes de moins de 30 ans, qui est en augmentation significative depuis 1999.

Le dispositif des CDAG a pour objectif de promouvoir l'accès au dépistage. En garantissant l'anonymat, la confidentialité, la gratuité et une relative facilité d'accès (au moins une par département), ce type de consultation semble remplir cette mission importante auprès des jeunes, population potentiellement vulnérable, exposée aux comportements sexuels à risque et à l'injection de drogues.


Les jeunes et le VIH en Europe et dans le monde.

Dans les autres pays de l’Europe de l’Ouest, la situation est comparable à celle de la France, les jeunes de moins de 25 ans représentant de 10 à 15 % des découvertes de séropositivité VIH (Royaume-Uni 11 %, Grèce 11 %, Allemagne 12 %, Belgique 14 %) hormis en Irlande où ils représentent 19 %. La proportion de jeunes est nettement plus élevée en Europe de l’Est, elle atteint 41 % en Biélorussie. Les jeunes sont beaucoup plus touchés dans d’autres régions du globe : ils représentent à l’échelle mondiale la moitié des nouvelles infections.


Pour en savoir plus :

Surveillance du VIH/ sida en France. Rapport n°2. Données du 31 mars 2004. Institut de veille sanitaire, mai 2005.

Principes de la notification obligatoire du VIH et résultats chez les enfants/adolescents. Surveillance du VIH/sida. Communication orale.

Dossier « Infection à VIH et sida en France » sur le site Internet de l’InVS.

HIV/AIDS Surveillance in Europe. Rapport de 2003, n° 70.

Rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2004. 4ème rapport mondial : http://www.unaids.org

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 4 mai 2005
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