Détection précoce automatisée des épidémies de gastro-entérites d’origine hydrique à partir des données de vente ou de remboursement des médicaments

Étude de faisabilité : choix des données sanitaires et des départements pilotes


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Les bases de données de l’Assurance maladie sont les seules ressources disponibles en France qui puissent prétendre à être exploitées pour la détection en ligne des clusters de gastroentérites aiguës. Il est possible de concevoir en aval une procédure automatisée pour examiner la vraisemblance de l’étiologie hydrique pour les clusters identifiés, par comparaison des emprises géographiques du cluster et des réseaux de distribution d’eau. Trente à 60 % des cas de gastro-entérites ayant fait l’objet d’une consultation en France seraient disponibles dans un délai compatible avec l’objectif d’alerte (3 jours ouvrables). Les consultations faites en dehors du lieu de résidence de l’assuré ne seraient en revanche pas utilisables. L’adresse de l’assuré est disponible, mais une localisation par commune simplifierait la procédure d’exploitation et altèrerait a priori peu les performances du système.

Ces premières conclusions doivent être mises à l’épreuve du terrain. Pour cela, une liste de départements éligibles au rôle de pilote a été dressée. La catégorie de taille des unités de distribution cible a été fixée entre 500 habitants desservis, limite de puissance statistique du système d’alerte, et 10 000, limite au-dessus de laquelle les pollutions microbiologiques sont trop rares pour établir des conclusions statistiques robustes. A été retenu comme indice du risque épidémique la survenue “d’événements critiques” définis comme le dépassement de 50 colonies de bactéries d’origine fécale (Escherichia coli et entérocoques) dénombrées lors de l’analyse d’un prélèvement collecté pour le contrôle réglementaire. Les critères de classement des départements ont été (i) le nombre d’unités de distribution de la classe de population desservie [500-10 000[ frappées par au moins un événement critique au cours de l’année 2003 et (ii) la taille de la population concernée. Les départements d’outre-mer (Réunion, Guadeloupe) et les départements ruraux ou karstiques (Cantal, Charente-Maritime, Doubs, Lot…) arrivent en tête de classement, sur la base des données 2003. Les départements de haute montagne n’apparaissent pas car la distribution de l’eau y est atomisée ce qui rend difficile l’approche épidémiologique. Indépendamment de l’importance de la classe des distributions d’intérêt et de l’effort d’échantillonnage, il semble se dégager un effet “département” prédisposant le Cantal, le Lot, la Réunion et le Doubs à un risque de pollution microbiologique susceptible d’engendrer des clusters “observables” plus élevé qu’ailleurs. Les Ddass éligibles et l’Assurance maladie vont être sollicitées pour le choix des départements pilotes, l’obtention des données et la constitution du partenariat.


The data bases of the French Health Insurance are the only available resources in France which can be run for the on-line detection of the clusters of acute gastro-enteritis. An automated process could be set up to test the spotted clusters for their relationship to the distributed water, by comparing the geographical fitting of clusters and water distribution networks. In France, 30 to 60% of the cases of gastro-enteritis detected by medical care would be available within a delay which could meet the alert objective (ie. 3 working days). The consultations made out of the insurant residence county (“département”) would be excluded. The full address of the insurant is available, but a location by municipality would keep a good resolving power and simplify the operation. These first conclusions have to be challenged by real experiment. In that aim, a list of departments eligible as pilots was drawn up. The size category of the targeted water distribution systems ranged from 500 inhabitants, limit of statistical power, to 10 000, limit above which the microbiological pollutions are rare and no robust conclusion can be worked out. A “critical event” was defined as the occurrence of a water sample for which the number of faecal bacteria colonies (summing up Escherichia coli and Enterococci) exceeded 50, as numbered during the analysis of a sample within the frame of statutory control. The frequency of critical events was held as an index of the outbreak occurrence risk. The county classification criteria finally were (i) the number of distribution units of the size class [500-10 000[ struck by at least one critical event during the year 2003 and (ii) the size of the concerned population. French overseas counties (Reunion, Guadeloupe) and rural or karstic counties (Cantal, Charente- Maritime, Doubs, Lot) came at the head of classification whereas the high mountain counties did not appear, since the water distribution is there divided there in many small systems, which makes difficult the epidemiological approach. Once controlled the importance of the targeted distribution system size class and the effort of sampling, a “county” effect raised, pointing out the Cantal, the Lot, the Reunion and the Doubs for a specific risk of microbiological pollution, possibly resulting in observable outbreaks. The local partners and the French Health Insurance will be consulted on the choice of the pilot counties, data provision and the constitution of collaborative networks.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 10 mai 2006
Mise à jour le 3 octobre 2006

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