Evaluation des risques sanitaires des sous-produits de chloration de l'eau potable

Partie 2 – Estimation de l’exposition, caractérisation du risque et faisabilité d’une surveillance épidémiologique des pathologies liées à la surchloration dans la population générale


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Le directeur général de la Santé a sollicité l’Institut de veille sanitaire pour investiguer le risque sanitaire éventuel lié à l’augmentation de la chloration des eaux d’alimentation suite à l’application de la circulaire DGS/SD7A n° 2003-524/DE/19-03 du 7 novembre 2003. La question initiale portait sur l’existence d’un impact sanitaire de la surchloration des eaux d’alimentation sur la santé des consommateurs et, le cas échéant, la possibilité d’observer cet impact sanitaire. Une évaluation des risques sanitaires des sous-produits de chloration a été entreprise afin de déterminer la pertinence et la faisabilité de mettre en place un système de surveillance épidémiologique des pathologies liées à la surchloration des eaux d’alimentation. Ce rapport décrit l’estimation de l’exposition, la caractérisation des risques sanitaires et la faisabilité d’une surveillance épidémiologique des pathologies liées à la surchloration dans la population générale. Il fait suite au premier rapport concernant les effets sanitaires et les valeurs toxicologiques de référence. L’étude a été menée dans onze sites (desservant 900 000 personnes), sélectionnés grâce à la base de données SISE-eaux. Des scénarios d’exposition moyens et élevés ont été construits pour la population générale (exposition vie entière) et les femmes enceintes (exposition durant la grossesse), en prenant en compte les trois voies d’absorption possibles (orale, respiratoire et cutanée) et différentes situations d’exposition (boisson, douche et bain). En raison du manque de données toxicologiques, la caractérisation du risque sanitaire s’est limitée aux effets cancérigène et reprotoxique du trichlorométhane (chloroforme) contenu dans l’eau de distribution. Les résultats obtenus mettent en évidence un excès de risque individuel allant de 3,3 10-6 à 3,1 10-4 pour le risque cancérigène et un ratio d’exposition critique de 0,1 à 5,36 pour le risque reprotoxique, selon les sites et les scénarios d’exposition. La surchloration n’ayant pas entraîné une augmentation des sous-produits dans les sites étudiés, ces effets sont attribuables à la chloration de l’eau dans sa globalité. Malgré un excès de risque dépassant le seuil d’acceptabilité de l’OMS (10-5), l’impact sanitaire du trichlorométhane dans la population étudiée (0,25 à 1,7 cas par an de cancer colorectal ou de cancer de la vessie) est trop faible pour être observable par un système de surveillance épidémiologique ad hoc. En l’état actuel des connaissances, la surincidence des cancers liés à l’ensemble des SPC ne peut être estimée. Il existe cependant d’importantes incertitudes liées à la mesure de l’exposition de la population. Des travaux de recherche visant à préciser l’évolution des concentrations en trihalométhane dans les réseaux d’eau potable, le transfert des trihalométhanes de l’eau à l’air et les déterminants de leur passage à travers la membrane cutanée sont à encourager. De même, une meilleure connaissance des habitudes des français vis-à-vis de l’usage de l’eau, telles que le temps de douche ou de bain, leur fréquence, ainsi que des données sur les dimensions des salles de bain, constituerait une amélioration pour évaluer l’exposition des populations aux polluants hydriques.


Risk assessment of disinfection by-products in drinking water
Part 2 – Exposure assessment, risk characterization and feasibility of epidemiologic monitoring for diseases associated with disinfection by-products

The health general director of France appointed the French Institute for Public Health Surveillance to investigate the possible health risk combined with the increase of the chlorination of drinking water following the circular DGS / SD7A N 2003-524 / DE of November 7th, 2003. The aim of the study was to asses the potential health risk of overchlorination of drinking water for consumers, and if need be, an assessment of the health impact. A Health Risk Assessment of the disinfection by-products was conducted to determine the appropriateness and the feasibility of setting up an epidemiological surveillance system of the diseases associated with the overchlorination of drinking water. This report describes the “exposure assessment”, the “characterization of the health risks” and the feasibility of an epidemiological surveillance. It follows an earlier report concerning the health effects and the toxicological reference values. The study was conducted at 11 sites (900000 people), selected from the SISE-eaux data base. Possible scenarios for average and high exposure were conceived for adults (whole life exposure) and pregnant women (exposure during the pregnancy), while taking into account three possible routes of absorption (oral, respiratory and cutaneous) and different activities (drinking, showering and bathing). Because of the lack of toxicological data, the characterization of the health risks was limited to the carcinogenic risk and reproductive risk associated with the presence of trichloromethane (chloroform) in the public drinking water network The results revealed an excess of individual risk going from 3.3 10-6 to 3.1 10-4 for the carcinogenic risk and a critical exposure ratio of 0.1 to 5.36 for the reproductive risk, according to sites and scenarios of exposure. As overchlorination was not found to have produced an increase in by-products in the sites studied, these effects are attributable to the chlorination of the drinking water in general. In spite of a risk-level exceeding the threshold of acceptability set by the WHO (10-5), the health impact of trichloromethane in the population studied (0.25 in 1.7 cases a year of colorectal cancer or cancer of the bladder) is too small to be observable by an epidemiological surveillance system. There are however important questions raised by this study concerning exposure assessment. Research projects aimed at clarifying the evolution of trihalomethanes concentrations in drinking water networks, the transfer of trihalomethanes in water into the air and the parameters of their passage through the cutaneous membrane should be encouraged. Also, a better knowledge of the customs of the French regarding water usage, such as the duration of showers or baths, their frequency, as well as data on the dimensions of the bathrooms would improve our ability to estimate the population’s exposure to drinking water pollutants.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 31 mai 2007

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