Modélisation médico-économique de l’impact de l’organisation du dépistage du cancer du col utérin et de l’introduction de la vaccination contre les HPV dans le calendrier vaccinal

Mars 2007


Télécharger le rapport au format Acrobat (pdf - 457 Ko)


Un premier vaccin efficace dans la prévention des infections par les principaux papillomavirus responsables du cancer du col de l’utérus (HPV 16 et 18) a obtenu son autorisation de mise sur le marché en 2006. Afin d’aider à la décision concernant son éventuelle introduction dans le calendrier vaccinal français, une évaluation médico-économique a été réalisée. Elle a consisté à comparer l’impact épidémiologique et les ratios coût-efficacité de trois options : l’organisation du dépistage organisé des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus, la vaccination des adolescentes ou la combinaison de ces deux stratégies. Un modèle multi-générationnel de type markovien a été développé, à partir d’un modèle publié, permettant la prise en compte des différences d’horizons temporels entre les deux interventions.

Le modèle a été paramétré à partir des données disponibles concernant les pratiques actuelles et leurs coûts, tant pour le dépistage que pour la prise en charge des lésions précancéreuses et cancéreuses. Les données provenant de l’expérience pilote alsacienne de dépistage organisé ont été utilisées. Le modèle a été calibré par comparaison avec les données d’incidence et de mortalité du cancer du col de l’utérus. L’organisation du dépistage et l’organisation du dépistage couplée à la vaccination de 80 % des adolescentes réduirait, par rapport à la situation actuelle, le nombre de cancers du col de respectivement 16 et 34 %. Le coût par année de vie supplémentaire gagnée par la vaccination en plus du dépistage serait compris, selon l’hypothèse retenue pour le taux d’actualisation des bénéfices, entre 27 500 et 55 500 € si on prend en compte l’ensemble des coûts médicaux et entre 17 500 et 35 400 € pour l’Assurance maladie.

L’analyse coût/efficacité montre que la priorité devrait être donnée à l’organisation du dépistage, mais aussi que l’introduction simultanée de la vaccination des adolescentes avant l’initiation de leur vie sexuelle a un impact épidémiologique significatif et présente un ratio coût-efficacité qui parait acceptable, au vu des seuils généralement considérés. Ces résultats ont été pris en compte dans la recommandation émise par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, en faveur de l’organisation du dépistage et de la vaccination des adolescentes âgées de 14 ans.

Publication connexe

La modélisation mathématique : un outil d’aide à la décision en situation d’incertitude. Saint-Maurice (Fra) : Institut de veille sanitaire, novembre 2008, 6 p.


Mathematical modeling and economical assessment of cervical cancer screening organisation and HPV vaccination
March 2007

A first vaccine effective against the main papillomavirus involved in cervical cancer (HPV 16 and 18) has been licensed in 2006. In order to support the decision process regarding the integration or not of the HPV vaccine into the immunisation schedule, we compared the epidemiological impact and cost-effectiveness (C/E) ratios of 3 options: organisation of screening activities as a national program, vaccination of females adolescents or both.

We used the structure of the model developed by Myers and al. In order to capture the different time frames of each intervention, we developed a multiple cohorts Markovian model.
The model was parameterized with available data on current practices and costs for screening and for management of CIN lesions or cancers and on data from a regional pilot project of organised screening. It was calibrated against incidence and mortality cervical cancer data. Organising screening alone or organising screening and vaccinating 80% of females adolescents would decrease the current number of diagnosed cancers by respectively 16 and 34%. Depending on the discount rate considered, the cost per year life saved by vaccination added to screening would lie between 27,500 and 55,000 € for the health care system and between 17,500 and 35,400 € in a social security scheme perspective.

Priority should be given to screening organisation but vaccination of naive female adolescents could have a significant additional epidemiological impact at a marginal cost per year life gained that seems acceptable, when compared to usually considered C/E threshold values. Taking into account these results, the National Infectious Diseases Advisory Board has recommended the organisation of screening activities and the vaccination of 14 years old female adolescents.

 

 

 

Télécharger Acrobat Reader

Page précédente

 


Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 26 novembre 2008

CONTACTS Contactez l'InVS