Evaluation des risques sanitaires associés à l’inhalation de composés organiques volatiles, métaux lourds et hydrocarbures aromatiques polycycliques autour de 3 zones multi-émettrices en Rhône-Alpes


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Certaines zones en Rhône-Alpes concentrent à la fois de nombreuses industries, un important trafic routier et de grandes populations, ce qui pose la question de l’impact sanitaire des émissions atmosphériques sur ces zones.

Trois zones ont été retenues pour l’étude, où l’industrie chimique est particulièrement implantée : le sud lyonnais (Pierre-Bénite, Saint-Fons), le sud grenoblois (Pont-de-Claix, Jarrie) et la moyenne vallée du Rhône (Roussillon, Salaise-sur-Sanne).

Dans un but d’information des acteurs locaux et d’aide à la définition de priorités d’action en matière de réduction des émissions, l’objectif de l’étude était de s’appuyer sur la métrologie pour :
- évaluer les expositions chroniques par inhalation aux COV, HAP et métaux lourds émis par les sources extérieures de pollution dans les quartiers les plus exposés à ces sources sur les zones d’étude ;
- estimer les risques sanitaires potentiels associés à ces expositions.

Les mesures ont été financées par la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) de Rhône-Alpes. Elles ont été réalisées par Atmo Rhône-Alpes en 2006/2007 avec 2 ou 3 points
de mesure par zone d’étude, 4 campagnes de mesures (une par saison) pour un total d’environ 36 jours de prélèvement pour chaque polluant et chaque point de mesure. Atmo Rhône-Alpes a rédigé un rapport indépendant détaillant les résultats métrologiques.

Onze COV chlorés, 5 COV précurseurs de l’ozone, 2 aldéhydes, 4 métaux lourds et 15 HAP ont été retenus pour l’évaluation des risques sanitaires. Pour beaucoup de ces polluants, les concentrations mesurées étaient assez variables d’un jour à l’autre avec, parfois, des pics importants de pollution. Dans ces conditions, les jours échantillonnés pouvaient avoir une influence sur les concentrations d’exposition moyennes annuelles calculées. D’autre part, il a été fait l’hypothèse que les concentrations mesurées en 2006/2007 permettaient d’estimer les expositions moyennes des personnes sur de longues périodes. Ceci a constitué l’incertitude majeure de
l’évaluation des risques. Pour beaucoup de polluants, les concentrations mesurées sur les différents points de mesure d’une même zone étaient assez proches, ce qui a permis de considérer une certaine homogénéité des expositions dans les quartiers entourant les points de mesure. Mais des situations particulières ont été identifiées pour certains polluants à proximité de certains points de mesure. Malgré ces limites, l’étude a montré l’intérêt de s’appuyer sur des mesures pour évaluer les risques sanitaires par inhalation associés aux émissions de COV, HAP et métaux lourds.

L’évaluation des risques a fait ressortir qu’il n’y avait pas d’effet systémique attendu sur les zones d’étude en lien avec les expositions étudiées mais que les expositions par inhalation à certains COV étaient susceptibles de générer des risques cancérigènes. Il s’agissait notamment :
- pour la zone du sud lyonnais : du chlorure de vinyle monomère (en particulier sur Saint-Fons), du benzène, du 1,3-butadiène, du tétrachloroéthylène (sur Pierre-Bénite et Saint-Fons), de l’acétaldéhyde (sur Saint-Fons) ;
- pour la zone du sud grenoblois : du formaldéhyde (sur Jarrie), du benzène, du 1,2-dichloroéthane (sur Jarrie) ;
- pour la zone de Roussillon : du benzène.

D’un point de vue sanitaire, ces COV sont donc apparus comme ceux devant faire l’objet d’actions prioritaires de réduction des émissions. Cependant, les concentrations d’exposition par inhalation certains COV dans les zones d’étude, associées aux sources extérieures de pollution sur ces zones, étaient plus faibles ou du même ordre de grandeur que les concentrations d’exposition à l’intérieur des logements de l’ensemble de la population française (du fait des sources intérieures de pollution).

Par ailleurs, les nombres potentiels de cas de cancers en excès sur les zones d’étude susceptibles de survenir en lien avec les expositions étudiées (sous l’hypothèse de concentrations d’exposition similaires dans le passé et dans l’avenir) restaient très faibles, au regard du nombre total de cas attendus.


Some areas in Rhône-Alpes concentrate a lot of industrial plants, important road traffic and large populations, raising the question of the health impact of atmospheric emissions on those areas.

Three areas were selected for the study, where chemical industry is particularly present: the south of Lyon (Pierre-Bénite, Saint-Fons), the south of Grenoble (Pont-de-Claix, Jarrie) and the middle Rhône valley (Roussillon, Salaise-sur-Sanne).

In order to inform local actors, and to participate in defining priorities for action in terms of emissions reduction, the objective of the study was to use metrology to:
- assess chronic inhalation exposures to volatile organic compounds (VOCs), polycyclic aromatic hydrocarbons (PAHs) and heavy metals for the most exposed populations to outdoor sources of pollution in the studied areas;
- assess the potential health risks associated to these exposures.
The measures were financed by the Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) of Rhône-Alpes. They were carried out by Atmo Rhône-Alpes GIE in 2006/2007 with 2 or 3 measurement points in each studied areas, 4 measurement campaigns (one by season) for a total of about 36 days sampled for each pollutants and each measurement point. Atmo Rhône-Alpes drafted an independent report with detailed results of the measures.
The health risk assessment was carried out for 11 chlorinated VOCs, 5 VOCs ozone precursors, 2 aldehydes, 4 heavy metals and 15 PAHs. For many of those pollutants, the measured concentrations were quite variable from one day to another, sometimes with significant peaks of pollution. Therefore, the sampled days could have an effect on the calculated annual average exposure concentrations. Moreover, it was assumed that the concentrations measured in 2006/2007 allowed to estimate the average exposures of the exposed people over long periods of time. This represented the highest uncertainty of the health risk assessment. For many pollutants, the measured concentrations at the different measurement points of a same studied area were relatively similar, and allowed to consider that the exposures were homogeneous in the inhabited area around the measurement points. But, particular situations have been identified for certain pollutants close to some measurement points. Despite those limits, the study showed that metrology was interesting in order to assess the health risks associated with inhalation of VOCs, PAHs and heavy metals.

The health risk assessment showed that no systemic effect was expected on the studied areas related to the studied exposures, but some VOCs inhalation exposures were likely to cause cancer risks. The concerned VOCs were :
- for the south of Lyon: vinyl chlorine (in particular at Saint-Fons), benzene, 1,3-butadiene, tetrachloroethylene (at Pierre-Bénite and Saint-Fons), acetaldehyde (at Saint-Fons) ;
- for the south of Grenoble: formaldehyde (at Jarrie), benzene, 1,2-dichloroethane (at Jarrie) ;
- for the Roussillon area: benzene.

From a health point of view, the reduction of those VOCs emissions seemed to be a priority. However, some VOCs inhalation exposure concentrations in the studied areas, associated to the sources of outdoor air pollution, were less important or approximately at the same level as the exposure concentrations inside the homes of the whole French population (due to indoor air pollution sources).

Furthermore, the potential numbers of cancer cases in excess in the studied areas that may occur in connection with the studied exposures (under the assumption of similar exposure concentrations in the past and in the future) were very low, compared to the total number of expected cases.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 27 janvier 2009

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