Activité des consultations de dépistage anonyme et gratuit du VIH (CDAG)

Augmentation de la proportion des diagnostics positifs, à Paris, en 1999 et en 2000


Chaque trimestre, les CDAG adressent à l’InVS un bilan d’activité mentionnant le nombre et la proportion de diagnostics VIH positifs, par sexe et par tranche d’âge. L’analyse des données 1998 et 1999 a montré une augmentation de la proportion des diagnostics positifs en Ile-de-France. Compte tenu des importants délais de transmission (transit par les DDASS), les données 2000 sont encore incomplètes et ne peuvent pas être analysées au niveau national. En revanche, pour Paris, la plupart des données 2000 étaient disponibles et ont pu être analysées.

En se fondant sur les années 1995 à 2000, l’analyse des bilans trimestriels d’activité des CDAG indique, à Paris, une inversion de tendance (figure 1) : après une décroissance régulière de la proportion de diagnostics positifs depuis plusieurs années (9,2 diagnostics positifs pour mille en 1995 8,5 en 1996 7,9 en 1997 et 6,6 pour mille en 1998) cette proportion augmente en 1999 (7,9 pour mille) et en 2000 (8,6 pour mille). Ces différences sont significatives (p<10-4).

Figure 1 : Evolution de la proportion de diagnostics VIH positifs, 1995-2000, CDAG de Paris (7/11) ayant transmis des données pour l’ensemble des années , hors prison.




Pour les années 1998 à 2000, l’analyse peut porter sur des données plus complètes. Les proportions de diagnostics positifs passent alors de 7,4 pour mille en 1998 (372/49 575), à 8,5 pour mille en 1999 (412/47 843) et à 9,3 pour mille en 2000 (468/50 000).

L’augmentation constatée concerne les deux sexes (tableau 1).

La proportion de diagnostic positif est passée chez les hommes de 9,7 pour mille en 1998, à 10,7 pour mille en 2000. Chez les femmes, cette proportion est passée de 4,2 pour mille en 1998, à 6,5 pour mille en 1999 et à 7,2 pour mille en 2000.

L’augmentation porte essentiellement sur les femmes de 20 à 49 ans et les hommes de 30 à 49 ans (tableau 1). Entre 1998 et 2000, chez les femmes de 20 à 29 ans, la proportion de diagnostics positifs est passée de 3,9 à 6,1 pour mille. Chez les personnes âgées de 30 à 39 ans, la proportion est passée de 15,9 à 17,8 chez les hommes et de 10,1 à 13,7 chez les femmes. Chez celles âgées de 40 à 49 ans, la proportion est passée de 14,7 à 15,8 chez les hommes et de 6,0 à 12,7 chez les femmes.

Tableau 1 : Evolution de la proportion de diagnostics VIH positifs (pour mille), CDAG de Paris hors prison, 1998-2000, par sexe et par tranche d’âge (pour effectif >1000).

   

1998

1999

2000

   

/1000

n

/1000

n

/1000

n

Hommes

             
 

Moins de 20 ans

5,1

8/ 1 561

1,5

2/ 1 357

0,7

1/ 1 537

 

20 à 29 ans

5,9

75/12 739

7,4

95/12 814

6,4

93/14 442

 

30 à 39 ans

15,9

126/ 7 901

13,5

107/ 7 923

17,8

157/ 8 797

 

40 à 49 ans

14,7

43/ 2 935

13,0

39/ 2 992

15,8

52/ 3 285

 

Hommes, total des âges

9,7

285/ 29 419

9,7

259/26 700

10,7

320/29 988

Femmes

             
 

Moins de 20 ans

1,4

4/ 2 842

1,9

5/ 2 649

1,1

3/ 2 699

 

20 à 29 ans

3,9

41/10 626

5,2

55/ 10 675

6,1

73/12 025

 

30 à 39 ans

10,1

34/ 3 359

13,2

43/ 3 263

13,7

51/ 3 712

 

40 à 49 ans

6,0

8/ 1 328

8,7

11/ 1 267

12,7

17/ 1 337

 

Femmes, total des âges

4,2

87/20 528

6,5

119/18 391

7,2

148/20 480

Ensemble

             
 

Total

7,4

 

8,5

 

9,3

 

Malgré les limites du recueil, la tendance à l’augmentation de la proportion de diagnostics VIH positifs observée à partir de 1999 ne semble pas pouvoir être uniquement expliquée par un biais.

Les données d’activité des CDAG ne comportant aucune information épidémiologique individuelle, il n’est pas possible de savoir si un groupe de population en particulier contribue à la remontée de la proportion des diagnostics VIH positifs à Paris. Deux enquêtes épidémiologiques transversales ont été réalisées dans les CDAG, l’une en 1999 et l’autre en 2000, mais les comparaisons ne vont pas dans le sens d’un accentuation des prises de risque ou d’une modification de clientèle et il n’est pas possible d’interpréter, à partir de ces enquêtes, l’augmentation des diagnostics positifs portés sur les bilans d’activité.

Les médecins responsables des CDAG de Paris ont été consultés sur les caractéristiques des personnes retrouvées positives. Pour eux, l’augmentation du nombre de diagnostics positifs concerne surtout les homosexuels et les personnes originaire d’Afrique sub-saharienne.

Ces résultats constituent un élément de plus en faveur du relâchement des comportements de prévention dans les années récentes dans les groupes de population les plus exposés. Ils confortent la nécessité d’adapter la prévention à cette évolution.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 11 octobre 2001
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