Exposition au mercure de la population amérindienne Wayana de Guyane

Enquête alimentaire


III. MATERIEL ET METHODES

1. Type d'enquête

La méthodologie retenue est celle d'une enquête nutritionnelle familiale réalisée sur une période de 7 jours, à deux saisons différentes (mars et novembre 1997) qui se distinguent par des variations de l'alimentation, notamment de poisson et de gibier. Les trois sites retenus dans le cadre de cette enquête sont les villages amérindiens wayana de tailles les plus importantes situés en amont de Maripasoula (Cayodé, Twenké-Taluhen et Antécume-Pata)

Comme dans la plupart des enquêtes alimentaires où le repas n'est pas structuré, nous avons opté pour la méthode pondérale avec quelques aménagements. Elle repose sur des données de consommation obtenues auprès de 165 sujets sur une période de 1 à 14 jours selon leur mobilité et les sites d'enquête, soit 940 jours x personnes. Un relevé de consommation alimentaire familial comportait d'une part les poissons (nom, nombre, taille, poids éviscéré) et gibiers consommés par la famille, d'autre part l'âge et le sexe des convives au cours des différents repas de la journée. Ces questionnaires familiaux ont été recueillis au mois de mars sur les 3 sites (sommairement à Cayodé en raison de certaines difficultés logistiques), alors qu'au mois de novembre, seul le village de Twenké a été retenu pour une meilleure coordination des différentes tâches. Des relevés de pêches pouvant porter sur un nombre de familles plus important ont également été enregistrés afin de valider les espèces les plus fréquemment pêchées et donc consommées selon les sites et périodes considérés. Ils portent sur environ 250 kg de poissons éviscérés.

Afin d'estimer la consommation journalière de poissons et/ou viande par une personne appartenant à une certaine catégorie de sexe et d'âge, nous avons procédé à des relevés individuels de consommation sur un sous-échantillon de personnes : quelques unes en mars dans divers villages et sur l'ensemble du village de Twenké en novembre, correspondant à 227 jours x personnes. Pendant les deux premiers jours nous avons testé le dispositif en situation réelle avant le début de l'enquête.

 Parallèlement à l'enquête sur les consommations, des prélèvements de poissons et de quelques gibiers ont été réalisés en étroite collaboration avec l'équipe "Ecotoxicologie" du programme "Mercure en Guyane" initié par le CNRS (Université Bordeaux 1/CNRS, ORSTOM), sur les trois sites et aux deux périodes d'étude. Elles ont permis d'établir une table de composition comprenant les concentrations en mercure total des différentes espèces de poissons considérées et donc d'estimer l'apport alimentaire en mercure. Une table de diagnose des poissons selon la dénomination latine et wayana a été établie, ainsi qu'une table de correspondance taille/poids entier, éviscéré, chair.

Des relevés anthropométriques ont également été effectués auprès de 264 personnes des différents villages dans le but d'apporter des éléments d'information supplémentaires concernant l'aspect nutritionnel de cette population.

 Des prélèvements de cheveux ont été obtenus auprès de 235 personnes des divers villages afin de confirmer ou non les concentrations de mercure observées dans l'étude menée en 1994 et d'étudier la variation géographique de l'exposition au mercure. Sur un sous échantillon de 87 sujets répartis sur les 3 sites, nous avons réalisé plusieurs types d'analyse sur le cheveux: 1) une étude de variation saisonnière en prélevant les cheveux de ces personnes en mars et novembre 2) une spéciation, c'est à dire l'analyse de mercure inorganique et organique afin de caractériser la part de mercure alimentaire et environnemental, et 3) une étude de la contamination exogène en étudiant les concentrations de mercure le long du cheveu (de 0 à 2 cm, de 2 à 4 cm et de 4 à 6 cm).

La mise en œuvre de cette étude, coordonnée par le RNSP a été réalisée auprès des familles par deux épidémiologistes du RNSP, une nutritionniste de l'INSERM U290, en collaboration avec le laboratoire d'écotoxicologie de l'université Bordeaux I/CNRS, l'ORSTOM de Cayenne, la DDASS de Cayenne et le Conseil général de Guyane.


2. Population (cf. carte)

La rencontre avec les communautés Wayana se fait essentiellement dans le Haut-Maroni, avec des villages situés sur les rives françaises et surinamiennes, accessibles uniquement en pirogue ou hélicoptère. Cette localisation sur les deux rives d'un fleuve frontalier n'empêche pas les échanges culturels et économiques en raison des relations de parenté et de commerce. Leur vie s'organise avec les travaux agricoles (abattis), la chasse, la pêche et la cueillette qui fournissent la totalité des besoins alimentaires, mais également en activités artisanales telles que la poterie, la vannerie, le filage du coton, ainsi que d'autres activités plus ludiques telles que le football et les fêtes traditionnelles où se mêlent danses, chants et cachiri, boisson locale à base de manioc. Si la langue wayana est parlée par tous, il n'en va pas de même du français qui est parlé surtout par les plus jeunes. L'enseignement des classes primaires a été mis en place dans des écoles localisées au sein des villages depuis ces 20 dernières années. Les villages sont dépourvus d'électricité, bien que des groupes électrogènes soient utilisés de façon ponctuelle. Le village d’Antécume-Pata est pourvu d’une petite centrale hydroélectrique, malheureusement souvent en panne. Par ailleurs lors de notre passage, seuls Twenké et Antécume-Pata étaient munis de kit de chloration de l'eau destinée à l'alimentation ; ce dispositif est en train de s'étendre aux autres villages. Des liaisons radio sont effectuées avec Maripasoula au sein de chaque village, et tout récemment pour Cayodé.

 La population d'étude est donc la population amérindienne wayana du Haut-Maroni de Guyane française. Les données du recensement de mars 1996 de l'ensemble de cette population, que nous avons actualisé lors de notre passage, indiquent un effectif d'environ 750 personnes. Les trois sites retenus dans le cadre de cette enquête sont les 4 villages amérindiens de taille les plus importantes situés en amont de Maripasoula et accessibles en pirogue, qui représentent un effectif d'environ 520 personnes :

  • Cayodé, le plus en aval et situé sur le Tampoc, un affluent du Maroni où s'exercent actuellement des activités d'orpaillage ;

  • Twenké et Taluhen, deux villages situés l'un en face de l'autre, dans la partie centrale du haut Maroni ;

  • Antécume-Pata, situé en amont du haut Maroni.

Twenké, Taluhen et Antécume-Pata correspondent aux trois villages inclus dans la population d'étude de l'enquête menée en 1994 par le RNSP. Ces villages sont situés au dessus de la zone réglementée reliant Camopi à Maripasoula, c'est à dire que tout déplacement nécessite une autorisation préfectorale.

 L'inclusion des foyers familiaux qui constituent la base de l'échantillonnage s'est faite sur la base du volontariat et sur des critères de faisabilité. Les principales difficultés logistiques étaient en effet une absence fréquente des habitants, la dispersion des familles au sein du village et des problèmes de compréhension linguistique. Ainsi, l'ensemble des 10 foyers de Twenké ont participé au mois de mars et de novembre, et en mars 5 familles à Cayodé, 3 familles à Taluhen et 5 familles à Antécume-Pata. En raison des difficultés précitées, la durée d'observation a été différente selon les familles (1 à 14 jours).


3. Méthode

La mesure de la consommation alimentaire a été effectuée au sein de chaque famille par la pesée directe des ingrédients des repas et de leur répartition entre consommateurs, qui est une méthode assez précise. Par ailleurs, d'autres méthodes d'estimation plus grossière (le plus souvent) n'étaient pas réalisables dans le contexte : c'est le cas de la méthode du rappel des 24 heures avec la difficulté du souvenir ou de traduire en quantité la consommation de la journée, ou de la méthode globale à l'échelle de tout le village, qui consiste à mesurer toute nourriture entrant dans le village (chasse, pêche) et qui aurait nécessité un nombre d'enquêteurs plus important, car la localisation des villages sur des îles permet de multiples arrivées. De même, l'utilisation de "portion double" en raison d'apports alimentaires non excédentaires était inenvisageable.

 Cette étude nutritionnelle a été associée parallèlement à des dosages alimentaires de mercure et comprend donc: 

- des relevés anthropométriques de la population ;
- des relevés de consommation alimentaires familiaux ;
- des relevés de consommation alimentaires individuels ;
- des relevés de pêche et de chasse ;
- des prélèvements de poissons et de gibiers en vue de dosage du mercure ;
- des prélèvements de cheveux.


3.1. Logistique
Une mission réalisée au mois d'août 1996 avait permis d'informer les responsables des populations de Cayodé, Twenké, Taluhen et d'Antécume sur la mise en place d'études sur la problématique du mercure et d'étudier sa faisabilité au sein de la population. Lors de la mise en place de l'enquête nutritionnelle, nous avons organisé des réunions d'information auprès des habitants avec traduction simultanée en wayana ainsi que dans les écoles avec le concours des instituteurs. L'information sur le problème du mercure a été reçue avec intérêt par les habitants et a contribué à favoriser une meilleure adhésion au projet.

3.2. Relevés anthropométriques
Le poids, la taille et l'âge ont été relevés auprès de 264 personnes résidant dans les villages de Cayodé, Twenké, Taluhen et Antécume-Pata. Ces relevés portent sur un échantillon de personnes plus important que celui sur lequel porte l'enquête alimentaire proprement dite. Ces mesures ont pour but d'apporter des éléments d'information supplémentaires concernant l'aspect nutritionnel de cette population. Elles ont été réalisées au moyen de toises portatives (adultes et enfants), de pèse-personne et pèse-bébés mécaniques fournis par la DASS Guyane, par les enquêtrices du RNSP et les agents de santé. Ces mesures ont été renouvelées en novembre auprès des enfants par une même enquêtrice. L'âge des enfants a été obtenu de façon précise par les instituteurs et les carnets de santé.

3.3. Les relevés de consommation alimentaire

Relevé de consommation alimentaire familial
Il permettait de relever chaque jour d'une part les poissons (nom, nombre, taille, poids) et gibiers consommés par la famille, d'autre part l'âge et le sexe des convives participant aux différents repas de la journée. Les déchets et les restes étaient également pesés. Dans le cas le plus favorable, un questionnaire, remis et relevé chaque jour par l'enquêtrice, était rempli par une personne désignée au sein de la famille. Dans le cas où le questionnaire ne pouvait être rempli par une personne de la famille (ex: Cayodé, Antécume), l'enquêteur prenait en charge le remplissage, ce qui a eu pour conséquence de travailler sur un nombre restreint de foyers.

Relevé de consommation alimentaire individuel
Les données de consommation alimentaire décrites dans la littérature concernent en général la "consommation per capita" : la ration totale divisée par le nombre de consommateurs. Cette donnée est assez limitée puisqu'elle ne tient pas compte de la structure démographique de la population dont dépendent les besoins alimentaires.
Afin d'estimer la part de poisson ou de viande consommée par une personne appartenant à une certaine catégorie de sexe et d'âge, nous avons procédé à des relevés alimentaires individuels. Ceci a été réalisé au sein de familles de divers villages quelques jours au mois de mars et sur l'ensemble des familles de Twenké au mois de novembre, soit 227 questionnaires individuels. Les relevés de consommation individuelle ont été effectués soit par pesées alimentaires directes lors des repas, soit à l'aide de portions modèles (préalablement établies par la nutritionniste) validées par la consommation familiale totale.

Questionnaire sur les interdits et pratiques alimentaires individuelles
Pour le traitement des données individuelles à partir des fiches familiales, il importait de tenir compte du fait que la consommation de certains poissons et gibiers font parfois l'objet d'interdits socioculturels pendant certaines périodes. Ils s'agit essentiellement des femmes qui allaitent, de personnes ayant passé récemment le "Maraké", rite initiatique wayana, ou de rejets plus ou moins permanents de certains poissons (raie, anguille). Les personnes enquêtées ont donc aussi été interrogées sur ces interdits ainsi que sur les poissons et gibiers qu'elles ne consomment pas.

3.4. Pesée des poissons et gibiers et diagnose des poissons

Au retour de pêche les espèces étaient identifiées en wayana. Puis, des pesées étaient réalisées à l'aide de balances alimentaires (jusqu'à 3 et 5kg), pour les petits poids, parfois avec un pèse personne pour les poids élevés, et des mesures de taille étaient effectuées afin d'établir la correspondance avec le poids et de vérifier au maximum la cohérence des résultats. En effet, les familles remplissant elles-mêmes le questionnaire (sous la surveillance des enquêtrices) disposaient d'un mètre ruban pour indiquer la taille de chaque poisson entrant dans la marmite ; plusieurs d'entre elles réalisaient aussi les pesées de poissons éviscérés. Dans les autres familles ayant des difficultés, les enquêtrices se chargeaient de ces tâches. Les déchets étaient pesés en fin de journée au sein de chaque foyer. Certains gibiers ont également été pesés.

Un très important travail de diagnose des différentes espèces de poisson selon leur dénomination wayana et la nomenclature latine correspondante a été réalisé par le RNSP, le LEESA et l'équipe ORSTOM, en collaboration avec la population wayana pour caractériser les espèces pêchées et consommées. Enfin, il s'est avéré indispensable d'établir pour chaque espèce une table de correspondance poids-taille, pourcentage de viscères puis de déchets (arêtes, carcasse).

3.5. Enquête des contaminants alimentaires

Parallèlement à l'enquête par questionnaire, des prélèvements de poissons et de quelques gibiers ont été réalisées en étroite collaboration avec l'équipe "Ecotoxicologie" du programme "Mercure en Guyane" (Université Bordeaux 1/CNRS, ORSTOM).

L'apport en mercure est estimé grâce à une table de composition qui comprend les teneurs en mercure des différentes espèces de poisson de l'étude.

Echantillonnage, conservation
Les échantillons de poissons concernent environ cinquante espèces, avec en général des répétitions pour une espèce donnée (individus de taille différente) et sur les trois sites, au cours des deux périodes d'étude. Ces échantillons ont été prélevés par différentes techniques, avec le concours des amérindiens qui ont amené l'équipe d'écotoxicologues et d'hydrobiologistes sur leurs lieux de pêche : pêche aux filets, à la ligne, au harpon, à la nivrée, …. D'autres échantillons de poissons ont été collectés lors des retours de pêche des amérindiens.
Ils sont constitués pour l'essentiel d'échantillons de muscle "frais" de poissons ou de gibiers prélevés au retour de chasse, mais parfois aussi de foie, de sang et d'autres organes (estomac, intestin, reins, cerveau, gonades), à des fins d'études écotoxicologiques plus complètes. Les poissons de grande taille ont été disséqués sur le terrain, après les mesures biométriques (poids et longueur) – les petits ont été prélevés entiers. La logistique de conservation au froid était assez lourde dans ces régions isolées sans approvisionnement électrique continu. Les échantillons ont été stockés dans des sacs plastiques étanches à –20°C grâce à un congélateur alimenté par un groupe électrogène. La chaîne du froid pour l'acheminement vers la France à partir de Cayenne a été assurée par l'utilisation de carboglace (-170°C), le stockage final au laboratoire se faisant à –20°C.

3.6. Prélèvements de cheveux et de lait maternel

Le cheveu est un excellent indicateur des niveaux sanguins en particulier de l'exposition au mercure organique, essentiellement d'origine alimentaire. Chez l'homme, la distribution du méthylmercure entre le sang et les cheveux s'effectue dans un rapport 1:250. De plus, il permet d'intégrer les niveaux sanguins au cours des mois, voire des années, précédant le recueil de l'échantillon, sachant que la croissance du cheveu est d'environ 1 cm par mois.

Le prélèvement de cheveux a été réalisé dans la région occipitale où la pousse est constante. Il s'est effectué à l'aide de ciseaux à la racine des cheveux en ne conservant au maximum que 6 cm de long (en raison des contaminations exogènes), le poids de l'échantillon final devant s'élever au minimum à 30 mg. Puis ils ont été conditionnés dans des enveloppes numérotées selon un codage permettant ensuite de retrouver l'individu. Certaines mèches ont été prélevées pour étudier la contamination exogène.

 Le prélèvement de lait maternel a été réalisé à titre exploratoire auprès de 3 femmes à l'aide d'un tire-lait ou de façon manuelle. L'échantillon a été conditionné dans un tube en verre de 7 ml dans lequel était introduit un conservateur (5 gouttes de dichromate de potassium), puis congelé.

3.7. Analyses chimiques effectuées

Elles concernent le dosage du mercure total dans les poissons, les échantillons de gibiers, les cheveux et le lait maternel.

Les dosages de mercure total des échantillons de poissons, de gibiers et de lait maternel ont été réalisés au laboratoire d'Ecotoxicologie de l'Université Bordeaux 1/CNRS et concernent 289 échantillons. Quelques échantillons ont été sélectionnés dans le but d'effectuer une intercalibration entre le LEESA-CNRS et le CNEVA (Paris). Il y a un léger décalage entre les valeurs des deux laboratoires (10% environ), lié à la détermination différente des poids des échantillons (2 congélations pour le CNEVA ; mesures des poids effectuées à deux étapes différentes). Néanmoins, comme l'indique la Figure jointe en annexe (Annexe 1) les résultats de l'intercalibration LEESA/CNEVA se sont avérés très satisfaisants (R2=0,97).

Les échantillons de muscle squelettique ont été prélevés au niveau dorsal du poisson, de part et d'autre de la nageoire dorsale. Des études préliminaires réalisées sur plusieurs poissons entiers ont montré la bonne homogénéité de la distribution du métal dans l'ensemble du tissu musculaire des poissons.

Le dosage du mercure total a été effectué après digestion acide des échantillons biologiques (poids moyen : 0,5 g de poids frais) dans de l'acide nitrique concentré (Riedel-de-Haën, 65%), en milieu pressurisé et à 100°C pendant 3h. La détermination des teneurs du métal dans les digestats a été réalisée par spectrophotométrie d'absorption atomique sans flamme (spectromètre Varian/CETAC M6000). La limite de détection en conditions normales d'utilisation est de 0.1 ng de mercure (10-9g) par gramme d'échantillon. Pour chaque série de dosages (40 échantillons en moyenne) ont été analysés 4 échantillons certifiés (Dorm 2 – muscle de requin – et Tort 2 – hépatopancréas de homard – NRC/CRNC, Ottawa, Canada). Les concentrations de mercure sont exprimées en poids frais (mesure des poids après décongélation des échantillons) et en poids sec (déshydratation des échantillons à 60°C pendant 3 jours).

Le dosage du mercure total dans les cheveux, a eu lieu dans le même Laboratoire qui avait réalisé les dosages de notre précédente étude guyanaise en 1994, c'est à dire le Centre de Toxicologie du Québec, qui est également le laboratoire de référence pour ce type de dosage. L'analyse est réalisée par spectrophotométrie d'absorption atomique après minéralisation minéralisation des échantillons à l'acide nitrique.

Sur un sous-échantillon de 27 sujets, nous avons réalisé sur le cheveu une analyse de spéciation, c'est à dire les dosages du mercure inorganique et organique, en étudiant les concentrations du métal le long du cheveu (de 0 à 2 cm, de 2 à 4 cm et de 4 à 6 cm).

Le dosage de mercure organique est obtenu par différence entre le dosage de mercure total et celui du mercure inorganique.

Une étude des variations saisonnières a été réalisée sur 87 sujets.

3.8. Méthode statistique

Elle comprend les outils statistiques classiques : statistiques descriptives et analytiques. La saisie et l'analyse des données ont été effectuées à l'aide des logiciels Epi-Info (dont Epinut), Excel et SAS.

a) Description des populations

Dans un premier temps, sont exposés des résultats sociodémographiques de ces populations (pyramides des âges), et des résultats nutritionnels (Taille/Age, Poids/Age, Poids/Taille, corpulence).

Chez les enfants, les index de la taille, du poids et du rapport poids/taille à un âge donné sont exprimés en z-scores (écart réduit), ce qui permet de traduire les observations par rapport à un standard (National Center for Health Statisctics/OMS). Ainsi l'index poids/âge en z-score représente la différence entre le poids observé et le poids médian de la population de référence exprimée par unité d'écart-type (standard déviation) :

 (Poidsobservé – Poidsréférence)/ écart-typeréférence

 Ensuite, un seuil situe les indicateurs faibles ; par exemple, pour l'indicateur poids/taille, ce seuil choisi est de deux fois l'écart-type ou plus au dessous de la valeur médiane du rapport poids/taille de la population de référence.

Par ailleurs, la corpulence (indice de Quételet = Poids/(Taille2)) des adultes est présentée par rapport à une référence française pour laquelle figurent la médiane et les 25ème et 75ème percentiles (Rolland-Cachera 1991).

b) Exposition par le mercure
Dans un deuxième temps, les concentrations de mercure sont décrites dans les cheveux, dans le lait maternel, les poissons et les gibiers.
La densité de fréquence correspondant à la fréquence relative rapportée à la largeur de la classe est représentée afin de tenir compte de classes d’importance inégale. Les variations de concentrations en fonction de différents facteurs tels que les facteurs sociodémographiques (âge, sexe), la corpulence, la saison ont été analysées. La répartition géographique de l'exposition de ces populations au mercure a été également explorée. Les distributions selon l'âge, le sexe et la zone de résidence sont représentées par des box-plots où figurent la médiane encadrée des 25ème et 75ème percentiles ; les limites de part et d'autre correspondent à la valeur immédiatement inférieure à 1,5 fois l'interquartile (écart entre les 25ème et 75ème percentiles) ; les valeurs situées en dehors de ces deux bornes sont représentées. Le box plot permet de visualiser l’étalement, la symétrie de la distribution et permet de procéder à une rapide comparaison de différents groupes.

c) Calcul de l'apport en mercure
Il a été calculé à l'aide des relevés alimentaires individuels et familiaux et de la table de correspondance "espèce-teneur en mercure", dénommée table de composition.
Dans le cas des relevés alimentaires individuels, la quantité de mercure ingérée pour une personne pour chaque jour d'enquête a été calculée directement en fonction de la quantité de chair de poisson consommée quotidiennement (identifiée par espèce) et la table de composition.
Dans le cas des relevés alimentaires familiaux, plusieurs étapes ont été nécessaires.
A partir de la quantité de chair de poisson (identifiée par espèce) ingérée par la famille le jour j, la quantité de mercure ingérée par la famille le jour j (Hgj) a été calculée avec la table de composition.
A partir des 227 relevés individuels de consommation, il a été possible de calculer une consommation moyenne quotidienne de poisson et/ou viande par sexe et classe d'âge, appelée portion-type (cf. résultats tableau 7).
Pour une personne appartenant à une catégorie particulière (selon son sexe et son âge), sa quantité de mercure ingérée le jour j correspond au rapport de sa portion type par la somme des portions-types des autres convives de la journée, multiplié par la quantité de mercure ingérée par l'ensemble de la famille.

QHg= (P-type indiv./ S P-type de tous les convives)xHgj

1/ Donc pour chaque consommation individuelle quotidienne, la quantité de mercure ingérée par jour est calculée (µg de Hg/j), puis la moyenne de mercure consommé est présentée par tranche d'âge (ex : moyenne de x µg/ de Hg pour les hommes de 15 à 25 ans).

2/ De même, il a été calculé pour chaque consommation quotidienne la quantité de mercure consommée par kg de poids corporel (µg de Hg/kg x jour), puis la moyenne est présentée par tranche d'âge. Ce calcul est effectué à partir du poids de chaque individu, ce qui donne un résultat plus exact que la moyenne de poids dans cette tranche d'âge.

3/ La corrélation entre le mercure des cheveux et le mercure consommé a été étudiée, en calculant la moyenne de consommation de mercure sur la période d'étude chez les individus ayant eu un prélèvement de cheveux et ayant un nombre de jours d'enquête suffisant (au minimum 3-4). La concentration capillaire de mars a été corrélée à la consommation moyenne de mars quand seule celle-ci était disponible. Dans la mesure du possible, la moyenne des concentrations dans les cheveux de mars et novembre a été retenue pour les sujets dont la consommation moyenne a été obtenue sur l’ensemble de la période.

 

 

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Mise en ligne le 1 septembre 1999
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