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Evaluation des programmes de dépistage des cancers

Evaluation du programme de dépistage du cancer du sein

Programme national de dépistage organisé du cancer du sein



Contexte
Programme national de dépistage organisé du cancer du sein
Principaux résultats de l’évaluation du programme de dépistage organisé du cancer du sein



Contexte

Le cancer du sein est la localisation cancéreuse la plus fréquente et la première cause de mortalité par cancer chez la femme dans le monde avec 410 000 décès estimés en 2002. Les taux d’incidence les plus élevés sont enregistrés dans les pays à haut niveau de vie (Source : http://www-dep.iarc.fr/). Avec un taux d’incidence standardisé (monde) de 101.5 pour 100 000 en 2005, la France se situe parmi les pays d’Europe de l’Ouest à plus forte incidence pour le cancer du sein.

Avec près de 50 000 nouveaux cas de cancers invasifs du sein estimés pour l’année 2005, il représente 36,7 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancers chez les femmes et est au premier rang de l’ensemble des cancers chez les femmes en France. Son incidence ne cesse d’augmenter depuis 20 ans mais toutefois une baisse des inscriptions en affection de longue durée pour cancer du sein de patientes du régime général d’assurance-maladie a été notée en 2005 et 2006 par rapport à 2004. Ces estimations sont complétées par des projections qui sont publiées chaque année pour l’année en cours.

Le cancer du sein reste la principale cause de mortalité par cancer chez les femmes, responsable de près de 11 000 décès annuels soit un taux de mortalité standardisé (monde) estimé de 17,7 pour 100 000 en 2005. La mortalité, qui était restée stable depuis 1980, amorce une décroissance depuis 2000 (-1,3% par an sur la période 2000-2005).

Les évolutions inverses de la mortalité et de l’incidence du cancer du sein peuvent s’expliquer en partie par l’amélioration des thérapeutiques et le diagnostic plus précoce lié au développement du dépistage en France, sans que leur part respective puisse être précisée.

Le taux de survie relative - survie que l’on observerait pour une pathologie donnée au sein d’une population si seule cette cause de décès était présente. En d’autres termes, la survie relative prend en compte la mortalité due aux autres causes - du cancer du sein en France - est un des meilleurs d’Europe. Sur la période 1995-1997, la survie relative à 5 ans du cancer du sein est de 86 %. Elle enregistre cependant des variations selon l’âge. De 83 % chez les femmes les plus jeunes (15-44 ans), elle passe à 88 % en période péri-ménopausique (45-54 ans) mais diminue chez les femmes les plus âgées : 85 % entre 55 et 64 ans, 83% entre 65 et 74 ans et 78 % après 75 ans (Source : Réseau Francim. Survie des patients atteints de cancer en France. Étude des registres de cancers du réseau Francim. 2007, Springer-Verlag France, Paris).

La grande majorité des sociétés savantes et des autorités de santé publique considère actuellement que la balance bénéfices-risques est en faveur du dépistage du cancer du sein.

Les recommandations d’un dépistage systématique par mammographie des femmes de 50 à 69 ans, voire au-delà, s’appuient sur l’avis de nombreux groupes d’experts internationaux qui ont pour une très grande majorité conclu, au vu des essais conduits, qu’il permet de réduire la mortalité par cancer du sein (cet indicateur était considéré comme pertinent pour juger du bénéfice associé à ce dépistage).

Le dépistage consiste à identifier à l’aide de tests (mammographie et examen clinique complétés éventuellement par une échographie et/ou une cytoponction), les personnes « positives » qui seront soumises, dans un second temps, à des examens complémentaires plus spécifiques en vue d’établir un diagnostic (biopsie transcutanée ou chirurgicale).

Le contexte français se distingue par la coexistence du programme de dépistage organisé et du dépistage individuel, c'est-à-dire réalisé à l’initiative de la femme et de son médecin (généraliste, gynécologue ou radiologue).

Si un même radiologue peut aussi bien réaliser des mammographies de dépistage individuel que des mammographies dans le cadre du programme, le dépistage individuel ne fait pas l’objet d’un recueil spécifique, et n’est pas évalué. Aussi, le nombre de femmes concernées, le rythme et la qualité des examens effectués ne sont pas connus.

Quelques sources d’information apportent cependant des éléments de réponse. En 2005, 65 % des femmes de 50 à 74 ans interrogées par l’enquête Baromètre Santé déclaraient avoir réalisé une mammographie au cours des deux dernières années (Source : Guilbert P, et Gautier A. Baromètre Santé 2005 : premiers résultats. Editions Inpes 2006) . Ces données déclaratives doivent être considérées avec prudence mais permettent cependant d’avoir un ordre de grandeur du taux de couverture par mammographie à deux ans. Les résultats de cette enquête illustrent de plus un double constat, retrouvé dans toutes les sources de données existantes concernant la pratique de la mammographie : une part importante des femmes de 50 à 74 ans est dépistée à titre individuel, et une part importante des femmes de 40 à 49 ans l’est également (47 % d’après le Baromètre Santé) malgré l’absence de recommandations d’un dépistage systématique à cet âge-là.

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Programme national de dépistage organisé du cancer du sein

A la suite d’une expérience de dépistage dans dix départements pilotes menée entre 1989 et 1991 par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés, la Direction générale de la santé (DGS) a établi en 1994 un programme national de dépistage organisé du cancer du sein. Ce programme a été généralisé à tout le territoire au début de l’année 2004.

Une circulaire de la DGS de juillet 2000 relative au dépistage du cancer du sein a acté les modalités préconisées par les recommandations de l’évaluation technologique de 1999 effectuée par l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes) (intervalle de deux ans entre deux mammographies, deux incidences par sein, la poursuite du dépistage pour les femmes de 70 à 74 ans, la formation des radiologues).

En savoir plus : Site Internet de la Haute autorité de santé : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/mamo.pdf

Le nouveau cahier des charges a été publié en octobre 2001.

En savoir plus : Cahier des charges relatif à l’organisation du dépistage des cancers, aux structures de gestion, aux radiologues, annexes à la convention-type entre les organismes d’assurance maladie et les professionnels de santé. Bulletin officiel 2001-43 - format pdf et sa mise à jour en décembre 2006.

Depuis 2008, un arrêté du ministère chargé de la Santé permet la réalisation de mammographies numériques dans le cadre du programme.

En savoir plus : Arrêté du 24 janvier 2008 portant introduction de la mammographie numérique dans le programme de dépistage organisé du cancer du sein

Les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à bénéficier tous les deux ans d’une mammographie de dépistage. Celle-ci comprend un examen clinique réalisé par le médecin radiologue et deux clichés par sein (de face et oblique externe), plus un cliché complémentaire si nécessaire, ainsi qu’une 2 e lecture systématique en cas d’examen normal. Le tout est pris en charge dans le cadre du tiers payant (sans avance de frais). Le programme garantit un égal accès au dépistage sur l’ensemble du territoire et fait bénéficier chaque femme de la même garantie de qualité et de prise en charge.

Le programme français fait appel aux structures médicales existantes : les mammographies sont effectuées dans les cabinets de radiologie publics et privés. La personne qui accepte le dépistage organisé choisit son radiologue dans la liste des radiologues participant au programme. Les radiologues s'engagent à se former, à effectuer un contrôle de qualité de la chaîne de lecture des mammographies de leur cabinet et à transmettre les fiches d’interprétation des mammographies à la structure de gestion, ainsi que les clichés des mammographies qu’ils jugent normaux pour deuxième lecture. Le contrôle des matériels radiologiques est placé sous l’autorité de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), il est obligatoire, pour tous les appareils, analogiques ou numériques, sur tout le territoire, que le radiologue participe ou non au programme.

Les structures de gestion coordonnent le programme au niveau local et transmettent les données nécessaires à l’évaluation à l’Institut de veille sanitaire.

Les données recueillies comportent :
- l’âge ;
- la date d’une éventuelle mammographie antérieure des femmes participant pour la première fois au programme de dépistage de la mammographie ;
- le résultat de la première lecture et le cas échéant de la deuxième lecture ;
- le résultat des examens complémentaires ;
- les détails anatomo-cytopathologiques des cancers détectés.



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Principaux résultats de l’évaluation du programme de dépistage organisé du cancer du sein

Indicateurs d’activité  de dépistage

En 2010, plus de 2 360 000 femmes ont participé au dépistage dans le cadre du programme soit 52,0% de la population cible des femmes de 50 à 74 ans.

Le taux de participation sur la période 2009-2010 atteignait 52,1 %. Après une progression importante de ce taux dans les premières années (42,5 % en 2004-2005, 46,9 % en 2005-2006, 49,9 % en 2006-2007, 50,9 % en 2007-2008), un palier semble avoir été atteint avec 52,0 % de participation en 2008-2009

La participation par âge est observée au niveau national sur les périodes 2005-2006 à 2009-2010. Quelque soit la période, on observe la participation la plus élevée pour les femmes de 60 à 64 ans et une diminution régulière après 65 ans alors que l’incidence de ce cancer reste très élevée entre 65 et 74 ans.

La participation des femmes à ce programme de dépistage reste encore insuffisante, un taux de 70 % étant estimé nécessaire pour pouvoir, par une prise en charge précoce, réduire la mortalité par cancer du sein.

Indicateurs de qualité du programme

En 2007, les radiologues premiers lecteurs ont jugé anormales 8 % des mammographies et 40 % d’entre elles ont toujours été jugées anormales après bilan, ce qui correspond à 3,4 % des femmes dépistées. Ce bilan immédiat a donc permis d’innocenter 60 % des images suspectes. Les radiologues 2e lecteurs ont relu 96 % de toutes les mammographies et ont rappelé 1,4 % de l’ensemble des femmes pour anomalie.

Lésions détectées

Pour l'année 2007, le dépistage organisé du cancer du sein a permis la découverte de 14 500 cancers du sein, soit un taux de 6,7 cancers pour 1 000 femmes dépistées. La deuxième lecture a permis de dépister 9 % de ces cancers.

Les cancers invasifs dépistés par le programme représentent environ 35 % des nouveaux cas de cancers invasifs chez des femmes françaises de 50 à 74 ans estimés par le réseau Francim pour l’année 2005.

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 13 octobre 2006
Mise à jour le 12 avril 2011
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