Vaccination des nourrissons, adolescents et jeunes adultes à La Réunion. Bilan de la couverture vaccinale en 2025.

Points clés

Chez les nourrissons

  • L’obligation vaccinale contre les méningocoques ACWY mise en place depuis le 1er janvier 2025 chez les nourrissons suite à l’augmentation des cas d’infections invasives à méningocoques de types W et Y, a permis d’atteindre une couverture vaccinale élevée avec près de 79,6 % des nourrissons nés en 2025 ayant reçu la première dose de vaccin contre les méningocoques ACWY. Chez les enfants nés en 2024, avant le remplacement de la vaccination contre le méningocoque C par la vaccination ACWY, 64,1 % avaient reçu au moins une dose de vaccin méningococcique tétravalent ACWY à l’âge de 21 mois. Cette couverture vaccinale est inférieure à celle estimée en 2024 contre le méningocoque C. Rappelons qu’une vaccination commencée avec un vaccin monovalent C avant le 1er janvier 2025 chez les nourrissons doit être poursuivie avec un vaccin tétravalent ACWY.
  • En 2025, année de la mise en oeuvre de l’obligation vaccinale contre les méningocoques B chez les nourrissons jusqu’à l’âge de 2 ans, la couverture vaccinale contre ces infections a nettement progressé avec 51,9 % des nourrissons nés en 2024 (âgés de 21 mois) à jour de leur vaccination (contre 42,4% en 2024) soit un gain de + 9,5 points.
  • Les couvertures vaccinales pour les autres vaccinations obligatoires du nourrisson sont globalement élevées avec des niveaux supérieurs/proches à/de l’objectif cible de 95 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Néanmoins, dans le contexte de la reprise à faible niveau de la circulation de la rougeole en France depuis 2024, la couverture vaccinale est insuffisante à La Réunion avec 80,1% des personnes disposant d’un schéma vaccinal complet. La couverture vaccinale des deux doses contre la rougeole, les oreillons et la rubéole doit dépasser cet objectif de 95% pour interrompre la circulation du virus qui peut conduire à des décès chez des personnes vulnérables. La vérification et la mise à jour de cette vaccination sont primordiales, chez les enfants et les adultes jeunes.

Chez les adolescents et jeunes adultes

  • Face à la gravité potentielle et de la fréquence accrue des infections invasives à méningocoques à l’adolescence, la vaccination contre les méningocoques ACWY est recommandée chez les adolescents, avec un rattrapage chez les jeunes adultes. En 2025, seuls 6,9 % des 11-14 ans (17,5% en France hexagonale) et 2,7 % des 15-24 ans (8,0 % en France hexagonale) avaient reçu une dose de ce vaccin. La vaccination contre les méningocoques ACWY doit s’intensifier dans ces tranches d’âge. L’intégration de cette vaccination dans les campagnes menées au collège à partir de 2026 permettra de renforcer la protection des jeunes face à ces infections. Les efforts pour améliorer la couverture vaccinale doivent se poursuivre afin d’atteindre une immunité de groupe et réduire la circulation des méningocoques dans les autres classes d’âge.
  • La couverture vaccinale contre les infections à papillomavirus (HPV) continue de progresser avec respectivement 24,7 % des filles (51,6 % en France hexagonale) et 9,4 % des garçons de 16 ans (32,9 % en France hexagonale) vaccinés avec un schéma complet. L’écart de couverture vaccinale entre les filles et les garçons continue de se réduire. Cette progression à La Réunion est encourageante avec gain de 4 points pour les filles et de 3 points pour les garçons par rapport à 2024, mais la couverture vaccinale reste encore insuffisante pour réduire l’incidence des cancers liés à ces infections. L’objectif national fixé par la stratégie décennale de lutte contre les cancers est de 80 % chez les filles et les garçons d’ici 2030. Les efforts doivent aussi se poursuivre pour accélérer la progression de la vaccination contre les HPV afin d’atteindre cet objectif en s’appuyant sur les campagnes de vaccination au collège et en renforçant les messages sur l’importance de la vaccination des garçons.
    Vacciner les garçons est aussi essentiel que vacciner les filles : cela participe à une protection équitable et durable.

Adhésion vaccinale

Selon le Baromètre Santé publique France 2024, l’adhésion à la vaccination se maintient à un niveau plus bas que celui constaté pour la France entière (83,5%) avec 79,6 % des 18-25 ans se déclarant favorables à la vaccination en général.

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